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Solitude en Covid majeur

Les ciels sont gris, parfois bleus argentés. L’atmosphère est humide ou sèche. Les vents alimentés par les différents systèmes dépressionnaires qui parcourent la région et les températures proche du négatif, la nuit, n’ont jamais, depuis 1985, atteint de pareils degrés (3, 4°au matin) en ce début d’année. Après avoir déclaré 2020 comme l’année la plus chaude qu’ait connu la planète depuis qu’on lui mesure la température, l’année 2012 s’annonce déjà comme celle la plus froide que, de mémoire de nîmois on ait vécu.

Blues et déprime

Ajoutez à ça, les mesures de lutte contre le virus Covid 19 et ses variants, les mesures de sécurité sanitaire, de distanciation physique, de confinement, de couvre-feu et vous comprendrez que le morale, le psychisme de nos populations ait été fortement grévé par ce climat.

La fermeture des bars, restaurants, lieux de cultures, espaces associatifs, les restrictions limitants les rassemblements dans les espaces publics et privés ont particulièrement réduit les inter-actions sociales et plongé certains dans un isolement, une solitude, parfois une détresse sociale plus grande encore.

Pensons à ces « invisibles », silhouettes sombres, esseulées, qui arpentaient le boulevard Gambetta et ses terrasses de bars, désormais fermées, où ils pouvaient se retrouver devant un café et un verre d’eau, à échanger la journée durant.

Ceux-là, au-delà d’une forte précarité, se trouvent aussi frappés d’indigence sociale. Les lieux où, ils pouvaient se réunir, salles associatives, bars, sont fermés, les évènements, publics et gratuits, où ils pouvaient s’enchanter l’esprit et s’évader de leur environnement, déjà confiné, sont annulés.

Dépression sociale

Un climat qui suscite, anxiétés et angoisses, un profond mal-être propre à la dépression. Pas ce genre de dépression qui impacte l’économie et déprécie les valeurs, même si. Pas une dépression nerveuse, crise violente qui marque un point paroxysmal atteint chez l’individu. Il s’agit, ici, d’une dépression sociale, une crise du lien social, une rupture du contact humain qui mène les esprits les plus « fragiles » à une lente glissade vers la dépression mentale.

Pensons à ces étudiants seuls dans leur chambre de 9m2, pour seul horizon, confinés, à étudier et suivre leurs cursus par écrans interposés, en « distanciel ». On apprends leurs mal-être, liés aux incertitudes d’un avenir déjà escompté, alimentées par la restriction du lien avec l’autre. Quelques uns commencent à craquer et se suicident maintenant.

Selon  une étude menée par des enseignants et chercheurs en psychologie clinique et psychopathologie de l’université de Nîmes sur les dangers du confinement, « Le profil type le plus à risque et vulnérable est une jeune femme de 18 à 25 ans, étudiante, vivant seule, dans un lieu restreint avec peu de ressources et des cours en distanciel. Les jeunes sont la tranche d’âge la plus touchée par les effets psychologiques du confinement et par l’isolement social. »

Au début du confinement, les dispositifs d’aides psychosociales n’étaient destinées principalement qu’aux professionnels de santé.

Aujourd’hui, on constate des difficultés psychologiques d’autres populations à vivre cette crise (Violence familiales, addictions, troubles de l’humeur, envies suicidaires,….).

Selon un article publié en novembre 2020 sur le site https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/covid-confinement-56-personnes-confinees-ont-symptomes-depressifs-etude-universite-nimes-1897798.html, qui rend compte des observations de cette étude sur les effets psychologique du Covid, « Les effets psychologiques du premier confinement sont importants, 56% des participants (Sur un échantillon de 3763 personnes : Ndlr) montrent des troubles anxieux ou dépressifs. »

Pour toutes ces populations qui n’entrent pas dans les dispositifs d’aides et de solidarités mis en place, il y a fort heureusement quelques actions, des lieux où ils peuvent bénéficier de soutiens matériels et psychologiques.

À Nîmes, ils peuvent trouver assistance auprès des réseaux d’accueil et d’accompagnement tel que l’Adejo, crées par le groupe SOS Solidarité, les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS), gérés par la Croix-Rouge, auprès des services sociaux du CROUS et de la plateforme mis en place par L’Université de Nîmes (Unîmes) plus spécifiquement pour les étudiants.

Au delà de ça, l’individu isolé à besoin d’une écoute de proximité qu’il peut trouver auprès des personnels de santé (pharmacies, médecins,…), des agents des services sociaux (même si ce n’est pas exactement leur mission), des associations de proximité.

Bien-sûr les récentes mises en œuvres de campagnes de vaccinations nous laisse espérer des lendemains plus radieux mais ne suffisent pas encore à rassurer et à envisager sereinement l’après Covid.

Et comme pour contredire ces propos un peu sombres, au moment de finaliser ce matin le texte, le soleil fît son apparition. Inondant la pièce d’une lumière éblouissante, l’enveloppant d’une douce chaleur diffuse. L’horizon, alors bouché et grisâtre, laissait apparaître un carré de ciel bleu azur qui s’étendait, jusqu’à l’envahir totalement. Mes pensées s’éclaircirent aussitôt.

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