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Bas de la rue Ménard
Haut de la rue Ménard

De qui nos rues sont-elles le nom ?
La rue Ménard

Dans son ouvrage paru en 1876, Nîmes et ses rues, l’historien Albin Michel évoque le conseil de ville du 22 janvier 1788 au cours duquel on a décidé de « l’étiquetage » des rues et des places de la ville de Nîmes. L’auteur rapporte que « L’ancienne ville proprement dite a conservé ses anciens noms. Le quartier de la Fontaine a généralement reçu des noms romains ; celui du Théâtre des noms d’artistes ; celui de la Madeleine, ancien faubourg Saint-Laurent, des noms de saints ; celui de Montpellier, des noms de rois de France ; celui de l’Esplanade, des noms du moyen-âge ; celui d’Avignon, des noms d’hommes illustres ; celui du faubourg Richelieu, des noms d’hommes célèbres du siècle de Louis XIV , enfin celui de Saint-Charles et de la Bouquerie, des noms de Nîmois plus ou moins célèbres dans la République des lettres et dans l’histoire locale. »

Plan de Nîmes, tiré du livre de Léon Ménard

De la rue Ménard, qui nous intéresse aujourd’hui, Albin Michel écrit qu’elle va de la place de la Bouquerie à l’octroi de la Lampèze. Nous dirions aujourd’hui qu’elle commence son ascension en citadine, à partir du Boulevard Gambetta et qu’elle la termine en campagnarde, quasiment en chemin de maset, en haut de la colline, sur la rue Rouget de Lille.

Qui était donc ce Ménard, Léon Ménard, dont le nom, assez répandu et d’origine germanique évoque la force ?

Notre Léon Ménard est né à Tarascon en 1706 et mort à Paris en 1767. Sa famille était déjà assez célèbre dans la région, avec des avocats, des ecclésiastiques, des érudits.

Léon Ménard a fait des études classiques à Lyon, juridiques à Toulouse où il a pris la suite de son père comme conseiller au Présidial.

Passionné d’histoire et d’antiquités, il a beaucoup voyagé, fait des recherches, publié, à ses frais bien sûr — c’était l’époque qui le voulait —, ce qui l’a finalement ruiné !

Son œuvre la plus importante est L’Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nîmes, en sept volumes, qui parut entre 1750 et 1758.

Ce travail monumental lui a ouvert les portes de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et a fait dire à Voltaire, stupéfait par l’ouvrage : « Juste ciel ! sept in-quarto pour la ville de Nîmes, où diable mettriez-vous l’histoire de l’univers »

Notre voisine Avignon, un peu jalouse, l’a sollicité pour qu’il lui écrive le même ouvrage. Léon Ménard s’est ainsi attelé à la tâche deux années durant mais la fatigue puis la maladie ne lui ont pas permis d’honorer la commande.

Philippe Ibars

Auteur