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Des graphs qui rénovent Brooklyn

Tour à tour quartier populaire, chic et littéraire, terre d’élection d’une pléiade de stars du rock’n roll, du rap ou du cinéma, mais aussi pauvre et mal famé, le quartier newyorkais de Brooklyn, immense par sa superficie, est en passe d’être reconquis peu à peu.

New York étant devenue plus sûre ces dernières années, la délinquance s’était déplacée ailleurs, en particulier dans la zone du nord de Brooklyn et du sud du Queens. Si le sud du quartier est resté très bourgeois, plus récemment c’est la partie est, proche du pont de Brooklyn qui a été rénovée, devenant la nouvelle patrie des bobos : les entreprises d’abord, ont débordé de Manhattan, entraînant dans leur sillage hauts salaires, artistes et lieux branchés. Aujourd’hui c’est par les grapheurs que la ville de New York tente de revitaliser le nord du quartier, notamment autour de la station de métro Jefferson, sur la ligne L, qui traverse le quartier, directement depuis Midtown Manhattan. Une zone qui comprend des petits entrepôts plus ou moins désaffectés, des habitations à deux ou trois étages, dont les rues sont sillonnées par un flot permanent de grosses cylindrées Chevrolet ou Ford aux vitres fumées, signe ostentatoire de pouvoir qui confirme que de gros dealers traînent dans le secteur.

Les grapheurs sont chargés de redonner du lustre à ces rues sans âme, attirant des bars et des petits restaurants branchés aux allures de guinguettes, une école de musiques actuelles, un brocanteur, un petit marché d’artisanat et de fripes, etc. Certains grapheurs sont financés par la municipalité, et bénéficient de moyens techniques adaptés aux réalisations sur de grandes surfaces, d’autres font leurs premières armes dans l’ombre avec peu de moyens, ou pas de moyens du tout, voire affichent leurs convictions sur de grandes affiches.

Si les dealers tournent toujours sur le quartier, où la police est peu présente, contrairement au sud de Brooklyn ou dans tout Manhattan, les alentours de Jefferson prennent des couleurs et une nouvelle vie s’y installe, au risque de voir des habitants jeunes et branchés déloger les marginaux déclassés et les gros trafiquants repoussés un peu plus loin, comme dans toutes les villes, finalement…. Cela ne doit pas nous empêcher de profiter du spectacle !

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Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

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