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« Lectures Itinérantes II », de la Féminités et des Luttes

Le 7 janvier, la Cie Paroles Transparentes et Hervé Gaboriau, proposaient, « Agora 2 », deuxième volet de ses « lectures itinérantes », au centre social et culturel Simone Veil à Nîmes-Valdegour.

« Agora II », ce dernier « chantier », d’Hervé Gaboriau, fait suite à « L’assemblée des femmes », le 1er volet de la série qu’il avait déjà réalisé dans ce même centre en mars 2016, avec encore la participation des habitants et associations du quartier.

Sur des airs traditionnelles, de jeunes athlètes-lutteurs tchétchènes forment un cercle où chacun à son tour exécute des solos endiablés et acrobatiques de « Lezginka ».
« Agora II », fait des parallèles et analogies entre la lutte greco-romaine, porteur de valeurs nobles, et la violence d’une société, qui contraint les corps et les esprits, car nous dira Hervé Gaboriau, « La lutte, c’est s’initier aux rapports à l’autre, lui rappeler que l’autre existe ».
Les narratrices et conteuses, au bord de la scène, de part et d’autre d’une grande table, égrènent des textes en espagnol, arabes, traduits en français, soutenues par les improvisations de la contrebasse de Gilles Schlaf, inspirées du « maître enchanteur » du oud, Anouar Brahem … entre autre.

Sentiments, interrogations, questionnements divers.
Au travers de métaphores, signifiés par ces lutteurs, ça parle de la souffrance de ces femmes qui voient leurs enfants partir pour les horizons lointains et incertains de la radicalisation. Cette création interroge et questionne aussi sur l’obscurantisme, la place de la religion comme guide de vie pour l’homme.
C’est l’idée de se forger une propre conscience et son libre arbitre, dans une société où la mondialisation nous pousse à l’acceptation ou à la résistance.
La science et le savoir, donc, pour ne pas tomber dans l’obscurantisme. Ce n’est pas par hasard que les barbares brûlent les bibliothèques. Le mot Coran, qui lui-même vient du mot arabe « Qur’an », qui signifie Lecture, n’encourage-t-il pas à la recherche du Savoir?
Une succession de textes, (d’une quinzaine d’auteurs, allant de Christine Taubira à Maram Al Masri, en passant par Dounia Bouzar, Anne Sylvestre, Leila Sebbar,  Pablo Neruda, Patrick Weil et Nicolas Truong, Kamel Daoud ou Alain Bertho), montés, enchevêtrés, « tuilés », selon le jargon théâtral, dont au départ la logique, ne semble pas forcement évidente, mais qui en l’espèce, fonctionnent très bien.
Des textes témoignant et dénonçant une « Histoire médiévale qui a détruit l’Histoire contemporaine… ».

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