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Curieux destin familial que celui de la famille Djebli, avec ses trois générations d’immigration.

Abdelkader Djebli n’est pas vraiment un Chibani, mais il a déjà l’âge de pouvoir raconter sa vie, ou plutôt de raconter l’histoire de sa famille. Son grand-père algérien vient faire la guerre en France en 1916. Après des aller retour, il décide de rester en France en 1927, laissant sa famille en Algérie.
En 1954 c’est le père d’Abdelkader qui vient à son tour en France où il prend racine, avec 6 enfants nés en France au fil du temps, 5 en Algérie.
C’est en 1965, à l’âge de 5 ans, qu’Abdelkader arrive à son tour sur le continent européen, où il fait ses études et sa carrière professionnelle.
Ce soudeur chaudronnier a vécu longtemps dans l’Est de la France, avant de travailler à Marseille, Fos, Berre. Il s’installe enfin à Montpellier, avant de venir au Mas de Mingue à Nîmes.
Il a eu un enfant en Algérie, un autre en France et garde toujours un pied du côté de l’ancienne Orléans ville, où est l’essentiel de sa famille d’origine.
« J’ai essayé de m’installer là-bas, je n’y suis pas arrivé, mon père non plus, d’ailleurs. Il a fait construire une maison en 1980 qui nous sert pour les vacances, pour garder un peu d’autonomie par rapport à notre famille. J’y vais tous les deux ans environ, mais mon pays de vie c’est ici, j’y ai grandi, travaillé… »
Et puis l’Algérie a changé, les solidarités sont moins solides, les chinois s’installent de plus en plus nombreux.
Si le fils d’Abdelkader a gardé le contact avec la famille algérienne, lui aussi n’envisage pas de retourner au « pays » : marié à une française de souche il n’utilise la maison familiale que pour les vacances. Définitivement français, comme son père : « récemment j’ai eu quelques tracas pour refaire mes papiers, mais je suis né en 1960 dans un département français, je suis français, non ? »