« C’est arrivé près de chez vous… »
1 juin 2021

©Chanel Koehl

Chanel Koehl, baroudeur et photographe

Peut-être avez vous aperçu la silhouette de baroudeur de ce personnage bardé de son matériel photographique Sony dernier cri, juché sur un mini vélo pliable, arpentant les rues et ruelles de la ville, s’arrêtant ci et là pour capturer, points de vue, lignes de force et caractères de la cité des Antonins.

Ce promeneur solitaire que je croisais de façon fortuite dans les ruelles du quartier Richelieu, j’aurais pu l’ignorer et passer à côté d’une rencontre riche et instructive. À quoi ça tient…

Chanel Koehl est un photographe nationalement et même mondialement reconnu.                                                              

C’est à partir de Chinon, où il habite, qu’il parcoure la France, l’Europe, le monde, objectifs au poing. Cette allure de baroudeur, il la tient certainement de ses 7 ans passées à la Légion étrangère a opérer sur le théâtre des conflits d’Afrique, de Djibouti à la Guyane… issu des légionnaires Parachutistes (2 ème Régiment étranger de parachutistes de calvi ) Nîmes, où il est venu quelquefois accomplir des formations, a eu une place particulière dans ce parcours.

Il a fait des études d’histoire de l’art et de graphisme et se considère plus dessinateur et peintre que photographe. Après avoir exercé divers métiers, été entrepreneur d’une PME en plein essor, il plaque tout et se reconvertit à la photographie qu’il pratique maintenant professionnellement depuis 10 ans.                                                  

En quête de liberté et d’une autre façon de vivre, il ne se sentait plus d’avoir à gérer des équipes et de voir peser sur lui les responsabilités liées à l’entreprenariat. Aujourd’hui donc, il est son propre patron.

À l’origine, il n’était pas prédestiné à faire de la photographie de ville.  « J’avais été l’invité d’honneur des «Imaginales d’Épinal» où l’on m’avait demandé de traiter par l’image cette ville d’une matière onirique. Ça a donné un livre de ville assez particulier qui sortait des standards. Ces livres sont généralement historiques ou à caractère touristique. Là, c’était véritablement un livre photographique qui permettait beaucoup de licences artistiques. Et cela a énormément plu. »                                                                                                 

En effet, il a un traitement de l’image très particulier. Des images qui semblent vectorisées, travaillées avec les logiciels Illustrator ou Lightroom. « Je ne m’en rends pas compte car contrairement à ce que les gens pensent, je n’utilise pas le logiciel Lightroom qui n’est même pas installé sur mon ordinateur… et je ne connais rien du tout en infographie! J’ai Photoshop mais je n’utilise que son pré-logiciel Camera Raw et 80 à 90% de mes photos sont réalisées à la prise de vue. Je ne photographie pas tout et n’importe quoi sinon ce serait les studios Pixar! »                                                                    

Sponsorisé par Sony, dont les capteurs, selon lui, sont parmi les meilleurs du marché, c’est directement dans ses appareils Sony Alpha 7.3 et Alpha 7 R4, que les réglages sont faits et que la magie opère.

C’est un opportuniste et l’image vient à lui. Chaque image doit être pensée au préalable. Et on retrouve là le dessinateur qui, avant tout, doit tracer sa composition, son cadre. Naturellement et instinctivement. Des images aux forts contrastes où se disputent ombres et lumières. Des images qui interpellent plus par leur esthétique qu’à un message subliminal, caractérisées par des mises en abîmes, des lignes tendues, une recherche graphique qui dessinent par l’architecture des mondes futuristes, presque irréels.

« Lors de notre rencontre, je regardais ces façades défraîchies de ces petits immeubles, ces maisons basses, de plain-pied, les couleurs et les ombres projetées des bâtiments, les contrastes qu’il y a dans ce quartier Richelieu. J’aime bien les matières et les textures de ces crépis qui tombent… En fait, je cherche à faire ressortir les lignes de force. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le choix de la ville ?                                                                  

Il travaille sur une ville environ 1 à 2 ans. Pour Nîmes, il a déjà fait plusieurs passages depuis 1 an car selon le jour ou la saison, la lumière n’est pas la même. Évidemment.                                                   

« Je travaille avec des éditeurs et sur des commandes. Ce sont des décisions collégiales avec mon éditeur, les Éditions Alan Sutton, en ce moment, et les auteurs présents sur place. Je viens de finir Poitiers, Le Mans et Rennes. Pour Nîmes, je travaille avec l’écrivain Alain Delage (Ndlr : fonctionnaire d’État et passionné d’histoire locale). J’ai carte blanche, d’autant que la collection porte mon nom. »

Il a commencé une collection appelée « Grands voyages » que la crise sanitaire a un peu stoppée. « À court terme je pense qu’on va relancer une collection sur les grandes villes d’Europe. Le Maroc est en cours et on se demande si il y aura 1 ou 2 tomes, tellement le pays est riche en paysages. »

Il a aussi commis des livres culinaires avec de grands chefs (En 2018, « Ode à la Truffe » a reçu le prix du meilleur livre gastronomique au monde à Yantai-Chine), des livres animaliers et s’adonne au portrait, et à des recherches personnelles comme ses séries nommées « Walk » où il laisse libre cours à son imagination…                                       

Je vous invite à en voir plus sur son site : https://www.chanelkoehl.com/

La curiosité n’est pas toujours un vilain défaut et parfois même, l’aventure est au coin de sa rue !

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