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Khadija, étudiante organisatrice entourée de Jean-Louis Debré et de Jean-Marie Roughol, avec Didier Villa, directeur de l'IFME et des étudiantes

MM Debré et Roughol
J-M Roughol et J-L Debré
Un étudiant de l'IFME échange avec Jean-Marie Roughol

Rencontres autour d’un livre
ou q
uand un ex-SDF et un ancien président du Conseil constitutionnel rencontrent de futurs travailleurs sociaux.

Au départ, c’est tout simple : Khadija, qui est étudiante en 2e année d’assistant·e social·e à l’IFME (Institut de Formation aux Métiers Éducatifs de Nîmes) lit et adore Je tape la manche: Une vie dans la rue, livre de Jean-Marie Roughol cosigné par Jean-Louis Debré, aux éditions Calmann-Lévy.

Ensuite, c’est simple, aussi : il y a la demande de son école, pour chaque promotion, d’organiser de A à Z une rencontre avec un auteur ou un réalisateur, dans le domaine sanitaire ou social, bien sûr.
Alors Khadija envoie simplement un mail à l’éditeur qui la met en contact avec Jean-Marie Roughol. L’auteur est d’accord sur le principe d’une rencontre à Nîmes avec une classe de futurs travailleurs sociaux mais il se dit un peu trop timide, il aimerait que Jean-Louis Debré soit avec lui comme d’habitude sur les plateaux de télévision ou les studios de radio, depuis que le livre est sorti et a conquis de très nombreux lecteurs, en France et à l’étranger. Il donne à Khadija le numéro de téléphone de l’ancien juge d’instruction, ancien président du Conseil constitutionnel, ancien ministre, fils de Michel Debré, premier Ministre du Général de Gaulle, père de la constitution de la Ve République… Et Khadija l’appelle, simplement…

Et c’est ainsi que Jean-Marie Roughol et Jean-Louis Debré sont venus à Nîmes, en toute simplicité, lundi 4 juin, partager un repas puis échanger avec une classe d’étudiant·es de l’IFME autour du livre Je tape la manche.
Les deux hommes, d’univers radicalement éloignés au départ se connaissent depuis longtemps, plus de six ans précise Jean-Louis Debré, et Jean-Marie Roughol ajoute qu’il a mis plus de deux ans avant de donner à celui qui l’a convaincu d’écrire son parcours le premier cahier de ce qui allait devenir le bestseller qu’on connaît.

Jean-Louis Debré se défend pourtant d’être le co-auteur du livre. C’est lui, insiste-t-il, c’est Jean-Marie Roughol, c’est sa vie, son destin, son parcours, 20 ans de rue, de galères, de misère, la fatigue, l’usure, la violence… et puis il y a eu le déclic que le livre a provoqué, un vrai catalyseur à partir de quoi Jean-Marie s’est reconstruit, a pris une autre route, trouvé un logement… Oui, et au début, avoue Jean-Marie Roughol, c’était difficile de se retrouver seul entre quatre murs, confortablement installé grâce aux droits d’auteur alors que les copains étaient dehors, dans la galère. Alors il a ouvert sa porte comme d’autres lui avaient tendu la main. Aujourd’hui il est très investi dans l’association Entourage qui agit avec des personnes comme lui qui ont connu la rue, pour aider les SDF à retisser du lien, à connecter les habitants et les associations d’un même quartier, pour plus de solidarité. C’est d’ailleurs le message qu’il délivre aux élèves de l’IFME : quand vous voyez quelqu’un dans la rue, allez lui parler ! si les SDF ont besoin de manger, ils ont avant tout ont besoin de parler. 

Le succès d’édition, la célébrité ne lui ont pas tourné la tête. Bien sûr, il y a eu les traductions, coréen, chinois, espagnol, tchèque, et les journalistes étrangers, Chinois, Japonais, la BBC, les salons, les plateaux, les studios, tout cela qui s’enchaînait, comme dans un rêve. Mais il n’a jamais oublié d’où il venait !
Jean-Louis Debré, de son côté, n’a pas seulement donné, donné du temps, donné des conseils, des encouragements : il a beaucoup reçu aussi. Il a tout appris, confie-t-il, il est entré dans un milieu qu’il ne connaissait pas, a ouvert les yeux sur cette réalité qui peut toucher n’importe qui, n’importe quand, à la suite d’un revers, d’un accident de vie. Que chacun, à son niveau, avec ses moyens, fasse quelque chose, donner un regard, une poignée de main, de l’affection voire de l’amitié pour aider l’autre à sortir de cette grande misère qu’est la solitude.

Et demain ? Demain, c’est la suite, simplement, un autre livre qui est en écriture et dont le titre provisoire est Je suis sorti de la rue… Il est à parier qu’au moins ici ce livre aura beaucoup de lecteurs !

Dans l’amphithéâtre de l’IFME deux heures durant, deux hommes complices, enjoués, captivants ont avec humour, profondeur, gravité, légèreté et surtout simplicité répondu à toutes les questions d’un public estudiantin tout surpris d’être en face de deux personnages que rien n’aurait « normalement » dû réunir, si ce n’est la vie comme elle est. Simplement.

Vidéos à regarder : https://www.dailymotion.com/video/x394akx

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