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Amina et Nicky
Couleurs des Iles
Amina Khemiri, Richard Tibérino

Rencontre Toucouleurs, Toulouse-Nîmes : Une première réussie !

La « grande caravane Toucouleurs », venue de Toulouse-Le Mirail (leur base), avec à son bord près de 70 personnes, accompagnateurs, bénévoles, artistes et habitants, a débarqué le 23 juin, dès potron-minet, à Nîmes-Pissevin, invitée par « Pas Sans Nous-Nîmes » (PSN30) pour partager, rencontrer et échanger avec les associations des quartiers nîmois et ses habitants.


Une première à Nîmes, mais la 19ème édition pour Dell’Arte, qui porte ce projet d’insertion par la culture et l’éducation populaire et milite pour rendre la culture accessible à tous.
Pour sa présidente Nicky Tremblay, c’est « l’idée de rencontres et partages pour découvrir les cultures et l’art des autres. On est venus à 65 pour mettre en place, avec les acteurs associatifs locaux, des animations, ateliers de sensibilisation, pédagogiques et ludiques aussi, ouverts à tous. On est de provocateurs de rencontres. Les enjeux sont de faire bouger les habitants des quartiers, faire se mélanger les publics, car l’entre-soi que l’ont peut trouver dans certains quartiers, on en crève ! » assènera la présidente. Le bus ne fait pas une tournée, mais procède par étape. Des escales, l’association en effectuent 5 ou 6 dans la région toulousaine et 2 au niveau national par an. « La vie, c’est le voyage et la rencontre… », ponctuera Nicky Tremblay.

Au programme, des ateliers ludiques et pédagogiques, divers jeux pour les plus jeunes, une expo photo, des percussionnistes, des danseurs de Krump, du jonglage, un duo Rap, des dégustations de mets exotiques, de pâtisseries, et même à l’aveugle, un studio photo, un atelier de scratch, du Raï et un Dj set…
14h30, le « village » s’est installé sur la pelouse de la place du Marché.
D’entrée des percussions toulousaines, sous une tente, donnent le ton. Devant eux, deux très jeunes filles, très alertes, tenaient le stand merchandising (vente de badges, autocollants, cartes postales, verres en plastiques,…).

Un peu plus loin on retrouvait l’association Da Storm et Michaël, avec une exposition de photos de « battle danse » et portraits de « B boys » de la photographe Patricia « Oz » Martinez.

À côté, tous près, on avait droit aux chaleureux accueil des femmes comoriennes de l’association « Couleurs des Iles », auprès desquelles ont pouvait trouver tartes salées, sucrées, acras de morue et boissons ultra hydratantes à base de gingembre.

Continuant notre promenade, et passant devant les pâtisserie de l’association Sabrina, on arrivait à l’atelier écologique de bricolage et recyclage de bouchons en plastique, mis en place par Mouza, coordinatrice et éducatrice au LAAC Samuel Vincent. Ils reconditionnent aussi des palettes pour en faire des jardinets qu’ils offrent aux associations demandeuses.Toujours dans le domaine caritatif, ils ont réalisé des œuvres sur toile qu’ils voudraient mettre aux enchères pour financer un concert de Hip Hop au service pédiatrie de Caremeau.

Le stand du Pimms proposait une sensibilisation aux eco-gestes, auprès de nombreux enfants curieux des explications des animateurs sur la composition de l’air, qui les ont aussi familiarisés aux réflexes et logiques d’économies d’énergies. On se pique au jeu, surtout qu’ils distribuaient des petits ballons gonflables à chaque bonne réponse !

Juste à côté, les militants de Eau Bien Public, pour la défense de l’eau à Nîmes, avaient pour mission de nous éclairer sur la gabegie financière, le gaspillage et la politique de gestion de l’eau par l’Agglomération Nîmes-Métropole et la Saur. Un combat qu’ils mênent aussi devant les tribunaux administratifs pour dénoncer la délégation de service public (DSP) de près de cinquante ans qui les lient. Une nouvelle DSP sera soumise à appel d’offre à l’horizon 2020.
Un autre de leur combat est de lutter pour l’interdiction des coupures d’eau et l’arrêt illégal de fourniture d’eau à un client. Cette interdiction est une disposition de la loi, non respectée par les opérateurs du marché, malgré les multiples condamnations des tribunaux pour ces pratiques.

En remontant, « la prairie », à l’ombre des grands arbres, on trouvait l’association Paseo qui occupaient les enfants avec divers jeux, des mères de familles entourées des enfants, Pause ambitieuse et leurs dégustations de divers aliments et fruits, Wako et leur dispositif de photos-portraits.

Chez les Wako, Cécile Plantin et Gaël René, il était question d’égalité et d’équité. Concept qu’ils illustraient avec un disposition de palettes qui empilées, selon le nombre, réajustaient la taille des plus petits, à la hauteur des plus grands. Nombreux seront ceux, enfants en groupe ou accompagnés de leurs parents, qui se prêteront avec jubilation au jeu, immortalisé par une photo qui leur sera offerte ultérieurement.

La petite scène qui fermait l’enceinte aura vu passer des danseuses, emmenées par Nicky, sur les rythmes endiablés des percussions guinéennes venues de Toulouse, des danseurs de « Krump », accompagnés des mêmes percussions et un jeune duo de rappeur du quartier qui viendra délivrer son message, avec une certaine assurance qui voudrait cacher la nervosité, le trac et les maladresse d’une première scène public. « J’ai mon espoir entre les mains. Pour nos frères du quartier, j’chui le (?) de la cité. On se doit de percer! On a tous une valeur, M.D.M.C.B.A !… À moi de me donner les moyens de remonter la pente !… ».

Fort engouement et bonne mobilisation
Richard Tiberino,
Adjoint au maire de Nîmes délégué à la sécurité et conseiller départemental, seul édile et élu présent, nous donnera ses impressions sur l’évènement et comment Amina Khemiri et Taoufiq Beladel, les co-responsables de PSN30, il y a 2/3 mois, lui ont soumis ce projet de rencontre, auquel il a immédiatement adhéré.

« Parce que je suis un farouche partisan de la prise en mains des choses par les habitants. Les politiques sont là pour aider les initiatives, pas pour les lancer… J’aime bien le terme « pas sans nous » car, en effet, rien ne pourra être fait sans eux ! ».
Il aura été agréablement surpris, pour ne pas dire bluffé, de voir autant de participation pour une première, quand on sait combien il est difficile, dans certains quartiers, de mobiliser et faire sortir les gens de chez eux.

En résumé, même si quelques défections de dernier moment seront a déplorer, ça aura été une journée pleine et une manifestation réussie, grâce à la mobilisation forte des habitants, associations et la bonne volonté des bénévoles, tant toulousains que nîmois.

J’aurai appris qu’un litre d’air pèse 1,3 gramme, me serai essayé avec la Scratch Academy, plutôt correctement, à « scratcher » sur une platine vinyle, goûté acras et boissons gingembrées de « Couleurs des Iles », fait tirer le portrait par Cécile Plantin avec « Patricia « Oz » Martinez, avant que de repartir au quartier Clos d’Orville, où l’association Nouvel Horizon donnait une animation pour les petits dans le parc.
La journée devait néanmoins se prolonger jusqu’à près de 20h, avec des jeux-concours pour les enfants avec en prime de petits cadeaux, et une prestation de Taoufik Beladel, président de PSN30 et chanteur de RaÏ à ses heures, entouré des femmes algériennes venues du Mas de Mingue et des comoriennes du quartier. Dj Soso, de Pissevin, clôtura la soirée par un set musical aux accents variés.

À moyen terme, il est envisagé que PSN30 vienne à son tour rencontrer et échanger avec les toulousains et à court terme, il est prévu que la prochaine édition se transportera en centre-ville, probablement sur l’Esplanade. Et Monsieur Richard Tibérino a d’ores et déjà, officieusement, donné son aval.

Diaporama Toucouleurs

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