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Accueil 23 rue de Beaucaire
Franck Martin, coordinnateur des actions médico-sociales

ARAP-RUBIS, aides et soutiens, VIH et prostitution

Le 9 mars, lors de leur journée portes-ouvertes, à l’adresse des professionnels, l’association Arap-Rubis, présentait l’ensemble de leurs actions, et celles plus particulières du «parcours de sortie de la prostitution », et celle de « lutte contre l’exclusion : migration et prostitution », expliquait leurs méthodes d’interventions devant la trentaine de personnes, stagiaires, représentants des associations, du Conseil départemental, de la Ville de Nîmes, de la Croix-Rouge présente…

Actions et moyens
L’association est née d’un groupe de bénévole de l’association AIDES qui faisait de la prévention VIH et du soutien aux personnes séropositives et polytoxicomanes.
Créée en 1996, Arap-Rubis, association de santé communautaire et apolitique en milieu prostitutionnel, répond aux besoins de santé et sociaux plus globaux et spécifiques des communautés lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, prostitués hommes et femmes.

Constitué dune équipe de 7 salariés, 5 vacataires et 18 bénévoles actifs et d’une quarantaine d’adhérents, l’action de l’association se divise en 4 pôles.
Le pôle VIH Santé, le pôle social pour l’accès aux droits sociaux, le pôle insertion et le pôle intégration pour les personnes étrangères. Ces dispositifs on été mis en place au fur et à mesure de l’évolution de la communauté à d’autres populations, comme les personnes subissant la traite des êtres humains.

Seule structure du département d’aide aux prostituées ou celles qui ont arrêté, l’association dispose d’un lieu d’accueil spécifique où elles sont écoutées et orientées, selon leurs besoins, vers d’autres permanences.
Des permanences qui répondent à leurs demandes de soutien à la parentalité, de santé, d’insertion…
C’est un lieu d’accueil qui permet aux personnes de libérer leur parole, où ils peuvent trouver du soutien et de la protection pour sortir de leurs dépendances ou des situations de violence, d’exploitation de leur corps qu’ils subissent.
Elle intervient aussi, avec un camping-car médico-social, dans la rue, sur les lieux de prostitution à Nîmes et alentours, 4 fois par semaine, à la rencontre des filles pour les informer de nos actions et leur distribuer des préservatifs.
Mais à côté d’une prostitution de rue, on trouve aussi celle sur internet. Deux intervenants de l’association sont en charge de contacter et renseigner ces prostituées 2.0.
L’association dispose de 3 appartements d’urgence qui hébergent les personnes en demande d’insertion, d’un temps de répit, d’un logement… Ces logements sont mis à disposition par le SIAO (Service Intégré de l’Accueil et de l’Orientation), géré par la Croix-Rouge.
Depuis janvier 2017 l’association a l’agrément pour réaliser des TROD
(Test Rapide d’Orientation Diagnostique) VIH et VHC (Hépatite) à partir d’une goutte de sang, méthode plus simple et pratique que par celle du prélèvement sanguin.
Enfin, Arap-Rubis forme les professionnels du domaine médico-social à une meilleur connaissance des questions liés à la migration et la prostitution.

Parcours de sortie de la prostitution
La loi du 13 avril
2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées propose dans son corps un « parcours de sortie de la prostitution ». Cette loi qui mettait fin à 76 ans de répression à l’encontre des personnes prostituées en abrogeant le délit de racolage, offre de nouvelles perspectives pour la prévention, la réinsertion et l’accompagnement.

Par contre, elle pénalise aujourd’hui le clients, considérant qu’en donnant de l’argent, ils le donnent aux proxénètes et participent eux aussi au trafic d’êtres humains en conséquence de quoi, on s’est aperçu d’un fort déplacement de la prostitution via les petites annonces et internet, « pour se cacher et éviter que le client ne tombe sous le coup de la loi. Mais par là-même, elles se retrouvent plus exposées aux proxénètes et aux risques sanitaires ,… ».
« La difficulté que nous rencontrons avec les victimes de traite d’êtres humains, c’est qu’elles culpabilisent de s’être faites avoir, d’avoir été trahies et ne se considèrent pas comme victimes. C’est notre rôle de leurs expliquer leurs droits », nous dira Franck Martin, coordinnateur des actions médico-sociales de l’association.

Pour les personnes qui veulent sortir de la prostitution, la loi prévoit un dispositif ,« Le parcours de sortie de la prostitution ».
Arap-Rubis est agréée, depuis novembre 2017, pour présenter à la commission préfectorale les dossiers des filles voulant sortir de la prostitution. Ce dispositif d’une durée de 2 ans, qui s’adresse à des publics plutôt jeunes, sans ressources et sans papiers, leurs permet de bénéficier d’une allocation spécifique (AFIS), d’un suivi social, d’un titre de séjour provisoire de 6 mois, l’accès à une formation qualifiantes ou un travail.

Action Migration et Prostitution
Dans la rue, 77% de prostituées sont d’origines étrangères, contre moins de 40% sur internet.
Selon la provenance des filles, on peut dire qu’il y a un lien entre pays d’origine, prostitution, exploitation et trafic d’êtres humains.
La majorité d’entre-elles viennent des pays d’Amérique latine, d’Afrique Centrale et de l’Ouest, d’Europe Centrale et de l’Est. Selon les pays les motivations des filles et les filières et les méthodes de soumission des filles sont différentes.

Les filles candidates au départ fuient une situation économique précaire, une situation politique dégradée et par la pression familiale, comme au Nigéria, ou par abus de confiance, tromperie sur la nature du travail, menaces et violences se retrouvent aux mains de réseaux maffieux, comme souvent pour les filles de l’est.
Si cette situation est du ressort des autorités du pays d’origine, il est difficile de la tarir face à des administrations désorganisées en proie à une corruption presque institutionnalisé.
Pour prendre l’exemple du Nigéria, on sait que 90%, des prostituées viennent de Bénin City, poussées souvent par leurs familles et sous la coupe de « mamas », dont elles sont redevables des sommes engagées pour leurs venues, mais la France n’a pas la possibilité de s’ingérer dans le fonctionnement du pays.
« Nous devons faire connaître nos actions auprès de cette communauté qui est dans la rue ou sur internet. Nous suivons actuellement près de 400 personnes qui sont autant de relais de transmission de l’information », conclura Franck Martin.

Quelques chiffres
À Nîmes, 77% des prostituées de rue sont d’origines étrangères et plus 60% sur internet sont françaises ou intra-communautaires.
80 personnes sortent chaque année de la prostitution et de leur file active (les personnes suivies) mais autant y rentrent.
Sur le local et le camping-car, la file active est de 382 personnes et sur internet, elle est de 426 personnes suivies.
Sur le lieu d’accueil enfants-parents « Mes Anges », au 8 rue de Beaucaire, ouvert à tous, 246 familles sont inscrites.

Évènements de l’association à venir
Dans le cadre du Sidaction, le 23 mars l’association proposera toute la journée, au CHU Caremeau et le 24 mars dans la galerie du centre commercial Cap Costière, musiques et danses dans le but de récolter des fonds pour la lutte contre le VIH.

ARAP_Rubis
23, rue de Beaucaire – 30000 Nîmes – France
Téléphones : 33+(0)9 53 34 92 46 – e-mail : integration.rubis[@]gmail.com

Permanences : 8, rue de Beaucaire – 30000 Nîmes – France

lundi et vendredi de 9 h à 12 h  et de 13 h à 18 h et sur rendez vous.

Site : http://arap-rubis.org/objectifs.html
http://integration-rubis.fr/actions.html

Lire aussi le dossier « Prostitution : Une révolution française » de Claudine Legardinier

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