Recherche costumier
23 août 2017
De qui nos rues sont-elles le nom ?
8 septembre 2017

La récente décision du gouvernement de supprimer à terme 130 000 emplois aidés fait polémique.

On peut à juste titre dénoncer des créations d’emplois aidés électoralistes, du ripolinage statisticien sur le nombre de chômeurs (comme l’entrée dans des formations bidon le permet, en parallèle), il n’en reste pas moins que pour de nombreux acteurs associatifs crédibles de la vie sociale, cette mesure ressemble à un arrêt de mort.

Les victimes au bout du compte sont les habitants des quartiers, les personnes isolées, de tous âges et toutes conditions. Sans compter de nombreux bénéficiaires qui ont mis la tête hors de l’eau, ne serait-ce que pour un temps. En raccourci, d’une certaine façon, c’est la “France périphérique“, celle qui souffre d’un manque de rééquilibrage dans le fonctionnement global de la société française, qui perd des points. Cette société, gangrenée par divers “plafonds de verre“ bien établis qui entravent le fonctionnement du défunt ascenseur social, risque de perdre gros à ne pas mettre à la fois des moyens mais aussi des conditions pour contrer un communautarisme reconnu aujourd’hui pour être préjudiciable à une vraie mixité. Ceux qui oeuvrent dans nos quartiers ne cessent d’alerter sur l’avancée des extrémismes, à mots couverts ou pas : il serait bon que les élus, du plus bas au plus haut niveau de l’échelle réagissent aux messages du terrain. On peut considérer que la plupart des collectivités territoriales ont créé sur ordre ou par opportunisme des emplois aidés, souvent en pure perte. Ce dispositif a permis en revanche à de nombreuses associations d’amplifier leur action, à peu de frais, certes, mais en relation avec leurs faibles moyens, permettant ainsi de poursuivre leur rôle social d’intégration de personnes soumises à difficultés, pour des raisons diverses. S’il faut reconnaître à l’Etat une certaine raison, on peut exiger de lui qu’il ne manque pas de discernement !

En témoigne le communiqué suivant, transmis par l’association les Mille couleurs, qui reflète certainement le sentiment général de tous ceux qui oeuvrent dans les quartiers afin que ces territoires soient aussi agréables à vivre que les autres…. Si le discours des Mille couleurs n’engage qu’elle, on ne peut manquer de souscrire à sa réflexion, sur de nombreux points !

 

Pourquoi le gel des emplois aidés met en péril les associations oeuvrant dans nos quartiers ?

L’annonce faite récemment, par les agences Pôle-Emploi, du gel du dispositif « Emploi aidés » (postes CAE-CUI, …) aux employeurs et notamment ceux du secteur associatif, n’a pas manqué de provoquer un émoi et une inquiétude réels tant chez ces employeurs et les salariés qui en bénéficient que chez les familles qui bénéficient au quotidien des opportunités offertes à ces populations.

Gel des emplois aidés = activités réduites et associations étouffées financièrement

Dans beaucoup d’associations, ces postes, générateurs de dynamique sociale et soutenant des actions essentielles dans les champs de la culture et de l’action éducative notamment, ne pourront être remplacés par des emplois relevant des procédures de droit commun, faute de financement suffisant permettant de réaliser l’équilibre financier de ces associations. Ces actions sont donc condamnées être réduites ou au pire, à disparaître.

Le fonctionnement des associations est assuré pour l’essentiel par des subventions (liées à des conventions) au vu d’un projet présentant un caractère attesté et reconnu d’intérêt collectif. Cela reste un objectif que la collectivité nationale devrait avoir en tête de façon urgente. De plus l’intervention de nos associations dans les quartiers au profit de familles aux revenus très faibles ne permet pas de demander des contributions supplémentaires à ces familles.

La situation actuelle est préoccupante et demande des mesures de sauvegarde immédiate afin d’éviter des mesures drastiques pénalisant les familles qui en ont le plus besoin.

Nous ne pouvons pas attendre une éventuelle inflexion des choix politiques gouvernementaux, c’est pourquoi les entités économiques du secteur non marchands (associations d’utilité sociale reconnue, fédérations d’éducation populaire, …) ont décidé d’agir pour attirer l’attention des décideurs sur les effets d’une décision qui ne manquera pas dans un premier temps de mettre sur le marché du travail nombre de demandeurs d’emploi dont l’indemnisation reviendra aussi cher que le financement des dispositifs supprimés.

Les emplois aidés sont ils aussi inefficaces que ce que l’on dit ?

On ne peut pas résumer ces dispositifs à une simple mesure destinée à faire baisser le chômage. Les témoignages des personnes concernées montrent clairement qu’ils ont constitué des opportunités très efficaces pour reprendre confiance, pour améliorer son image de soi, pour acquérir de nouvelles expériences, pour découvrir des pratiques professionnelles, pour acquérir de nouvelles compétences grâce aux formations suivies, pour étoffer leur C.V., pour améliorer son réseau de relations … En un mot parcourir la première étape du parcours vers l’emploi pérenne.

Certes, les emplois aidés ne sont pas la panacée ni la solution radicale au chômage de masse. Il aurait été cependant plus efficient de mettre en place d’abord des mesures rendant plus contraignantes les obligations d’accompagnement et de formation des bénéficiaires en réservant ces postes aux activités réellement non marchandes du secteur associatif et en développant en parallèle une offre de formation qualifiante permettant l’amélioration des compétences professionnelles. C’est pour cela que les acteurs concernés et en particulier les employeurs associatifs demandent à être associés pour pérenniser leur action socio-éducative au profit des familles et enfants de nos quartiers.

COMMUNIQUEZ VOS REACTIONS, VOS TEMOIGNAGES, VOS PROPOSITIONS A

LA COORDINATION ASSOCIATIVE

S/C Les Mille Couleurs ou Espace de Coopération Nîmes Pissevin

21 place Léonard de Vinci 30900 NIMES

millecouleurs@orange.fr et/ou ecnp.n30900@gmail.com

Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

1 Comment

  1. […] Après un été caniculaire, d’autres « coup de chaud » pointe à l’horizon pour les associations et autres structures socio-culturelles. La suppression, à terme, des emplois aidés, la forte baisse des dotations laisse présager des temps difficiles pour beaucoup des acteurs sociaux. (lire aussi : http://www.ekodesquartiers.net/2017/09/06/emplois-aides-et-reseau-associatif) […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *