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FabLab IUT_Imprimantes 3D
Espace EERIE
Olivier Loynet, Rajaä Nouali, Clément Bonet, Lucas Linares
FabLab de Nîmes, groupe action sociale et insertion au travail
FabLab IUT.Imprimante 3D au travail
FabLab IUT. Impression

Les Fablab ont le vent en poupe

Un Fablab (laboratoire de fabrication) est un ensemble d’activités de formation, de production et d’échange autour des machines numériques industrielles ou des imprimantes 3D.

Comme tout ce qui tourne autour du numérique, l’impression 3D, apparue confidentiellement voilà plus de vingt ans, est loin d’être un gadget. Ce nouvel outil va impacter considérablement nos habitudes, puisque l’on construit aujourd’hui des maisons ou des véhicules à partir d’imprimantes sophistiquées : c’est encore marginal, mais on peut parier que très vite un fournisseur de pièces automobiles ou d’électroménager imprimera lui même ses produits sans attendre d’être livré. Un fabricant français a mis récemment sur le marché une imprimante 3D destinée à imprimer des imprimantes 3D !
Nîmes n’échappe pas à ce phénomène : un projet d’envergure va voir le jour, d’autres plus modestes émergent.

Le projet le plus avancé à ce jour est celui porté par l’association « Les incroyables possibles », qui regroupe une agence de design, les associations Etrange ordinaire et les Petits débrouillards, le développeur web Olivier Loynet et Rajaâ Nouali, une spécialiste en développement de projets de territoire : celle-ci n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’elle a participé au lancement d’un Fablab à Puebla, au Mexique. Ce projet est suffisamment crédible pour s’attirer la bienveillance active de nombreux partenaires, comme Nîmes Métropole, Innov’up, Unîmes, l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Nîmes, Gard digital, Paloma, le centre de formation Créajeux, les entreprises Symétrie, Phytocontrol, Roche, Apelem, etc. En tout ce sont cinquante partenaires qui suivent son évolution. La Région Occitanie, qui a lancé un appel à projet dans le domaine du numérique ne l’a pas officiellement retenu, mais son engagement semble acquis. Au point que 400 m2 de surface sont en cours d’aménagement au rez-de-chaussée de l’EERIE, sur le parc d’activités Georges Besse, qui vont accueillir plusieurs imprimantes 3D de différentes capacités. Elles vont voisiner avec des ateliers de découpe bois, métal et plastique, une imprimante tissus, une découpeuse numérique, une découpeuse laser et d’autres outils de production. Un Fablab n’est pas destiné à produire de façon commerciale, c’est un lieu d’apprentissage, d’expérimentation et d’échange, comme l’explique Rajaâ Nouali : « l’appellation Fablab n’est pas une simple dénomination, c’est un label qui répond à des critères précis. Nous devons être ouverts à tous les publics, dans le but d’apprendre à maîtriser les logiciels numériques 3D et d’autres outils, avant de passer à la production sur les imprimantes 3D, et échanger avec d’autres participants ou intervenants. C’est le respect de cette démarche qui permet d’obtenir ce label, dont le concept a été établi par Neil Gershenfeld, enseignant au MIT (Massachusetts Institute of Technology), en 1990. Un des cours les plus fameux dispensés en la matière au MIT s’intitule « comment fabriquer quelque chose qui fabriquera presque n’importe quoi ». Les Fablab reconnus en tant que tels sont intégrés dans un réseau mondial. Nous sommes en relation étroite avec celui de Puebla, au Mexique, parce que j’ai participé à sa création ».
Le Fablab nîmois devrait être pleinement opérationnel au premier trimestre 2019.
La réunion de lancement du projet a eu lieu le 30 mai dernier, dans les locaux de l’EERIE.
Cette première réunion public avait pour but de rassembler, autour de10 ateliers collaboratifs ( Création artistique, biotech, création textile, développement, modèle économique, action sociale et insertion,…), tous les acteurs intéressés (il était plus de 150) à co-construire ensemble le projet.
Tout un chacun pourra, à tout moment, intégrer les groupes et permettre à ces différents groupes de se renforcer, s’étendre. Nîmes-Métropole à mis à disposition des locaux et s’occupera de leur rénovation. La région Occitanie devrait financer l’achat des machines.

Un autre projet conséquent, porté par la médiathèque de Carré d’art est lui aussi en gestation, qui se situera sur le quartier du Mas de Mingue, en lien avec la médiathèque Jean Paulhan et la future Cité scolaire. Nous y reviendrons dès qu’il se précisera.

Plus modestement, l’association Negpos a accueilli grâce à la fondation Orange une petite imprimante avec un poste informatique dédié, eu égard à la puissance de calcul nécessaire pour faire tourner les modélisations avant impression. Gauthier Quercia, qui est en charge de la maintenance du matériel, a accueilli avec Valérie Payet, la médiatrice socioculturelle en poste à Valdegour, quelques jeunes du quartier pour leur présenter cette nouvelle activité : « c’est un peu frustrant pour eux, car une fois le programme lancé, il n’y a rien à voir à part l’impression elle-même, qui est relativement lente. Nous allons acquérir un casque de vision virtuelle en trois dimensions pour mieux les immerger dans la modélisation numérique». Negpos, qui a baptisé son local de Valdegour « Fablab » bien avant d’être équipée, espère voir se concrétiser un projet bien plus ambitieux, du même type que celui des « Incroyables possibles ».

Loin de viser cette envergure, Unîmes possède une imprimante 3D au sein de son atelier maquettes, et l’école privée ISDD vient d’en acquérir une elle aussi, afin de permettre à ses élèves de visualiser leurs projets, notamment dans le domaine du design.
Mais il faut souligner qu’en la matière c’est l’IUT de Nîmes qui a été précurseur puisqu’il possède depuis plusieurs années une grosse imprimante 3D, destinée à imprimer des prototypes pour des industriels avant fabrication en série. Aujourd’hui ce sont deux grosses machines qui sont en fonction, et cinq petites, dont quatre sont à disposition des élèves. Selon Marc Villetard, enseignant en Génie mécanique et productique, ces machines ne sont qu’un atout supplémentaire pour les élèves, dont il faut se méfier : “ on peut modéliser et imprimer des pièces qui sont en fait impossible à reproduire de façon industrielle. Nous invitons nos élèves à bien garder en tête les règles de production pour ne pas se laisser enivrer par les facilités offertes par ces machines. Nous avons un temps envisagé d’ouvrir un fablab mais les contraintes d’ouverture au grand public nous ont fait abandonner ce projet, mais nous suivons ce qui se passe à l’EERIE.“ Son atelier abrite aussi une imprimante à frittage laser de poudre polymère, et une en stéréographie, qui imprime à partir de poudre polymère photosensible au laser : ces deux procédés permettent d’imprimer des produits souples comme du caoutchouc.

Il faudra attendre encore un certain temps avant de voir émerger un makerspace, c’est à dire un atelier commercial d’impression numérique 3D, signe d’une nouvelle révolution industrielle. On estime que 40% des objets manufacturés aujourd’hui pourraient être imprimés sur leur lieu d’exploitation, éliminant les problèmes de stockage, de conditionnement et de transport : la révolution numérique n’a pas fini de faire des vagues!

Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

1 Comment

  1. […] à l’espace EERIE, lors d’une réunion publique, leur projet de Fablab. (lire : http://www.ekodesquartiers.net/2018/06/19/les-fablab-ont-le-vent-en-poupe/). Pour l’occasion 10 groupes de travail s’étaient constitués. Ils nous restituent le […]

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