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S. Letartre, J. Bertrand, R. Gallardo
Caroline Beltrand, Adie

Le Bus de l'Emploi au Chemin Bas d'Avignon

Mardi 10 octobre, sur le parvis, surexposé au soleil faisant face au Carré Saint-Dominique, au Chemin Bas d’Avignon, le dispositif « Le Bus de l’Emploi » était en place.

En partenariat avec Gel Interim d’Arles, 2 chargées de recrutements de l’agence, dont la directrice, Stéphanie Letartre, 3 conseillers Pôle Emploi et la directrice du Pôle Emploi de Courbessac, Rose-Marie Gallardo, le Pimms accompagné par Jérome Bertrand, son chargé de projet, Caroline Beltrand, conseillère à l’Adie du Gard, sont à pied d’oeuvre pour accueillir la soixantaine de candidats au recrutement proposé ce jour : préparat(rice)eur de commandes, manutentionnaires, agents de quai ou caristes.

Il est 11h30, Hamza, un jeune homme du Chemin Bas, BTS Logistique et conducteur d’engins vient postuler. On lui propose de faire de l’inventaire de stock, de la mise en cintre pour Zara. Des emplois qu’il accepterait bien, à défaut.

Abdousathar, la cinquantaine burinée, nous explique dans un français bariolé, qu’il cherche un emploi de conducteur de bus. Il à 18 ans d’expérience en tant que chauffeur poids-lourds, vient du Nord et est au Mas de Mingue depuis 6 mois. C’est Pôle Emploi qui l’a aiguillonné vers ce « Job dating »… S’il trouvait un poste dans la logistique ou la manutention, il le prendrait volontiers. Pour l’heure, il s’inquiète de ne, peut-être pas, avoir les aptitudes.

Chasser les préjugés
La volonté de Pôle Emploi-Courbessac et tous les partenaires, ici, est d’être sur le terrain, au plus près de ceux qui souffrent du non-emploi, dans ces quartiers qui souffrent d’un fort taux de chômage de leurs habitants et pérenniser ce dispositif de « job dating », qui permet de mettre directement en relation, l’offre et demande..
C’est aussi l’idée de ne pas passer par les filtres traditionnelles et les modèles classiques de recrutement, souvent discriminatoires, montrer qu’il y a des gens dynamiques avec une vraie envie d’emploi, dans ces quartiers où l’on est pas forcement accueilli à coups de pierre et cocktails molotov, de permettre aux candidats de rompre leurs barrières, souvent psychologiques, avec les modes de recrutements, leurs défiances, parfois, envers un marché de l’emploi, dont ils peuvent se sortir exclus.

Un dispositif innovant
Le groupe Gel Interim, à l’initiative de l’action, cherche des moyens innovant pour rencontrer les candidats éloignés de l’offre d’emploi. Ce « Bus De l’Emploi » itinérant qui depuis 3 ans dématérialise l’action de l’agence est une réponse. « Et ça marche! », nous dira Stéphanie Letartre.
Après celle en mai à Pissevin, c’est la deuxième intervention du bus dans les quartiers nîmois. « On avait reçu, alors, plus de 60 personnes dont la moitié est parti en mission ».
Ce matin, une vingtaine de personnes ont été reçu et 6 parmi eux viendront à l’agence pour finaliser leur recrutement. « Ce partenariat avec le Pimms est extraordinaire! », ce réjouit-elle et une prochaine opération devrait être conduite à Nîmes dans le courant du mois de mars.

De l’aide et de l’accompagnement
Jean-Claude,
conseiller spécial affecté aux quartiers prioritaires à Pôle Emploi-Courbessac, a crée des « Clubs de Chercheurs d’Emploi ».
À raison d’une demi heure par semaine, des groupes venant des différents quartiers Est, se réunissent à l’agence de Courbessac pour, se rompre aux techniques de recherche d’emplois, préparer les recrutements comme ceux récemment pour la nouvelle salle de cinéma et la Sécurité Sociale, valoriser leurs compétences, à travailler sur l’estime de soi…

Caroline Beltrand, conseillère Adie pour le Gard et nous présente l’association.
L’Adie, association d’utilité publique, permet de financer et d’accompagner des personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire.
Elle propose des micro-crédits, aux salariés ou en passe de l’être, pour l’achat d’un véhicule, passer le permis de conduire, réparer son véhicule, un complément de formation…
L’objectif étant de créer de l’emploi, elle finance aussi tout besoin pour la création d’entreprise, à hauteur de 10 000 €, à des taux particuliers et des prêts donateurs.
Sur l’ensemble de la France, l’Adie finance plus de 200 personnes par semaine et dans le Gard, c’est près d’une centaine de dossiers suivis par an.
Une de ces préoccupations est l’accompagnement des publics, en amont et en aval de leurs projets. «  Quand on ne peut pas les financer, on essayera toujours de lui trouver une solution alternative, les orienter vers d’autres partenaires, comme le Pimms… », soulignera Caroline Beltrand. « Le Bus de l’Emploi dans ce quartier était une opportunité pour nous d’apporter, au plus près, une solution aux besoins des demandeurs d’emploi, venus postuler ».

Et pendant ce temps, dans le bus rutilant, assez cosy avec ses fauteuils et banquettes en cuir pleine fleur, les entretiens se poursuivent. Les candidats défendent leurs curriculums, en toute quiétude face aux recruteuses de Gel Interim, attentives.

La volonté est là ! En multipliant ce type d’initiatives, peut-être parviendra-t-on à transformer les préjugés, des uns et des autres, sur l’employabilité des habitants des quartiers populaires et ainsi réduire les fractures de nos sociétés.

http://www.gelgroupe.com/
https://www.facebook.com/PIMMSDeNIMES/
www.pole-emploi.fr/annuaire/nimes-courbessac-30022
https://www.adie.org/

Pierre Ndjami

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