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De qui nos rues sont-elles le nom ?

La rue Clérisseau

En 1824, la Municipalité décida de nommer avec une certaine cohérence toutes les rues de la ville et des faubourgs. Pour faciliter la distribution du courrier, sans doute, les rues de chacune des douze sections urbaines reçurent des noms évoquant les mêmes thèmes. Les rues voisines de la Fontaine prirent des noms romains (Titus, Vespasien, Trajan…). Les rues voisines du théâtre s’appellent bien sûr rue Racine, rue Molière ; les rues qui sont au nord du Boulevard Gambetta ont été baptisées du nom d’historiens, d’archéologues, d’illustrateurs des monuments nîmois : Ménard, d’Albenas, Clérisseau, Gauthier, Robert, Guiran, Graverol, Vaissette…

 

La rue Clérisseau est la plus longue de ces rues. Perpendiculaire au boulevard Gambetta, elle court de la place de la Révolution jusqu’à la rue Rangueil. Elle se poursuit ensuite sous le nom de rue d’Aquitaine.

 

Alors, qui était Clérisseau ?

 

Le nom Clérisseau est une variante de Clarisse, de Claire, son étymologie vient de Clarus : illustre, célèbre.

 

Et notre illustre Clérisseau alors ?

 

Charles-Louis Clérisseau n’est pas nîmois. Il est né à Paris en 1721 et est mort presque centenaire à Auteuil, en 1820. Peintre et architecte, il était très estimé dans son art et avait à 26 ans obtenu le prix de Rome. C’est en Italie qu’il réalisa un grand nombre de dessins représentant les monuments antiques. Ils furent très appréciés en Europe et contribuèrent à créer la vogue de l’architecture antique, qui devait engendrer le néoclassicisme.

Clérisseau séjourna à Nîmes pour étudier les antiquités et collabora avec Jean-François Séguier, notre célèbre épigraphiste à qui on doit d’avoir résolu en 1758 l’énigme de la dédicace de la Maison Carrée.

En 1769, Clérisseau fut admis à l’unanimité membre titulaire de l’Académie de peinture et de sculpture.

En 1778, il publie Les monuments de Nîmes contenant 42 planches connues par bien des Nîmois. On lui doit aussi d’avoir contribué à la conservation de la porte Auguste.

En 1785, Thomas Jefferson (troisième président des États-Unis, en fonction de 1801 à 1809), alors ambassadeur en France, lui demanda des dessins inspirés de l’antiquité pour le Capitole de Virginie. Clérisseau fit exécuter une maquette en plâtre de l’édifice qui fut réalisé entre 1785 et 1789.

Clérisseau fut nommé par Catherine II architecte de la cour impériale de Russie et membre de l’Académie impériale des beaux-arts.

Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur cinq ans avant sa mort, à 95 ans !

Alors, quand vous lèverez les yeux sur une vieille plaque de rue portant le nom de Clérisseau, vous pourrez vous dire : ce Clérisseau, quel personnage !

 

Sources :

Nemausensis.com : <http://www.nemausensis.com/Nimes/XIXeSiecle/NimesXIXe.htm>

Filae : https://www.filae.com/nom-de-famille/CLERISSEAU.html

Wikipédia : <https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Louis_Cl%C3%A9risseau>

Histoire des rues de Nîmes : Conférences faites à l’institut populaire du Gard

du Dr Fortuné Mazel, 1906
— Isabelle Durand, La conservation des monuments antiques : Arles, Nîmes, Orange et Vienne au XIXe siècle, Rennes, PUR, 2000.
— Pierre Pinon, « Les Antiquités de la France de Charles-Louis Clérisseau », in Véronique Krings et François Pugnière, Nîmes et ses Antiquités. Un passé présent XVIe-XIXe siècle, Bordeaux, Scripta Antiqua, 2013.
Les Antiquités de la France, Première Partie (Les monumens de Nismes)[sic]. Paris, 1778.
— Albin Michel, Nîmes et ses rues, Laffitte Reprints, Marseille, réimpression de l’édition de Nîmes, 1876-1877
— Aimé Serre, Les Rues de Nîmes, du Moyen Âge à nos jours, Espace Sud Éditions, 1989

Philippe Ibars

Auteur


Né en 1953. Enseignant puis chargé de communication. Photographe, a collaboré aux Cahiers Pédagogiques, a illustré « Vies Minuscules et petits riens », pour Ecriv’EN, (Éducation nationale). A écrit des nouvelles dans la revue Calades, a publié récemment « Apprendre en apprenant » ou « Les aigles de Bonaparte », récits de sa vie d’enseignant, chez l’Harmattann, « Les Pommes Captives », pièce de théâtre, chez l’Harmattan,

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