« La Rue Aux Enfants » en video
16 avril 2018

Réunion marches exploratoires

Laurent Burgoa
Une des résidences du quartier
L'emblématique Nemausus
Le carrefour Salvador Allende
Cap cinéma

Le quartier Route d’Arles, à pieds

Le 30 mars dernier, c’est dans la maison de quartier Route d’Arles qu’a eu lieu la restitution des marches exploratoires menées par une dizaine de femmes sur ce quartier. L’occasion de le mettre en lumière.

Le quartier est difficilement identifiable car il se prolonge le long de l’avenue Maréchal Leclerc jusqu‘au delà du périphérique. On en connaît le Nemausus, célèbre ensemble de deux bâtiments construits par Jean Nouvel, le quartier pavillonnaire Beausoleil, un peu moins les résidences comme les Jonquilles ou le Stella. Le groupe de femmes a sillonné ce territoire afin d’en déceler les écueils et les zones d’insécurité.

Sans rentrer dans les détails, la restitution de cette exploration a dévoilé plusieurs problèmes, liés notamment au fait que la population du quartier compte 48% de jeunes de moins de 25 ans, dont plus de la moitié n’a pas de diplômes. On a dénoncé des problèmes de saleté, de cambriolages, de délabrement de certains secteurs, de chats errants, de dépôts sauvages de gravats rue de Rivoli près du Vistre. Et aussi des problèmes de sécurité pour traverser la carrefour Salvador Allende sur le périphérique : il y a bien une passerelle qui enjambe le boulevard, mais elle est un peu branlante et difficile d’accès avec des poussettes par exemple. On note aussi que le quartier n’est pas très bien desservi par les transports en commun, surtout sur les lignes 8 et 9, les 3,4 et 12 étant mieux cadencées.

Les personnes présentes lors de cette restitution souhaitent donc une meilleure desserte des transports en commun, des efforts sur la propreté et l’entretien des espaces verts et des aménagements publics, et l’amélioration de la coulée verte le long du Vistre, ainsi qu’une sécurisation de la traversée du périphérique.

La Ville, à l’écoute

Laurent Burgoa, adjoint au maire délégué à la rénovation urbaine, au contrat de ville et au logement social, a rejoint la réunion en fin de matinée pour apporter des précisions sur les projets de la Ville sur ce quartier patchwork.

Il a tout d’abord souligné l’impossibilité pour les services municipaux d’intervenir pour améliorer la propreté dans les copropriétés qui sont des espaces privés. Il a annoncé le début des travaux en 2019 pour aménager enfin un rond point sur le carrefour Salvador Allende. Côté coulée verte, une DPU (déclaration d’utilité publique) concernant le Mas Pichon et l’aménagement de la voie urbaine Sud vers la route de Beaucaire sera prochainement mise en œuvre. Enfin un city stade sera implanté aux Jonquilles. A plus long terme devrait émerger un projet qui prendra place sur l’espace Bigot, dont le gymnase, abandonné, en piteux état, est un espace d’insécurité.

Les participants à cette réunion ont déclaré avoir apprécié l’arrivée du Cap Cinéma, qui sécurise ce secteur et donne une bonne image du quartier. Ils se sont engagés à suivre les projets annoncés afin de prolonger cette première action. C’est dans cet état d’esprit qu’a été organisé une journée de nettoyage avec les enfants du quartier, le 13 avril, afin de sensibiliser au tri sélectif et à la propreté, un message que les jeunes devraient répercuter auprès de leurs parents !

La gestion des copropriétés, un combat quotidien

Bien connu dans le quartier, Jean-Marie Ivars est président du conseil syndical de la copropriété Stella, formateur en self défense. C’est lui qui a initié les cours d’alphabétisation sur le quartier, et il est aussi référent sécurité pour la Police nationale. Tout cela lui confère une certaine autorité, qui lui permet de « tenir » plutôt bien sa résidence. « Je suis l’intermédiaire entre les habitants et le syndic, qui ne peut pas être présent en permanence. Il y a chez nous 264 appartements, les gens se laissent aller parfois à des incivilités qu’il faut gérer : poubelles jetées par la fenêtre, parkings qui servent d’atelier automobile, vitesse excessive dans la résidence, il faut gérer tout cela. Sans compter avec les gens qui viennent d’ailleurs remplir nos conteneurs avec leurs déchets, l’entretien et le respect des espaces verts. Il faut aussi convaincre les propriétaires que des investissements réguliers permettent de lisser leurs charges, plutôt que laisser pourrir des situations qui vont entraîner de plus lourdes dépenses plus tard. Nous avons par exemple placé des paraboles collectives sur le toit des immeubles, pour éviter d’enlaidir les façades avec une multitude d’individuelles. Je suis devenu un peu trop incontournable, mais il faut bien que quelqu’un préserve l’intérêt collectif. Les gens m’interpellent quelquefois pour des problèmes qu’ils doivent régler eux-mêmes, comme un évier bouché, ou ce genre de chose : le syndic n’a pas la charge de gérer tous les problèmes ! ». Jean-Marie Ivars regrette un manque de communication entre les associations du quartier : « j’ai pris un peu de recul à cause de cela, j’incite les associations à se croiser à Bienvenue à bord ou à la Maison de quartier, nous avons besoin de cohésion si nous voulons maintenir une bonne ambiance dans le quartier ».

Claude Corbier

Auteur


Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

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