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En attendant Pissevin

Le quartier Pissevin à l’ouest de Nîmes, abritant actuellement plus de 12000 âmes a fait l’objet d’une première réhabilitation, dans le cadre de l’ANRU 1 que bientôt succédera le Nouveau Plan de Rénovation Urbaine (NPRU ), porté par Nîmes Métropole et validé par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine le 6 novembre 2019.

C’est d’un arrêté ministériel du 2 mars 1961 qui délimitera la 1ère Zone à Urbaniser en Priorité (ZUP) de la région que naîtra les Zup de Valdegour et de Pissevin. Il était urgent d’accueillir des populations, la masse, sans cesse grandissante, de ceux de l’exode rural, des rapatriés d’Algérie et plus tard les populations immigrées.

Cette zone à urbaniser de 350 ha, confiée à l’architecte Xavier Arsène Henry, sera partagée en 2 zones : Au nord sur le plateau, la Zup Valdegour, au sud dans les vallons, la Zup Pissevin de 118 ha.

Plus de 50 ans après sa construction et à la veille de la réalisation du Nouveau Plan de Rénovation Urbaine, quelles dispositions et préconisations ont été retenues suite au pré-diagnostique social établie en 2014 ?

« Nîmes, Quartiers d’Avenir »

C’est le nom donné à cette opération de renouvellement urbain nîmoise des quartiers. Il s’articule autour de 3 axes permettant «  la réflexion pour valoriser l’attractivité des quartiers, donner les conditions d’une plus belle qualité de vie et une meilleure image : le volet urbain, économique et social, développement durable. »

S’agissant du volet urbain, Olivier Larochette , chargé de co-construction du Projet de Renouvellement Urbain des quartiers Pissevin-Valdegour, nous précise les dernières dispositions techniques du programme.

« On va s’engager sur 5 ans. La convention courre de 2019 à 2025 mais les gros travaux publics s’étaleront au-delà. On est parti pour à peu près 10 ans de travaux sur le quartier. »                                                                           

Mais les travaux en reconstruction ne pourront démarrer avant la fin de l’année 2021. « Il faut encore attendre le retour, avant septembre 2021, du dossier réglementaire prenant en compte les lois sur l’eau et l’environnement, déposé auprès de la DDTM (Direction Départementale des Territoires). Alors nous pourrons déposer les permis de construire et commencer l’opération. »

Néanmoins, ont déjà été entrepris l’installation de la ligne 2 du TCSP Est-Ouest Diagonal en 2020, la démolition, début janvier, à l’angle du avenue Kennedy, du Carrefour Market et sa dalle qui devrait durer 2 mois. À terme, il s’agit d’y reconstruire des bâtiments abritants commerces et habitations. Sur le parvis Kennedy sud, il y aura 1300 m2 de surfaces commerciales et 89 logements seront recréer.

D’autres démolitions suivront. Celles des bâtiments, David, Degas, Delacroix, l’ensemble des Angloros et la dalle Debussy, le Hespérides, en tout près de 665 logements concernés pour créer principalement des réseaux viaires (réseaux de voieries) qui permettront de désenclaver le cœur du quartier et fluidifier un trafic automobile assez dense à certaines heures. « La démolition de deux cages d’escalier sur Delacroix va permettre de recréer une voierie vers la rue Matisse et la désengorger. L’idée est de recréer des réseaux viaires plus clair pour une circulation plus fluide, ouvrir des espaces, créer de nouveaux espaces verts et donner plus de place à la circulation piétonne. » Lien plan-guide horizon 2020-2040 : NPRU

Le Pissevin nouveau, une paix retrouvée ?

« Il y a eut le temps de la création du projet, celui de la co-construction, où l’on récupérait les idées des habitants pour enrichir le plan-guide, maintenant on va passer à la phase opérationnelle », poursuit Olivier Larochette.

On l’aura compris, cette rénovation vise à apporter de sensibles transformations et améliorations du cadre de vie des habitants, « en rééquilibrant les structures d’habitat et favoriser les ilots d’habitation à taille humaine, favorisant la mixité des logements pour influer sur la mixité sociale.»

Si les avis des habitants et leurs préconisations ont été pris en compte dans ce processus de co-construction, s’agissant du cadre de vie que de l’insécurité grandissante dans ce quartier, ses transformations seront elles suffisantes à changer l’image de Pissevin et endiguer l’appropriation de certains territoires par des bandes organisées de malfaiteurs ?

Pour rompre avec le schéma classique, jeunes délaissés, oisifs, sans emplois, ni formations, qui les mènent à « dealer » et maintenant à s’entretuer, créant un climat hautement anxiogène dans le quartier, Kheira Ghezali, Présidente de l’association Agir Ensemble, habitante de Pissevin depuis 23 ans, en appelle à l’initiative et l’implication des habitants dans tous les actes liés à leur environnement social et familial.

« Les élus sont là pour réaliser les travaux, mais c’est aux habitants de s’emparer de leur cadre de vie et familiale… », avec le soutien des autorités. Lien plan-guide horizon 2020-2040 : NPRU

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