Dernières neiges à Nîmes
2 mars 2018
Les artistes au Resto Dynamo
7 mars 2018

Franck Médina, Claire Monfredi, Charlotte Tutard, Gerald Forel

Présentation au Spot
1 Krôkô, recto-verso
3 et 5 Krôkôs
Liste des premiers prestataires
Les "Vrais monnayeurs de Nîmes et alentours"

Krôkô, la nouvelle monnaie nîmoise

Une monnaie locale va être créée pour Nîmes et ses alentours. Imprimé sur du papier kraft (ce qui permet un haut niveau de sécurité car infalsifiable), issu de recyclage, il est composé de deux faces avec un rendu mat pour l’une et brillant pour l’autre et pour valeur nominale 1, 3 et 5 Krôkôs. Leurs représentations adopteront la thématique de la flore des garrigues, l’énergie et le recyclage. Sur le verso, sera imprimé un nuage de mots axés autour de la transition sociale et écologique. À terme viendront s’ajouter des billets de 10 et 20 Krôkôs.
La date officielle de lancement a été arrêtée, ça sera le 24 mars.

C’est l’association « Des vrais monnayeurs de Nîmes et Alentours » qui porte ce projet depuis plus de 2 ans. Rien à voir avec les SEL (Systèmes d’Échanges Locaux) et ce n’est ni une crypto monnaie, type « Bitcoin », basé sur des échanges informatisés et virtuelle, le Krôkô est une vraie monnaie!

En France, il existe environ une quarantaine de monnaies locales. Près de nous, il y a « le Flamand » à Aigues-Mortes et la « Roue », d’Avignon ou d’Aix-en-Provence et plus récemment à Arles.

Délimitée à Nîmes et ses environs, la nouvelle monnaie veut reconnecter l’économie locale à sa population et  permettre à celle-ci de se réapproprier l’outil monétaire.
« Avec le Krôkô, on évite 3 choses. La fuite des capitaux, puisqu’il ne peut-être utilisé que dans un territoire restreint du fait de ses utilisateurs et de ses prestataires. On évite la spéculation et l’accumulation puisqu’elle est destinée à circuler, sinon elle meure! », nous dira Franck Médina, l’un des membres porteurs du projet.

Le Krôkô, comment ça marche?
Au lancement, il sera édité pour une valeur de 20000€, volume des transactions estimées. «  On est parti sur une base de 200 adhérents et une moyenne de 70€ d’échanges par personne ».

Le processus de création de cette monnaie repose sur le dépôt en garantie d’une somme, en euros sur un compte bloqué en banque, équivalente au montant des nouveaux billets émis et validé.
Pour qu’un billet imprimé soit validé et entre dans le circuit d’échanges, il faut qu’il ait été frappé d’un tampon à sec, sorte de sceau qui l’authentifie.
Le Krôkô n’est pas une monnaie parallèle, échappant à tous contrôle. C’est le cadre de la loi du 31 juillet 2014, relative à l’économie sociale et solidaire, qui définie les règles de participation à ces échanges.
Une charte à été émise qui invite de façon inclusive les prestataires, commerçants et entrepreneurs à respecter les valeurs éco-responsables et s’inscrire dans une démarche de transition écologique et sociale, respectueuse de l’homme et son environnement.
Ils sont déjà plus d’une trentaine.
Le « conso-acteurs » qui voudrait s’engager devra adhérer à l’association et se procurer des Krôkôs auprès d’elle.
« Quand il y aura un prestataire qui accumulera beaucoup de Krôkôs, il pourra être guichet de change ».
Seul le prestataire pourra échanger des Krôkôs en Euros. Les adhérents, en théorie ne pourront se voir rendre la monnaie mais pourra donner l’appoint en Euros ou Cents.

En outre, l’association « Des vrais monnayeurs de Nîmes et Alentours », est affilié au réseau MLCC (Monnaie Locale Complémentaire et Citoyenne), qui chapeaute plusieurs monnaies locales en France et prodigue des conseils juridiques et s’est signalée auprès de la Banque de France et de la Commission de Régulation de la Monnaie.

Une monnaie citoyenne
Quand le volume des transactions et la masse monétaire auront significativement augmenté, le fonds de garantie pourra servir à financer des associations, des projets locaux, proposés par l’établissement bancaire, correspondants aux valeurs de l’association sur la transition sociale et écologique. « C’est une économie exponentielle et circulaire qui s’auto-alimente de l’interaction locale des prestataires et des utilisateurs ».

L’idée est de réinscrire dans sa valeur d’échange. « Aujourd’hui, le volume des échanges économiques sont des échanges virtuelles et spéculatifs. La masse des échanges  sur les produits financiers représente 95% des échanges mondiaux. On abouti à une déconnection de l’économie de la finance avec l’économie réelle ! », soulignera Franck Médina.

Si cette monnaie peut-être un outil pédagogique qui révise la notion de valeur et de circuit économique, il est aussi un outil d’échanges conviviaux et bienveillants, un marqueur d’adhésion à des valeurs de la transition sociale et écologique, plutôt inclusives. « On veut faire évoluer les modes de consommation et donner les moyens aux prestataires de répondre aux cahier des charges de la charte » , précisera Charlotte Tutard.

Pour les commerçants et entrepreneurs, c’est un nouveau moyen de paiement qui à l’instar des tickets restaurants, ne pose pas pas de problème d’enregistrement comptable, du fait de sa parité avec l’euro. Il marque leur volonté de participer à la dynamisation du commerce de proximité et du lien avec ses clients.

Concernant le rôle des pouvoirs et collectivités publics, ils sont appelés à encourager et soutenir le développement de cette monnaie portée par les citoyens.

Pour l’heure, en préambule du 24 mars, jour du lancement officiel du Krôkô, le 10 Mars, est prévu une animation en centre-ville pour sensibiliser les futurs « conso-acteurs », que leurs consommations est un acte militant.

Don et adhésion : https://www.helloasso.com/associations/les-vrais-monnayeurs-de-nimes-et-alentours/adhesions/adhesion-professionnel-au-kroco-1

Site internet :
http://monnaielocale.nimesentransition.org/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Share