Urbanissime à Pissevin
31 octobre 2018
Parc Meynier de Salinelles, le combat continue
7 novembre 2018
Fin du défilé « Funky-Fashion Factory »
N.Y Bronx, 1995
N.Y. Bronx1995, boutique de Fat Joe
La Cliqua, Paris 1996
Paris 1996, Hips Hope shop

Stylisme et Urbanissime

Exercice de style
Le collectif N°58 Atelier-Boutique a proposé le 6 octobre, pour Urbanissime un défilé de mode, comme suite à celui réalisé, l’année dernière lors de l’Expo de Ouf #6.

Les 6 créatrices ont monté un atelier créatif, mêlant mode et art urbain au Cscs Jean Pauhlan, entre juin et octobre, qui a impliqué enfants, ados et parents.
« Le Thème était le street art et on a appelé le défilé « Funky-Fashion Factory ». On est parti d’une citation du grapheur Lek qui à travailler avec le couturier Kenzo, « Le lien entre la mode et les arts urbains est naturel. Les habits sont liés aux mouvements du corps et portés dans la rue, notre terrain de jeu », nous dira Carole Hagen, couturière du collectif.

Pour ce défilé, elles ont voulu mettre l’accent sur la toile Denim, la métisser avec d’autres plus exotiques comme le « Wax » et l’ont surfacée de graffs et de tags, l’accessoirisant de tulles ou de pompons.
« Le croisement des cultures avec l’utilisation du Wax, c’est l’idée d’un lien entre le centre-ville et les autres quartiers. On a essayer de faire du chic et original à partir de vêtements récupérés, de la fripe vintage. ».

Cette proposition vestimentaire, joyeuse et néanmoins sérieuse par le travail fourni avait l’avantage de nous montrer la diversité des expressions de ce qu’est devenu le streetwear.

De la Hype au Fashion
Le streetwear est intimement lié à la culture urbaine, skate et Hip Hop, en particulier. Il tire son essence de cette musique, de ses danseurs et de tous ceux qui participent à cette culture, les « Bboys ».
Ses différentes tendances vont se mixer, se superposer pour former un courant et une culture qu’il est important d’appréhender pour comprendre cette mode.

De ses origines à maintenant, la panoplie du « BBoy » (Généralement le danseur ou l’adepte du Hip Hop), a beaucoup évolué et a donné naissance à plusieurs courants issues de la West Coast (plus cool), de l’East Coast (plus urbain), rehaussé d’éléments « Bling Bling », composés de pièces clinquantes des grandes maisons de couture et de moult joailleries, bagues et lourdes chaînes en or ou platine.

À la base, le streetwear a beaucoup emprunté aux vêtements de travail (Ceux des bucherons, artisans, ouvriers employés de service, etc.) et des sportifs (foot américain, basket ball, hockey, golfeurs, marins, etc.) et se voulait confortable, et solide.
Si même, le streetwear nous viendrait des États-Unis d’Amérique, il ne serait rien sans cette toile De Nîmes, rebaptisée Denim.
Aujourd’hui, si la silhouette, les coupes, les couleurs et les matières ont quelques peu changés, la caquette, le tee shirt et le sweat à capuche, le baggy et les sneakers restent les fondamentaux du streetwear.

C’est Marithé et François Girbaud, styliste français qui après avoir inventé le « StoneWashed », en 1960, créaient en 1977 le « Baggy », jean extra-large, dont la coupe est inspiré des uniformes des prisonniers américains. Une révolution ! Il faut dire que la tendance, alors, était au disco et aux coupes « cigarettes ».
Dès le début des années 1980, dans le South Bronx à New York, les représentants du mouvement Hip Hop, les artistes, l’adoptèrent.
Ils contribueront à ériger le baggy de symbole de la culture urbaine en véritable phénomène de mode, tout comme la sneaker est devenue l’accessoire iconique et incontournable.

La sneaker
La sneaker est un autre des attributs du streetwear, aujourd’hui porté par tous, toutes générations et milieux sociaux confondus. Elle est apparu il y a plus de 100 ans, avec la création, en 1917, de la Chuck Taylor All Stars de Converse, encore usitée aujourd’hui.

La sneaker a largement étendu son champ d’utilisation. On est passé de la pratique sportif, à l’élément de mode. Comme certains jeans rares, elles font l’objet de cotations et certaines éditions font l’objet d’un véritable culte de la part des collectionneurs addicts et sont vendues à prix d’or.
Le business de la basket est aujourd’hui estimé à plus de 26 milliards de dollars dans le monde dont 20% proviennent du sport et 80% du hip-hop et de la mode urbaine.

Le tee shirt
Avant que les grandes maisons de couture et haute couture, les grands équipementiers sportifs ne s’inspirent de la rue et ne convoquent les jeunes artistes issus du graff ou de la culture de la rue, des marques, surtout U.S, issues du mouvement graff, du Rap et de la rue, se sont créées.
Cette industrie s’est d’abord construite autour du tee shirt, un des basiques de la garde-robe du Bboy.
Initialement porté comme un sous-vêtement par la Royal Navy sous le règne de la reine Victoria, il est vite adopté par les soldats de l’armée américaine fraîchement débarqué en Europe lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Autant véritable support personnalisable de communication et de promotion que d’expression artistique pour s’emparer ensuite de tous les éléments du vestiaire et ces accessoires. Ayant compris son formidable impact auprès de leurs publics, les artistes de Rap s’en sont emparés en créant leurs propres marques. Il est vendu près de 2 milliards de tee shirt par an à travers le monde.

Demain
Parmi les marques historiques, pour les USA, on compte encore, Stussy fondée en 1980, Cross Colours crée en 1989 par Carl Jones, Phat Farm fondée en 92 par Russell Simmons, Maurice Malone Jeans, Wu Wear des Wu Tang Klan, Karl Kani, Fubu, Echo Unlimited, Tommy Hilfiger, Polo Sport Ralph Lauren, South Pole, North Face… En France, beaucoup se sont créés autour de la notoriété d’un rappeur (Dia, Com8, Bullrot ou Royal Wear…), seuls ceux qui avaient une vraie ligne créatrice, comme Wrung, Homecore ou Airness, ont survécu.

La mode, les maisons de couture ont fait sortir le streetwear de la rue. Chacun y allant de sa collection dédiée, ils se sont attachés la collaboration de jeunes stylistes influencés par cette culture. La mixité, le mélange, le recyclage des matières aussi sont devenus la tendance et la récente nomination de Virgil Abloh, styliste issu du Hip Hop, premier noir à la direction artistique homme chez Louis Vuitton, le succès lors de la dernière Fashion week de la deuxième collection de Marine Serre, en sont la démonstration.

Le streetwear, qui tend de plus en plus vers le « sportswear», est devenu un énorme marché à l’échelle mondiale qui a standardisé un look.C’est aussi un phénomène social qui de Tokyo à Dakar, de Moscou à Téhéran a façonné une manière de vivre et d’être et peut-être même un goût.

Streetwear @ Nîmes
La Cité-vêtements de travail: 1-3 Place du Grand Temple

Green Corner
 : 33 Rue de la Madeleine
Mac Dowan : 16 rue des Marchands
Jean Center : centre commercial Les 7 Collines et galerie Cap Costières
Newport : Rue des Halles
Ollieday skate shop : 8 rue Enclos-Rey

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