La rénovation urbaine en question
14 novembre 2018
Les lampes de Laurent Rump
20 novembre 2018
Immeuble des Dames de France
L'équipe du FabLab Nîmes
Le Spot
L'Archipel
Réunion-Rapport DLA SCIC Les Spots
Atelier-Boutique N°58
NymphéaS
Nicolas Combis, Christian Bastide, Magali Pagnon,Bérengère Noguier

De Rakan à NympheaS

Des Tiers Lieux et de leur développement à Nîmes

Avant les « Tiers-Lieux », il a existé ce que l’on a appelé « les friches culturelles » nées de l’occupation de bâtiments industrielles, généralement par des artistes dans les années 90, citons les expériences de l’Hôpital Éphémère, à Paris, La Belle de Mai à Marseille, l’Abattoir à Chalon-sur-Saône…

À Nîmes, il y eut une première expérience en 1995 : Le Rakan, un lieu hybride auto-géré, où s’était installé, dans l’immeuble des Dames de France place des Carmes, un collectif d’artistes qui déjà proposaient une nouvelle forme d’économie et de nouvelles relations sociales.

«Le mouvement des friches, tout comme le mouvement d’occupation de locaux et des squats en dehors des activités culturelles qui sont pour l’essentiel des mouvements urbains, montrent cette dualité : innovation-contestation et recherche de nouvelles relations urbaines, de nouvelles relations au pouvoir.», écrivait, en mai 98, Catherine Bernié-Boissard, maître de conférence aux universités Paul Valéry-Montpellier et Nîmes, dans une communication pour le colloque Friche’ N’ Chips.

Tiers Lieux, outil de dynamisation des Territoires
Aujourd’hui, le phénomène des Tiers Lieux d’innovations sociales et des lieux hybrides gagne la plupart des régions françaises et les institutions gouvernementales et régionales semblent s’en intéresser.

L’État d’abord. Pour s’en convaincre, le rapport de la Mission Coworking qu’a remis Patrick Lévy-Waitz, président de la fondation Travailler Autrement, le 19 septembre, à Julien Denormandie, secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, au makerspace ICI de Montreuil (93). Résultat d’un tour de France de six mois avec la collaboration étroite du CGET, ce rapport s’inscrit dans la stratégie numérique du Gouvernement pour accompagner les dynamiques de transformation de l’activité dans les territoires les plus fragiles. 

Ces espaces partagés jouent un rôle clé dans la redynamisation des territoires, petites et moyennes villes, espaces ruraux. Loin d’être un phénomène de mode, les 1 800 tiers lieux identifiés sur l’ensemble du territoire français présentent une grande diversité de typologies (coworking, fablab, makerspace, hakerspace, livinglab…). 

Avec une centaine de lieux en 2016, se revendiquant seconde région des Tiers Lieux en France, la région Occitanie n’est pas en reste.

Elle s’est emparée du sujet à travers une labellisation et une mise en réseau des tiers lieux existants. Elle souhaite améliorer leur visibilité et valoriser ce type de structures qui répond au besoin, pour les utilisateurs (travailleurs indépendants, salariés et employeurs) de disposer de lieux pouvant contribuer au travail collaboratif et à des nouvelles formes d’organisation.
L’association toulousaine « La Mêlée » a ouvert un site recensant les 100 tiers lieux d’Occitanie : www.tierslieuxoccitanie.com.

À Nîmes on compte déjà 6/7 lieux qui pourraient être qualifiés de Tiers Lieux et bénéficier du label régionale. Parmi eux : Le Spot, Chez Mémé, L’Archipel, Le FabLab de Nîmes, Le Village Coworking, la Boutique-Atelier N°58, Les NympheaS,…

Où Le Spot devient Les Spots
Dans cette perspective d’élargir ses champs d’actions et être en phase avec les activités nouvelles qu’il veut développer, Le Spot se transforme et se refond dans un projet de S.C.I.C.(Société Coopérative d’Intérêt Collectif).
Depuis un moment déjà le travail s’accomplissait, de tables rondes en réunions, accompagné dans cette démarche par le dispositif DLA de l’ACEGAA et un médiateur, Laurent Kilani.

Cet accompagnement impartial a été essentiel pour arbitrer les envies et besoins de cette restructuration et nécessaire pour arbitrer les affects et conflits qui auraient pu naître.

Beaucoup de questions au préalable se sont posées : Quel était le modèle économique durable ? Quelles directions et actions ? Où est-ce que chacun se situait dans cette aventure ? Entendu que ce n’est pas la même chose d’être bénévole dans une association qu’être sociétaire dans une coopérative.

Bref, de ces discussions, il en ressortait que l’axe principale de la structure serait «l’ urbanisme transitoire », tourné vers le développement durable, la dynamisation des territoires délaissés par l’innovation sociale, la diffusion artistique et culturelle, notamment.

« On vise à combler le trou des vacances immobilières. Il ya un vrai besoin identifié, et il faut des acteurs de confiance pour les gérer et à l’heure actuelle il n’y a pas d’outil pour ça, sinon du gardiennage … », nous expliquera Cédric Crouzy, un des porteur du projet SCIC, « et au lieu que les lieux ne dépérissent, il est mieux de les exploiter et les faire vivre. »

À Montpellier, la SCIC Illusion & Macadam, qui fait de la gestion administrative de lieux a récupéré 4000m2 de bâtiment, pour un projet d’immobilier temporaire d’une durée de 10 ans, le confirme. Et d’autres expériences nombreuses sont à l’oeuvre à travers la France.

Aujourd’hui le développement des tiers-lieux se veut pérenne, il s’agit alors maintenant de développer les tiers-lieux avec des structures professionnelle.

La fusion de l’association Locomotiv avec celle du Spot entraine nécessairement une modification des statuts.

Les objectifs resteront de développer la qualité de vie des habitants, promouvoir des activités artistiques, diffuser des spectacles, être un lieu ressources, soutenir la jeune création, animation de réseaux, développement de projets artistiques et culturels de territoire…

Les structures de la S.C.I.C. Et de l’association pourront être amenées à travailler ensemble, notamment quand il s’agira de faire des préfigurations avant que la CSIC n’intervienne.

« On garde un modèle association qui pourra répondre à des appels à subventions sur des actions sociales et culturelles. Par ailleurs, la structure associative est plus souple, plus réactive et récréative aussi.

Mais pour la pérennisation d’une action, il faut plus que des bénévoles, et une certaine professionnalisation des acteurs est nécessaire… ».

NymphéaS, un autre exemple de Tiers Lieux
Nicolas Combis
est le propriétaire de l’immeuble du Spot qu’il a mis à disposition de l’association Le Spot, il y à près de 6 ans après  «  l’Expo de Ouf #2 ».

À 30 ans, alors qu’il reprenait les rênes de l’entreprise familiale, il réalise qu’il s’enfermait dans une sorte d’individualisme, « …Un monde où tu dois te construire seul, contre tous… », pensait-il. C’est à travers l’aventure du Spot qu’il a compris la force de travailler avec et parmi d’autres gens, de co-construire pour un objectif commun.

Il y voit là un cadre de réflexion, qui lui a permis d’envisager un modèle économique basé sur la création de lieux, développer par les occupants, avec des thématiques spécifiques, convivial, à mi-chemin entre la maison et le bureau, qui prendrait en compte les aspirations et les complémentarités des individus entrepreneur. Un modèle performant et rentable qui réponde aux questions, « qu’est ce qu’on produit ? Pour qui ? À quel besoin cela correspond t-il ? Un modèle gagnant-gagnant, à la fois pour les gens qui investissent les lieux, qui les font vivre et les investisseurs.

Et il y croit ! En l’espace d’un an, a ouvert, coup sur coup, deux autres lieux, L’Atelier-Boutique N°58, boulevard Gambetta et NympheaS, 25 rue Porte d’Alès.

NympheaS, c’est aussi une association, fondée par Magali Pagnon et co-gerée avec Marlène Ducrot et Audrey Graffin. Cest un incubateur collaboratif de l’entrepreneuriat social et solidaire.

Fondé sur le mode de la gouvernance sociocratique, elle est partagé par un bureau de 3 personnes et de tous les locataires du lieu.

Le choix du nom reprend la symbolique de l’émergence et de l’épanouissement de la plante qui résume bien l’idée de l’économie sociale et solidaire qui est « d’appréhender le moins beau de notre société pour le modifier et en faire quelque chose de beau… ». L’idée est de d’aider les entrepreneurs sociaux, par des techniques de collaborations, en ligne, de formations, à émerger et les d’accompagner dans la pérennisation de leur entreprise. « Ensemble il y a un maximum d’impact sur l’environnement social et économique et c’est une alternative qui permet à tous d’être dans un environnement propice à son développement. », conclura Magali Pagnon.

Pour l’heure, 17 locataires occupent les lieux. Une agence de design social, une consultante/coach en transition et entrepreneuriat conscient, 2 producteurs audiovisuels, une agence de paysagistes, de la production musicale, un webmaster, une éditrice, une illustratrice, une thérapeute psycho-corporelle, une accompagnatrice en insertion et formatrice en travail social, une graphiste,… autant de profils différents, de ressources et propositions qui permettraient de partager des projets globaux.

Une plateforme collaborative ouverte est mis en place pour permettre au réseau de s’agrandir.

De l’avis de Christian Bastid, conseiller Départemental du Gard, venue le 9 novembre avec une petite délégation départementale, futurs partenaires(?) se rendre compte de se qu’était Le Nymphéas, « C’est un concept porteur tant en terme de solidarité que d’innovation. Cela entraine de nouvelles manières de fonctionner, en rupture avec cette société individualiste, à l’organisation, souvent pyramidale. Cela correspond à une société nouvelle où l’humain prend toute sa place. C’est la société de demain qui est en train de se construire !… ».

Définitions:
Selon le site Movilab.org, le terme Tiers Lieux est un « Mot chapeau au 1er abord pour rassembler sous une même et grande famille les espaces de coworking, les FabLab, les HackerSpace, les RepairCafé, les jardins partagés et autres habitats partagés ou entreprises ouvertes, le « Tiers Lieux » (écrit avec des majuscules) est devenu une marque collective ou l’on pense ces singularités nécessaires à condition qu’elles soient imaginées et organisées dans un écosystème global ayant son propre langage pour ne plus être focalisé sur des lieux et des services d’infrastructure, mais vers l’émergence de projets collectifs permettant de co-créer et conserver de la valeur sur les territoires. »

Pour Laurent Kilani, « C’est une « configuration sociale » qui se matérialise le plus souvent par un « lieu physique et/ou numérique » dans lequel un « processus singulier » va permettre à des « personnes venues d’univers différents », voire contradictoires, de se rencontrer, se parler et créer ainsi un « 3ème langage » leur permettant de construire des projets (en) « communs ».

Sources/Liens:
Livre : « Tiers-lieux… et plus si affinités » de Antoine Burret

Rapport publics 2000 sur les friches : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/014000519.pdf

http://www.cget.gouv.fr/actualites/l-etat-s-engage-pour-soutenir-et-accelerer-la-dynamique-des-tiers-lieux-dans-les-territoires

https://www.laregion.fr/Appel-a-projets-Labellisation-Tiers-Lieux-Occitanie

https://www.lagazettedescommunes.com/509446/tiers-lieux-etat-de-lart-sur-un-mouvement-de-fond/

http://www.artfactories.net/Colloque-Frich-n-Chips-Catherine.html

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