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Alexandre Serio, coiffeur

Salon ou hôtel ?
Mains à l'ouvrage
La rue vue du salon de coiffure

Alexandre Serio, globe-coiffeur

Entrer dans le salon d’Alexandre Serio, tout près du boulevard Gambetta, c‘est comme pénétrer dans le hall de réception d’un grand palace. On y trouve un chariot à bagages lesté de valises vintage, un téléphone en bakélite noire, une sonnette sur le comptoir, des fauteuils et un canapé Louis xvi, de grosses ampoules à filament, des livres, des revues pour attendre son tour car non, finalement, on ne s’est pas trompé, on est bien dans un salon de coiffure !

Le salon d’Alexandre est en fait à son image : celle d’un homme jeune épris de style, d’élégance, d’art, de mode et de voyages.
C’est à Nîmes qu’il s’est formé tout d’abord : cap de coiffure au Lycée Voltaire, anciennement l’Étincelle, Brevet Professionnel en apprentissage à la Chambre des métiers. Tout cela aurait dû lui ouvrir les portes d’un métier conventionnel mais son maître d’apprentissage lui a permis de développer en coiffure un sens artistique par ailleurs déjà épanoui sur les scènes de théâtre. Il lui a aussi fait découvrir l’univers particulier des studios, des séances photos, des défilés, des shows coiffure.

Cette autre façon d’exercer le métier ne pouvait qu’enthousiasmer Alexandre Serio qui s’est à son tour lancé dans l’aventure. Et aujourd’hui son parcours est déjà très éloquent. Il a exploré toutes les facettes du métier : salon, studio, séances photos, défilés, préparations de salons internationaux, shows, etc. Il est aussi formateur de coiffeurs, ambassadeur média d’une grande marque de cosmétiques.

Un haircongress Alexandre Serio
Il a co-fondé un festival événementiel en Espagne, le Hair congress Alexandre Serio, gros festival de coiffure de plusieurs jours qui a « cartonné » pendant 3 ou 4 ans, faisant se déplacer plus de 400 coiffeurs français pour des shows de coiffure, des séances de formation avec de grands vedettes internationales du métier, des concours de jeunes talents, des défilés. Tout cela a fait un « buzz » terrible dans les réseaux sociaux et fait vieillir d’un coup les shows conventionnels de coiffure ! C’est son sens créatif, son expérience de comédien, son goût pour la musique, la danse et le rythme alliés à son expertise reconnue qui lui ont permis d’imaginer cette mise en scène spectaculaire de la coiffure, ce qui a accéléré sa carrière auprès des grandes marques.

Des ailes et des racines…
Alexandre Serio est aujourd’hui très demandé : créateur de coupes originales, il organise pour des coiffeurs déjà confirmés plus de trente cycles de cours par an dans toute la France, est invité par les centres de formation pour les futurs coiffeurs, se déplace pour les shows, les fashion weeks de Londres, de Milan, de New-York, le festival de Cannes, le Champs-Élysées film festival de Paris…
Mais il reste attaché à sa ville. « Pourquoi vivre ailleurs puisque d’ici je vais partout dans le monde ? » Son salon nîmois est son ancre mais passé la quarantaine il arrêtera « le fauteuil » pour ne se consacrer qu’à l’artistique, au studio, continuer un peu la scène et surtout la formation car il a le goût de la transmission.

La coiffure est un art
Si Alexandre s’est aussi investi dans la formation c’est qu’il a de son métier une très haute idée. Il y a l’expertise, d’abord : Il utilise des techniques de coupe tout à fait classiques et conventionnelles qu’on apprend à l’école mais qu’il mixe avec des techniques plus anglo-saxonnes, undercut, back cutting, back cutting inversé, texturisation des mèches de cheveu… il faut donner un sens à la coupe, faire en sorte qu’elle tienne longtemps, il faut aussi analyser la personne, son comportement, ses gestes, son état d’esprit pour lui proposer la coiffure qui va en même temps — quelle gageure ! — la transformer sans la changer et mieux mettre en valeur son style.

« Le coiffeur, c’est un peu le psy des pauvres »
C’est un métier difficile aussi, la coiffure, on piétine beaucoup, l’arthrose arrive vite dans les mains, le dos travaille mal, les allergies menacent… mais c’est une passion avant tout, un art qui s’exerce sur de la pâte humaine. Le coiffeur, c’est un peu le « psy des pauvres », sa relation à l’autre est parfois très forte, mais il doit être une oreille, pas plus, ce qui est très difficile. Il doit vite comprendre que la chose la plus importante dans le temps que dure la séance, c’est le miroir, le miroir avec toute sa symbolique, sa dimension psychologique. « Ça n’est pas à moi que s’adresse la cliente qui me parle, dit-il, c’est à son double que le miroir renvoie ». Il faut que les jeunes coiffeurs se forment au relationnel, se cultivent, ferment Voici et ouvrent un peu plus Vogue, par exemple, relèvent le niveau car la France qui était un pays phare dans l’univers de la coiffure se fait aujourd’hui dépasser par beaucoup d’autres.

Alexandre Serio est un artiste coiffeur, on l’a bien compris, il est toujours à l’affût de la nouveauté, de l’air du temps, il cherche et trouve l’inspiration pas seulement dans les moodboards ou les magazines, mais dans la rue, la grande scène urbaine, dans les films aussi, les faits de société, la grande marche du monde…Et c’est ainsi que, croyant entrer dans un salon de coiffure, on se retrouve, quelle chance, dans un lieu de culture.

Quelques liens pour en savoir plus :
http://www.alexandreserio.fr/
https://www.instagram.com/alexandreserio_officiel/?hl=fr

Une interview
https://www.youtube.com/watch?v=V-niaEtVpNs

Un show de coiffure

https://www.youtube.com/watch?v=Ge47oieM9z0

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