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L’artiste nîmois Serge Marchal nous a quittés

Il était taillé comme un forgeron, Serge Marchal.
Ça tombait bien, il était forgeron.

Il cognait sur le fer, il l’écrasait, le laminait, l’étirait, le trempait, cognait et cognait encore et toujours dans un fracas tympanisant, sous une pluie d’étincelles qui vous projetaient carrément dans l’antre de Vulcain ! Il livrait un combat avec cette matière lourde, tranchante, froide, l’unissant pour finir, dans d’improbables fusions, à la corde, au bois, à la pierre, au cuir, à l’os, au béton et au verre…

Et puis sa main savait se faire douce sur la feuille, il y traçait alors des volutes, des courbes, des contre-courbes, un tourbillon d’arabesques, des dentelles de fusain qui allaient devenir dans d’autres ateliers, dans d’autres continents, autant d’œuvres de ferronnerie.

  Parce que son art était apprécié au-delà des frontières, en Russie, en Chine, aux USA, au Japon.

Il avait animé des ateliers de ferronnerie à Chicago, avait même forgé la crosse épiscopale de son évêque. Il avait été invité à la restauration de la statue de la Liberté de New-York et créait pour des collections privées à Manhattan, en Floride, des commandes publiques en France, en Angleterre, en Allemagne…

Nîmes a égaré sa fontaine de la rue Fresque mais conserve de lui la main monumentale qui trône dans l’entrée de la Maison des Compagnons, maison familière parce que Serge Marchal avait un double parcours : Beaux-arts et Compagnon du tour de France.

C’est un banal accident de la circulation, la collision de deux tas de ferraille sur roue qui vient de mettre fin à cette vie d’artiste qui savait donner vie au fer, à l’acier trempé, au métal en fusion.

Adieu l’ami, nous gardons avec nous la force des oeuvres qui nous restent de toi.

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