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La Lettre de Pissevin n°62/Avril 2018
11 avril 2018
Stone Free, son blog sur les Stones

Doc Fofo chante, « As the years go passing by »

Doc Fofo, complètement Stones

Il y a un peu plus d’un an L’Eko des Quartiers avait rencontré Alain Merle grand connaisseur de Georges Brassens (voir ici).
Un autre spécialiste vit aussi dans le quartier, un spécialiste
es Rolling Stones, Jean-Pierre Forestier, alias Doc Fofo, ancien batteur du groupe Route 66 et bluesman dans l’âme.

Stones à tous les étages
Dans sa maison, bien rangés, bien classés dans les niches de plusieurs bibliothèques, des livres sur les Rolling Stones, certains dédicacés, des disques, des vinyles, des
cd, des dvd. Au sol, sur des supports, un banjo, des guitares, sèche, électroacoustique, à résonateur comme la magnifique National Style O de l’album Brother In Arms de Dire Straits en 1985.

À l’étage, il a transformé une pièce en véritable local de répétition et on y trouve tout ce qu’il faut : amplis, sonos, branchements, orgue électronique, batterie, micros, des guitares électriques, accordées pour certaines en « open » comme les guitares de Keith Richards, qui s’était lui-même inspiré, dit Fofo, de Muddy Waters, guitariste, chanteur et figure historique du Chicago blues. D’ailleurs, le nom des Rolling Stones vient précisément d’une chanson de Muddy Waters de 1950, Rolling Stones, qui a inspiré Brian Jones pour donner son nom au groupe.

Les guitares de Fofo portent chacune un prénom, comme la fameuse Lucille de B.B. King : Chouchou, Lena, Nelly, Roselyne, Susette, Karol (cette dernière en acrylique), c’est plus simple pour en changer en fonction de la « setlist », la liste des morceaux à jouer…

Chut, ce sont des chutes !
Fofo a tout, absolument tout sur les Stones, les disques les
dvd des concerts, et surtout les outakes, ou bootleg recordings, c’est-à-dire les enregistrements pirates, les chutes non utilisées dans les versions finales… chut ! ce sont des chutes… pour les initiés, les fans qui en réseau s’échangent ces collectors qui permettent surtout de mieux comprendre le travail, les inspirations, les tâtonnements des musiciens, comme les repentirs recouverts sur la toile du peintre.

Wop bop a loo bop a lop bam boom
Cette passion pour les Rolling Stones remonte à leurs débuts ! Mais il aimait déjà le blues, le rock, et après tout, les Stones n’ont fait à cette époque que puiser à cette même source américaine. Lui, c’est Tutti Frutti de Little Richard, avec ce refrain que tout le monde connaît,
Wop bop a loo bop a lop bam boom qui lui est tombé dessus un jour. Depuis, toute la musique qu’il aime, elle vient de là…

Route 66
Fofo a voulu être musicien professionnel. Il joue de la batterie, de la guitare, de l’harmonica, il chante aussi. Mais il était mineur et à l’époque, son père l’a contraint à apprendre un « vrai métier ». Alors il est devenu conducteur de trains et ses weekends sur les rails l’ont éloigné de cette voie.

Il a quand même joué dans plusieurs groupes locaux, dans les années 60. Avec Witness par exemple, dont il a encore une affiche sur un mur. Il s’est produit un peu partout, au cinéma Le Sicilia par exemple… qui est aujourd’hui un théâtre du quartier : Le Périscope.

Avec Route 66, lui et ses copains dont certains ne sont plus de ce monde ont sillonné la région dans les années 80 et ont fait même des « galas » avec Jean-Jacques Goldman, Philippe Lavil, Martine Clémenceau…

Il a aussi joué dans la prison de Nîmes, devenue la Fac Vauban et lorsqu’un ancien taulard l’a reconnu à Marseille, dans un bistrot du Vieux-Port, il a eu du mal à convaincre un collègue contrôleur dubitatif qu’il n’avait pas fait de prison, non, mais qu’il avait joué en prison, nuance !

Stoneage et Stonefree
Aujourd’hui Fofo joue toujours avec ses copains, pour le plaisir. L’envie est intacte, non de se produire mais de faire de la musique.
Il tient aussi deux blogs, ce qui l’occupe pas mal.
Le premier, c’est Stonefree, sur les Rollings Stones principalement, leur actualité, les setlists des concerts, des vidéos, des photos… Il l’a commencé il y a douze ans maintenant et c’est une référence, une source d’informations qui lui vaut des demandes d’interviews, des conseils pour des précisions, des corrections, des échanges avec d’autres spécialistes des Rolling Stones qui sont devenus ses « potes » comme il dit : Philippe Puicouyoul, vidéaste au Centre Georges-Pompidou à Paris, qui a réalisé, écrit ou produit sur les Stones, Philippe Manœuvre, Alain Digue, David Tillier

Son autre blog s’appelle Stonage, plus généraliste, plus local. Vous y trouverez toutes les informations sur les événements musicaux passés et à venir dans la région. Une mine aussi, qu’il tient régulièrement depuis onze ans !

Les Stones ? Trop cher maintenant !
Fofo a vu plusieurs fois les Stones sur scène. Il est fan mais quand même pas naïf. Leur meilleur concert, pour lui, c’était en 1970 à Lyon, avec en première partie Buddy Guy et Junior Wells.
À Nice en 76 il les a trouvés minables, ils jouaient faux, même !
Il n’ira pas à Marseille le 26 juin au stade Vélodrome, trop cher ! Il donne les infos sur son blog, les liens pour les réservations, mais quand même… Les voir de loin pour 160 euros, de plus près pour 250, non, faut pas charrier !

Les a-t-il a connus personnellement ? Non, Il les a croisés, sans jamais entrer en contact. Charlie Watts a habité à Thoiras, dans le Gard, il l’a vu sans vouloir le déranger, il n’aime pas ça. Mais il a connu personnellement un ancien Rolling Stones : Dick Taylor, premier bassiste qu’a ensuite remplacé Bill Wyman et qui a fondé avec Phil May les Pretty Things.

Un dernier blues, pour la route…
On l’a compris, Fofo est une mine d’informations sur les Rolling Stones et, plus généralement du blues ou du rock depuis les origines. Avant de le quitter, et comme une de ses guitares traîne dans l’entrée, il accepte, comme ça, de chanter sans s’y être préparé un vieux blues de Fenton Robinson,
As the years go passing by.

Alors, merci, Doc Fofo, pour ce moment, pour tous les souvenirs évoqués. Si les Rolling Stones sont aujourd’hui pour certains des octogénaires — eh oui ! —, leur musique vieillit bien, elle inspire avec bonheur des artistes plus jeunes qui sans vraiment le savoir transmettent encore l’écho déchirant des plaintes de ces ouvriers, de ces esclaves noirs des bords du Mississipi, douleurs magnifiées par cette musique que d’autres fleuves et d’autres mers ont propagée un peu partout sur notre terre.

Doc Fofo chante en live pour l’Eko des Quartiers

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