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Gens de la Pégoulade

La pégoulade est une institution nîmoise, incontournable, admirée, décriée, moquée, applaudie, toujours attendue. C’est elle qui ouvre vraiment la feria, c’est sa fonction « apéritive », dans tous les sens du mot…

Elle tombe en pleine semaine, à la tombée du jour, et c’est de ce fait le seul événement local que les enfants peuvent regarder, accompagnés de leurs parents, à une heure tardive bien qu’ils se lèveront tôt pour l’école du lendemain !

Pégoulade, pour qui n’est pas nîmois, est un étrange mot. Les méridionaux retrouvent dans ce terme la pègue, la poix en français, qui pègue, c’est à dire qui colle, même métaphoriquement. Ils reconnaissent le cousinage lexical d’empégué, collé, mais aussi ivre, ou de pégas, une gifle magistrale qui «colle» à la joue de celui qui la reçoit… Certains Gardois connaissent aussi les empègues, dans la Vaunage, ces motifs au pochoir que les jeunes collent près des portes avant les fêtes votives. Le peintre Claude Viallat, un des créateurs du mouvement Supports/Surfaces et natif de ces contrées, s’en est sans doute un peu inspiré pour réaliser ses motifs colorés connus dans le monde entier.

Pégoulade vient donc de là, de la poix, ce cette pègue dont on imbibait les torches d’étoupe lors des retraites aux flambeaux de Provence. Voilà comment la langue provençale, si créative, nous a transmis ce joli mot qui à Nîmes ne sert qu’une fois l’an, le long des boulevards.

Si à ses débuts, (à partir de 1952, date de la première feria) la pégoulade était un défilé pagailleux qui ne concernait que les nîmois, si son inspiration folklorique ne passait pas les rives du Rhône et du Vidourle, elle est devenue au fil du temps ouverte à toutes les cultures de la planète.

Cette année, c’est encore le monde et ses folklores, et plus précisément les merveilles de l’Unesco qui ont fourni le thème du défilé qu’une foule joyeuse a applaudi le long du boulevard Gambetta. Le dépaysement a cependant été tempéré par les incontournables galoubets, les tambourins et les costumes provençaux ou les robes virevoltantes et les guitares du flamenco qui s’est si bien intégré à la culture nîmoise.

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Philippe Ibars

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