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Pierre Pélissier, « autonomate mécanique »

Après une rencontre au rassemblement des artistes qui eut lieu sur le parvis du Carré d’Art le 13 novembre et au vu des nouvelles mesures d’assouplissement du confinement prônées par le gouvernement, je me devais de retrouver Pierre Pélissier, directeur artistique de la troupe de théâtre de rue Dynamogène pour qu’il réponde à la question, « Comment vit-on le confinement quand on est artiste et que l’on ne peut plus se produire ? »

Ce qui a changé ?

La zone de nos déplacements est plus étendue, les commerces peuvent rouvrir, sous condition de respecter les mesures de distanciation, les théâtres et cinémas à leur tour le pourront dès le 15 décembre.

« À priori, on n’est pas concerné. Les règles de représentations dans l’espace public ne sont pas clairs… Pour ce qui est des déambulations, ça peut fonctionner mais au niveau du spectacle fixe, le problème sera de gérer l’attroupement causé et de se conformer aux règles de sécurités sanitaires»

De nouvelles alternatives ?

Cette pause forcée a amené les acteurs culturels à trouver de nouvelles alternatives pour garder le contact avec leurs publics, diffuser du contenu et continuer à exister, à créer des interactions et diffuser via internet, les réseaux sociaux où des groupes proposent du contenu collectif ou individuel, à collaborer à distance entre avec d’autres.

« En tant que troupe de spectacles de rues, évidemment, c’est un manque de ne pas avoir de contact directement avec le public. Avec Dynamogène, on a un temps pensé à mettre en ligne de petites pastilles vidéos qui raconteraient à la sauce humoristique le climat ambiant. Mais tout bien réfléchi, ça ne nous correspond pas car en fait on défend la possibilité de pouvoir s’exprimer dans la rue, sans barrières entres les gens et nous ! »

Résister à tout prix ?

Les conséquences de cette situation, outre financières, ne seraient-il pas de voir les acteurs culturels se démotiver et amener beaucoup d’entre-eux à vouloir passer à autre chose ?

« Pas encore, mais si ça dure trop longtemps, il faudra se poser la question de faire autre chose… Le jour où se sera définitivement mort, où il n’y aura une interdiction formelle, où il sera devenu trop dangereux de prendre l’air, où on aura trop d’amendes, alors ce jour, on devra agir autrement.

On peut pas passer son temps à préparer des choses qui ne seront jamais présenter… »

Son temps, il l’a mis à profit pour construire de nouvelles machines pour de nouveaux spectacles . Le premier confinement, il l’a passé à l’atelier à travailler avec Jeannot. Il en est sorti la « Rotocloche » qu’il a présenté à Nîmes au déconfinement.

Durant cette même période, il a perfectionné son vélo mange-disques qu’il a renommé ACDC pour Athletic Cyclo Disco Club. Il l’a utilisée plus de 400 fois en diffusant à la demande sur Facebook, des vinyles 45 tours parmi leur foisonnante discothèque..

Au deuxième, les règles se sont assouplies. Les artistes on eut le droit de se réunir pour répéter, fabriquer de nouveaux spectacles, pour se préparer au déconfinement. Là est née la « Rasta Ferraille », une machine à musique mobile qui joue des musiques électriques, rock, reggae, blues.. « Une machine très efficace musicalement ! »

L’avenir ?

« Des dates qui à l’avance étaient calées se sont annulées les uns après les autres. »

Heureusement, pour eux, deux dates en décembre ont été confirmées. Une déambulation à Nancy pour la fête de la St Nicolas et un spectacle fixe à Paris à la Cité des Sciences avec la « Torpedo » dans le cadre d’une exposition sur le Jeans.

Si aujourd’hui les choses semble pouvoir se débloquer autour du 20 janvier prochain, il pense quand même que l’on ne sortira pas pour autant des mesures de sécurité sanitaires avant longtemps. Ce qui risque d’impacter d’autant l’organisation de grands évènements publics.

Il plaide pour un déconfinement total des métiers du spectacle et de l’activité artistique.

« On doit laisser le libre arbitre aux gens, et faire appel à leur responsabilité individuelle et citoyenne ! »

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