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Théâtre Le Périscope, retour de saison

Le Théâtre Le Périscope est une émanation de l’association d’éducation populaire Kaléidoscope, fondée en 1988 par Christian Piaux. Le théâtre, ouvert en 1999 dans le quartier Gambetta, aura pour entre autre objet de sensibiliser, les publics éloignés de l’offre culturelle, et leur donner accès aux pratiques artistiques, plastiques et théâtrales.

À l’époque, l’offre culturelle à Gambetta était réduite à sa portion congrue, pas de centre social et de lieux culturels associant ces habitants…
Ce lieu, qui abritait anciennement une école de danse et antérieurement un cinéma, sera le vecteur artistique et culturel de l’association kaléidoscope et portera le nom de théâtre Le Périscope.
L’activité du théâtre se répartit sur 4 domaines.
La programmation de spectacles pluridisciplinaires, des résidences d’artistes accompagnant l’émergence de compagnies régionales, des actions culturelles dans le cadre de la Politique de la Ville et des ateliers de pratiques artistiques amateurs.

Maud Paschal, la directrice du théâtre depuis 2014, a dès le début défendu l’idée de proposer des spectacles dans l’espace public pour donner la possibilité à tous de voir, découvrir le « spectacle vivant », et donner le goût d’y participer.
C’est l’idée de croiser les publics dans des lieux tiers, d’aller aussi à leur rencontre.
Utiliser la culture comme levier et dialoguer avec les habitants.
« Même si, depuis 20 ans, il y a eu un énorme travail de sensibilisation auprès des publics, pour les inciter à franchir les portes d’un théâtre, il reste encore des barrières à franchir, pas seulement financières, mais physiques, aussi », nous précisera Maud Paschal. Et psychologiques, sans doute, comme cette appréhension que l’on peut avoir d’aller vers l’inconnu.

« Les Escapades »
Cette année Le Périscope a innové une forme « hors les murs » afin d’être présent au cœur même des quartiers avec « Les Escapades ».
3 dates qui les ont transportées au parc du Mont Duplan, avec « Mon côté Yang », sortie de résidence de la Cie du Chapeau, au CSCS André Malraux, avec « Mr Kropps, l’Utopie en marche » et « Label Vie, l’effet papillon »au Puits Couchoux, deux spectacles de la Cie Gravitation.

Malgré la concomitance avec plusieurs autres évènements, « La Fête des voisins », et un calendrier plus favorable à l’évasion, leurs trois propositions ont reçu un bon accueil. Au-delà de la jauge de fréquentation, l’enjeu était de croiser les publics et créer de la mixité. Un minibus avait été prévu pour amener le public du centre-ville au Chemin-bas-d’Avignon mais n’a pas suffi à le mobiliser.
Si partenaires et publics auront été globalement satisfaits, Maud exprimera quelques regrets, quant au calendrier choisi qui aura nui à la visibilité de ces spectacles dont la qualité aurait mérité une plus grande audience.
Cette opération sera reconduite, la saison prochaine « de façon moins concentrée et surtout pas le week-end de l’Ascension! « On va essayer d’apprendre de nos erreurs! », déclarera, amusée, Maud Paschal.

Action auprès des primo-arrivants
Le théâtre mène d’autres actions en faveur des publics éloignés des pratiques culturelles.
Cette année, il a mis en place 2 projets avec l’idée de réfléchir à d’autres formes de médiation pour les sensibiliser en les intégrant dans le processus de création. Qu’ils comprennent ce qu’est le « spectacle vivant », ces enjeux pour qu’ils ne soient pas seulement consommateurs.
Avec « Rivages », de la chorégraphe Sylvie Rabot, servi par les ateliers chorégraphiques participatifs avec Soledad Zarka, Le Périscope a voulu toucher plus particulièrement les populations primo-arrivantes.
Forts d’une première expérience avec ceux accueillis par le Secours Catholique, « on a décidé de travailler sur la danse, plutôt que sur la langue car tous et toutes n’ont pas les mêmes dispositions et capacités vis à vis du langage. Alors qu’avec le corps, on pouvait créer une vraie mixité. »
Le Périscope développe aussi des ateliers, ouverts aux jeunes de 10 à 15 ans, autour des arts numériques et visuels.
Vidéo T’chat, est un atelier de sensibilisation, de fabrication de contenus via des outils numériques, animé depuis 10 ans par
David Lepolard.
Des sessions qui s’enrichiront d’un intervenant, scénariste, comédien ou ingénieur du son selon les contenus abordés.

Ces ateliers s’ils sont payants, continueront à accueillir gratuitement ceux dont les familles sont en difficultés financières. Et ce toujours dans un souci de mixité sociale, afin de faire se rencontrer ces enfants qui ne fréquentent pas forcément les mêmes écoles, les mêmes parcs.

Aperçu de la prochaine saison
Il y aura quelques nouvelles propositions mais compte tenu des restrictions budgétaires que beaucoup d’associations traversent, il faudra rester réaliste.
Pour cela, une programmation partagée et co-produite avec d’autres structures culturels de la cité et de la région.

Au programme, une nouvelle résidence de la chorégraphe Germana Silvera, pour la création d’un nouveau spectacle, en collaboration avec le Théâtre de Nîmes, pour mars 2018. Le spectacle intégrera, à l’issue d’un casting prévu pour la rentrée, quelques jeunes nîmois et sètois.
En septembre, avec Nicolas Héredia prévoyez une « Visite de groupe » au Carré d’Art.
En mai 2018, ne manquez pas la présentation, dans l’espace public, de « Encore Raté », la nouvelle création de la Cie Dynamogène, en partenariat avec le théâtre Christian Ligier.
La rentrée se fera aussi avec « Vidéo Party », dès le 3 octobre et le « Marathon Vidéo », qui lui succèdera le 7.
La directrice ne sépare pas ses projets de diffusion et ceux liés à la médiation culturelle. Un seul corollaire, le souci qualitatif.

Un théâtre dans son quartier
Théâtre et acteur social, Le Périscope œuvre à la démocratisation culturelle, à l’amélioration du cadre de vie, du « vivre ensemble » et en direction de l’enfance et la jeunesse. Pour cela, il mène des actions dans et avec les écoles du quartier Gambetta et Richelieu, notamment. Citons, « Ma maitresse » de la Cie Sauf le Dimanche, proposé à l’école Enclos-Rey. Parallèlement aux spectacles dans les écoles, on propose des ateliers, des rencontres avec les artistes autour de leurs spectacles.
Dans le cadre du prix Colligram, initié par l’association Postures, elle a invité les élèves du collège du Mont Duplan à constituer un jury qui argumenterait et désignerait l’auteur dramatique qui aura eu leur préférence.

Le théâtre a eu dès le début mission de travailler avec des publics éloignés des pratiques culturelles. À l’époque, l’offre culturelle étant quasi inexistante, il a dû porter les animations du quartier, les fanfares, les carnavals, la capoiera…, et il a fait office de centre social. Aujourd’hui, l’offre s’est considérablement étoffée et les habitants peuvent prendre en main leurs projets, aidés par les nouvelles structures de médiation que sont le Spot, Chez Mémé ou le centre social Émile Jourdan, qui amène Le Périscope à se recentrer sur son cœur de métier.
« Cela n’excluant pas de nous associer, tant que possible, aux évènements générés par les uns et les autres! »
Si d’aventure vous désirez en savoir plus sur la programmation de la prochaine saison, rendez-vous à la présentation qui aura lieu le mardi 12 septembre.

Association Kaléidoscope / Le Périscope
6 rue de Bourgogne – 30000 Nîmes
Entrée spectacles : 4 rue de la Vierge – Nîmes
Tél 04 66 76 10 56 / contact@theatreleperiscope.fr
https://www.theatreleperiscope.fr/

Pierre Ndjami

Auteur