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Un Mundial au But-Bar

Il y a 20 ans déjà, le Midi-Libre consacrait un article sur le But-Bar, ce petit bistrot du quartier Richelieu seulement fréquenté par une bande d’irréductibles fidèles consommateurs.
20 ans après, leur ferveur ne s’est pas éteinte.


Christian, le taulier, pour l’occasion a redéployé le gigantesque drapeau tricolore sur sa façade et décoré la salle avec écharpes, cotillons aux couleurs de la France.
On prend les mêmes, ou presque, et l’on recommence.
Pourvu que l’histoire se répète !

Le 1er match, France-Australie, ce terminera par une victoire, 2-1, obtenue de hautes luttes. Le Mundial était lancé et l’ambiance pendant la phase de poule sera plutôt sereine, malgré des résultats étriqués.
La France terminera 1ère de son groupe C.

C’est vraiment pendant la phase finale que l’ambiance montera crescendo. Au But-Bar, du renfort était arrivé, drapeaux en mains, cornet et autres cuivres au bec et Christian, sifflet en bouche et un optimisme à toutes épreuves, participait à échauffé l’endroit.

L’Argentine battu 4 à 3 au terme d’un match âpre et tendu, l’horizon se dégageait. En quart de finale, la France affronterait l’Uruguay alors que les belges joueraient le Brésil !

Au bar, on était la même vingtaine à être au rendez-vous. Les drapeaux étaient toujours de sortie, les couleurs aussi et on y croyait de plus en plus… Christian, lui, l’avait rêvé et depuis longtemps connaissait l’issue de cette compétition.

La victoire sur la Belgique, en demi-finale, leur ouvrait la porte de la finale, tant attendue par tout un peuple maintenant au diapason de son équipe et qui nourrissait les espoirs d’une victoire libératoire.

C’est la somme de ces individualités, mues par un même esprit, qui a fait la force de ce collectif.
Cette identification à l’équipe nationale a permis de créer du lien, l’adhésion, d’une société, de groupes, familles, individus, aussi disparates que cosmopolites, à un même désir commun et les a réunis autour de l’appartenance à une même identité, sinon à un attachement nationale.

Loin du concept « Black, Blanc, Beur » de 98, on a senti pendant ce mois de compétition, une société qui malgré les différents évènements dramatiques et terroristes, qu’elle a traversé ces 3 dernières années, au-delà des divisions politiques et sociales, a fait montre d’une incroyable cohésion et a exprimer une joie quasi cathartique.

Et même si les lendemains nous replongeront assez vite dans nos réalités, n’en déplaise à certains esprits chagrins, c’est quand même grâce au spectacle que nous ont donné et aux émotions que nous ont procurées « ces millionnaires qui tapent dans un ballon », qu’un vent de bonheur, d’allégresse a soufflé un instant sur le pays.
Et ça, ce n’est pas rien !

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