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Les femmes, en images et en écrits
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Journée Droits des Femmes au JDV

En cette journée internationale de célébration des Droits des Femmes, Le Journal De Valdegour avait confié, dans ses locaux, habitants, acteurs associatifs, élus, représentants d’institutions et le Préfet du Gard, Didier Lauga à visionner le court documentaire du collectif Wako, « Paroles de femmes », débattre, échanger autour du rôle de la femme dans la société, le combat de son émancipation et prendre connaissance d’actions intégratives.

La présence du préfet Lauga était très importante et attendue. Elle rendait hommage au travail des associations et marquait la reconnaissance et le soutien de l’État à leurs actions. « Certes, il y a la rénovation urbaine, mais il faut aussi des personnes pour s’occuper de l’humain! On peut toujours trouver de l’argent, mais on ne peut pas obliger les gens à se mobiliser! », affirmera-t-il.

Françoise Dumas, députée de la 1ère circonscription, enverra, aussi, un satisfecit à l’engagement et la vivacité des associations dont elle connaît le travail réalisé sur le terrain.

Cécile, du collectif Wako, présentera « Colorité Bonheur 2 », une action qui s’appliquera à dresser, sous forme d’un document audiovisuel, un « portrait sensible » du quartier Valdegour et de ses forces vives, montrer l’énergie et les initiatives positives des habitants et associations des quartiers.

Questions et échanges

Après le film de 13 minutes, les débats s’ouvraient sur des questionnements. Comment vivent-elles l’intégration ou l’isolement? Sur qu’elles soutiens peuvent-elles compter? La femme est-elle le pilier de l’éducation des enfants?

Camilla, comorienne vivant seule avec un enfant, parlera de la difficulté d’être mère célibataire. Marka, la tchéchène, a plus de chance et peut bénéficier de l’aide de ses enfants.

Fatima, dynamique mère, salariée, investie dans diverses associations, trouvera qu’il est plus compliqué de s’occuper d’adolescents. Même constat pour Azoula, « Les femmes, en général, se soucient plus du devenir de leurs enfants et à l’adolescence, on a toute la peur qu’ils ne réussissent pas ».

Cécile rappellera qu’il ne fallait pas rester seule avec ses problématiques et que si on ne trouvait pas toujours de solutions soi-même ou dans son petit cercle, il existait des relais à l’extérieur comme la Maison de l’Adolescence ou l’École des Parents.

« Éduquer une femme, c’est éduquer un peuple » et les institutions, qui ont compris les enjeux, doivent continuer les efforts dans ce sens. Une collaboration que Fatima, appelle de ses vœux, « pour que le pays n’aille pas dans le mur! ».

Des actions intégratives

Viens le moment de la présentation des projets d’associations. Ceux de Nîmes-Lutte et « Itinéraire de vie », mené, avec des femmes berbères, comoriennes et tchétchènes, par la psychologue Véronique Pailliard-Turenne.

Dans un montage vidéo, qui présente la section lutte féminine, des petites filles tchétchènes témoignent de leur pratique de la lutte. Et Raphaël Perez, l’entraîneur, de poursuivre, « Cela fait 2 ans que la fédération mène une action pour la féminisation de la lutte  ».

Il se trouve que le sport national en Tchétchènie est la lutte. C’est donc naturellement que les garçons ont intégré le club et tout aussi naturellement que leurs petites sœurs les ont suivis. Et cette présence des grands frères facilite grandement la relation de confiance nécessaire avec des parents, peu enclins à la mixité dans la pratique sportive de leurs filles.

Véronique Pailliard-Turenne, mène une action, « Itinéraire de vie », à titre expérimentale, similaire à celle menée en Alsace depuis 12 ans, et financée par la Direction Départementale à la Cohésion Sociale. L’idée est de réunir un groupe de femmes, issues d’une même minorité ethnique, les faire parler de leur cultures, de leurs parcours de vie et partager cette parole auprès des enfants des écoles alentours.

« Une action qui permet de rompre l’isolement, de mieux se connaître les unes et les autres, échanger un savoir culturel pour ne plus avoir peur de l’autre », précisera Sonia Benkirat, présidente du JDV.

Une réunion fructueuse qui aura permis à ces femmes d’origine étrangère, de parler de leurs conditions, d’exprimer leurs volontés d’œuvrer à la cohésion sociale et d’être partie intégrante de la France.

Monsieur le préfet sonnera la fin d’une matinée riche en « paroles très, très fortes qui valent mieux qu’un grand discours ».

Pierre Ndjami