À Gambetta, « La Propreté C’est Nous »
29 mai 2019
N°14 journal du comité de quartier Gambetta-Révolution
15 juin 2019
Laurent Reverte & Madiba Diabi
Matoungué
Aywa

Musiques et Migration à Paloma

L’accueil des jeunes migrants isolés non-accompagnés s’il peut revêtir des aspects polémiques, en comporte aussi d’autres plus positifs. Dans le département, plus de mille mineurs sont pris en charge, dont près de 500 à Nîmes. Pour beaucoup, ces jeunes mineurs ont accès à une scolarité normale, ou à de l’apprentissage. Des structures comme Ados Sans Frontières, Welcome Refugees, Quartier Libre, des dispositifs de parrainages, des initiatives citoyennes participent à une bonne intégration de ces jeunes dans la vie sociale. Ces actions de solidarité sont d’autant plus importante qu’elles valorisent l’individu et mettent en lumière leur potentiel et leurs apports.

La musique comme lien social
C’est dans cet esprit que s’est montée le concert du 11 mai à Paloma. Un événement proposé par 3 lycées gardois, Geneviève De Gaulle-Anthonioz de Milhaud, Gaston Derboux et Ernest Hemingway de Nîmes dans le cadre du projet « Musique et Migration ». Cette initiative qui est une rencontre interculturelle autour des thèmes du voyage, de la migration et de l’exil réunira dans la salle « Le Club », le duo Laurent Reverte et Madiba Diabi accompagné d’une quinzaine de choeurs de lycéen-ne-s primo-arrivant-e-s pour interpréter des chansons qu’ils ont écrites pour la circonstances et qui parlent de leurs sentiments face à cet exils et de leurs conditions de vie. Dans l’intervalle, au patio on assistait à des démonstrations de danses réunionnaises et africaines, avant que le groupe Faso Djigui, formé de jeunes migrants isolés, encadré par l’auteur-compositeur Chris Gonzalès, n’enflamme le patio de rythmes endiablés, l’illumine de leur bel énergie, invitant un public venu nombreux à se joindre à leurs chorégraphie. Cette soirée aura tenu toutes ces promesses et clôturera en beauté et lyrisme par le concert du groupe montpelliérain Aywa.

Genèse d’un groupe
Il y a 2 ans ½, Sylvaine Louradour, responsable d’Ados Sans Frontières-Nîmes, confiera à Chris Gonzalès, auteur-compositeur, son envie de monter un atelier musical avec les jeunes migrants qu’il animera.
Une première rencontre avec les jeunes en aura réuni une douzaine. Certains étaient déjà musiciens ou avaient une sensibilité artistique.

La majorité d’entre-eux sont de Guinée-Conakry, pays où la musique et les arts du cirque sont très développés, d’autres de Côte d’Ivoire ou du Mali. Matoungué, percussionniste guinéen, plus particulièrement avait fréquenté une de ces écoles de cirques où l’on pratique la musique, le chant, la danse, l’acrobatie et le jonglage, une discipline que le groupe commence à intégrer dans les spectacles.

La musique étant un langage universelle qui dépasse les conventions linguistiques, il a facilité le dialogue.
Chris leur a proposé un deal. Lui qui a toujours voulu aller en Afrique mais n’en a pas eu l’occasion ni le loisir, leur a demandé de la lui faire vivre à travers l’expression de leurs cultures et de leurs musiques. Charge à lui de les éclairer sur les pratiques musicales occidentales et de faire de l’ensemble une fusion.
Un mélange d’harmonie, de rythme et de chant. Chris apportant l’harmonie, la mélodie et la structure.

Pour Chris cette expérience lui a beaucoup apporté au plan musical et humain. Il y a l’aventure musicale et celle de la rencontre avec ces jeunes qui ont l’âge de mes enfants et ont vécu des situations douloureuses et des parcours singuliers.
Sensible à leur personne, Chris Gonzalès, qu’ils appellent « papa » (marque de respect en Afrique envers un ainé), les conseille, les oriente mais n’a, pour autant pas voulu être leur confident, ni voulu les questionner sur leurs parcours. Cette neutralité lui a permis d’être parfois le « juge de paix » dans les quelques turbulences qu’ils ont eu eux-même à traverser.

« Tous ceux qui sont passés dans ce groupe », selon Chris, « on retrouvé dans l’énergie de la musique, les répétitions, les moments d’intense joie lors des concerts, quelque chose de leurs identités africaines, corporelles et émotionnelles, créant une dynamique de réussite qui leur permet à tous de mener à bien leurs projets. »
À terme, Faso Djigui devrait pouvoir être autonome et un groupe à part entière.

Faso Djigui ou l’espoir du peuple

Faso Djigui


Mohamed, porte-parole du groupe de musique Faso Djigui, parti de la Côte d’Ivoire est arrivé à Nîmes en 2016. Après un parcours d’accueil classique par le Foyer de l’Enfance, puis 2 éducateurs de l’Ase, il est actuellement sous tutelle de l’association Samuel Vincent et occupe un logement individuel. Étant déjà majeur, il bénéficie du dispositif d’aide aux jeunes majeurs jusqu’à ses 21 ans. Pour l’heure, il est apprenti au Cfa de Margueritte où il prépare un CAP cuisine.

La musique, au pays il l’avait déjà dans la peau, mais c’est une passion qu’il ne pouvait assouvir, car être musicien était mal considéré. C’est une fois en France et la rencontre de Sylvaine et Olivier qu’il aura l’opportunité de s’y plonger. « C’est grâce à la rencontre de ces gens bienveillants qui n’ont accueilli, accompagné, donné leur amour et m’ont fait sentir comme partie d’eux que j’ai pu me libérer et me sentir bien ! »
La musique l’a fait sortir de son isolement et lui a permis de montrer ses capacités.

L’idée du groupe Faso Djigui (L’espoir du peuple) est venu progressivement au fil des répétitions. L’aventure a commencé avec le duo Mohamed et Bamgoura par une représentation, en présence de Thierry Amat, directeur de l’Ase, à l’Arcotel de Nîmes en 2018. Petit à petit d’autres sont venus s’agréger au projet et le local de Sylvaine est devenu trop petit. C’est alors qu’est venu la proposition de pouvoir répéter à Paloma. Depuis, il y a eut des concerts à Cabrière, au Prolé et 4 autres encore, dont celui qui a eut lieu, le 11 mai à Paloma dans le cadre du concert de soutien aux jeunes migrants.
À noter, Faso Djigui se produira le 21 juin à l’occasion de la Fête de la Musique à La Placette de Nîmes.

À propos de Chris Gonzalès

Chris Gonzalès


Son premier album « Zipholo » date de 1996, suivi de « Ab Absurdo », en 1999. Depuis près de 3 ans, il travaille à un prochain album.

Plus acoustique, inspiré de ses recherches sur le chamanisme, il questionnera le rapport qu’il entretien avec la Terre, la nature et les éléments qui la constitue.
Il sera la synthèse phonique d’une prise de conscience écologique, d’une démarche qui l’amène à mettre en énergie, en musique, son rapport premier à la nature. Un album qui s’annonce vibratoire, orienté sur les sensations et les sons, sur le son qui crée des sensations et nous fait voyager.
L’apport textuel, qu’il veut garder, sera moins mental, plus instinctif, sensitif, et poétique, intégrant les sonorités et bruits de la nature.

 

Musiques et Migrations @ Paloma

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