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Les Marches exploratoires participent à la lutte contre le sentiment d’insécurité que les femmes peuvent ressentir dans l’espace public. Se saisissant d’une demande du ministère de la Ville, des petits groupes de femmes volontaires ont mis en place des marches exploratoires dans les quartiers prioritaires de Nîmes, à Valdedour-Pissevin, Gambetta et Richelieu, notamment.
De mars 2015 à juin 2016, quatre marches, de jour et de nuit, ont été réalisées dans le quartier Richelieu pour  relever les problèmes urbanistiques, environnementaux, sécuritaires qui pèsent sur le quartier.
En finalité, il s’agira d’établir un constat préalable à une recherche des solutions qui, amélioreraient le cadre de vie des habitants, récréeraient du lien social, participeraient à mieux « vivre ensemble».

Le 3 janvier, dans la chapelle, à l’Entr’Aide Gardoise, avait lieu la restitution de ces marches exploratoires, en présence de Laurent Burgoa, adjoint au maire, Jean Marc Drioux, coordinateur de la Mission cohésion térritoriale, Christine Tomé, de l’association C’Faire, Patricia Boyer, directrice du centre médicosocial de Nîmes-centre, Hughues Buros, le délégué au préfet, Naima Benali, correspondante Contrat de Ville, René Blanès, trésorier de l’Entr’Aide Gardoise, des représentants d’associations de Richelieu et Gambetta. Une réunion plutôt technique, donc.

L’Entr ‘Aide Gardoise, notre hôte, est née au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale avec pour vocation de porter assistance aux plus démunis. En 1970, sous les auspices de René Blanès, alors directeur à l’office HLM du Gard, l’association fait l’acquisition du 33 rue Richelieu. Le bâtiment de 1850, à vocation d’accueil des orphelins et jeunes filles, sera transformé en 75 logements pour répondre à l’accueil des personnes âgées autonomes.
L’adresse est encore un point phare de la vie du quartier, cristallisant une partie de son activité et créateur de lien social. Un quartier qui était celui des cheminots, des ouvriers, des petits commerces, comme en témoignent encore les enseignes défraîchies au dessus des grilles fermées de ces vieilles échoppes. Un quartier où battait vie musicale et festive. Un quartier qui avait une âme et du caractère.

Aujourd’hui, le quartier jouit d’une mauvaise réputation. On lui prête des problèmes de stationnements, de vétusté d’un habitat délaissé, de prostitution, de deal autour de bars ou épiceries de nuit… Si on y ajoute le sentiment d’abandon d’une population en forte demande sociale, on a vite dressé le portrait d’un quartier sensible.

Constat général
Au cours de ces marches, il a été mis en lumière que ce quartier, qui croule sous de nombreux handicaps, liés à son caractère, démographique, sociale, urbaine, et citoyen, particulier, devait faire l’objet d’un intérêt, tout aussi particulier pour le redynamiser et repenser son urbanisme.
L’exemple de ces marches du quartier Richelieu est très significatif car il rassemble et résume toutes les problématiques des quartiers prioritaires de la ville.

Urbanisme et voirie
On y constate un important « turn-over » de la population. En cause : les squats, le délabrement et l’Insalubrité des immeubles livrés aux marchands de sommeil
C’est une population aux faibles revenus qui y trouve des logements, petits, bon marchés et souvent insalubres, de loueurs sans scrupules. Il faudrait réhabiliter le bâti et repenser les espaces, pour donner une meilleur attractivité et permettre aux familles de s’installer durablement dans de bonnes conditions.
L’urbanisme et la réhabilitation des logements, tant du parc social que privé, doit être un préalable et une des priorités et préoccupations des bailleurs sociaux et de la ville, pour maintenir une bonne cohésion sociale.

Il faut réhabiliter les logements, mais aussi agrandir les trottoirs pour les rendre aux piétons et enrayer, ce qui est l’autre gros problème, le stationnement anarchique des véhicules sur celui-ci.
On note aussi que les personnes du centre-ville viennent stationner dans le quartier car les places sont moins chères et de par la forte densité de population, il manque des garages et des places de parking. Il faut parfois 30 minutes à une heure pour trouver une place.
Il faudrait remettre les trottoirs aux normes, sacrifier des stationnement
et régler celui du stationnement riverain, car aujourd’hui, il n’est pas accessible aux résidents d’un quartier aux stationnements gratuits.

Au niveau de la sécurité
Il est relevé un manque de rondes policières et Il faudrait plus de police de proximité et d’éducateurs de quartier.
Pour ce qui concerne le deal, rue des Bons Enfants, ça s’arrange mais le problème s’est déplacé rue Villars.
Des commerces douteux (épiceries, bars de nuit…) qui participent au sentiment d’insécurité.
Les fils électriques qui pendent le long des façades nécessiteraient l’interventions d’EDF.
Un meilleur éclairage nocturne serait utile pour la sécurité.
Laurent Burgoa de préciser, « On est dans un pays de liberté et de droit où le maire et le préfet ont peu de moyens coercitif pour faire fermer les établissements. Mais quand l’information est donné, les services font le nécessaire ».

Hygiène et propreté
On a constaté un manque de points-poubelles qui occasionne des dépôts sauvages et permanents, des difficultés qu’ont les éboueurs à circuler dans les ruelles rendues encore plus étroites par le stationnement anarchique.
On peut pourtant récupérer des sacs poubelles à la maison de quartier mais l’information doit être plus largement véhiculé.
Autre point noir, les déjections canines. Le manque de caissettes et l’incivilités de certains donne lieu parfois à de petits conflits entre possesseurs de chiens et habitants.
On remarque un manque de sensibilisation, de prise de conscience citoyenne, parfois sur ces questions..
Une action de sensibilisation et de prise de conscience sur ces questions est à mener par le centre social et les associations dans ce sens dans les écoles, par exemple, en direction des parents.

Redonner de l’attractivité au quartier
Les avantages du quartier résident, notamment, dans sa proximité du centre-ville. Il bénéficie aussi d’une bonne desserte des transports publiques, de commerces et services de proximité de qualité (pharmacies, laboratoires, infirmiers, un pôle médicalisé en cours de réalisation…) et de l’implantation de l’Entr’Aide Gardoise, pourvoyeur d’une population de seniors.
La beauté du quartier, souvent, se cache dans les cours et leurs jardins. Il faut aérer le quartier, par la réduction du stationnement et la redéfinition de la circulation, créer des  murs végétaux, des espaces à végétaliser.
L’association Les Jardins partagés, en partenariat avec le centre social Emile Jourdan, a mis en oeuvre une action sur le bouturage de plantes qui permettra d’alimenter les différentes demandes et actions de végétalisation. L’idée d’un concours du plus beau balcon fleuri et un parcours commenté des cours est lancé. Le lycée de Rodhilan et les élèves de Master environnement-écologie de Vauban pourraient intervenir ponctuellement dans ces actions. Le retour des Compagnons bâtisseurs dans le quartier a été salué.

Pour Jean François Homo, il y a un manque de l’offre culturelle, réduit souvent aux seules « Beaux Dimanches du Beau Parleur », une fois par mois avec sa compagnie de théâtre. Laurent Burgoa rappellera que les marches sont axées essentiellement sur le cadre de vie, la sécurité et l’environnement.
Pour finir, de l’avis de tous, Il faudrait à ce quartier un véritable lieu d’animation où, associations, pouvoirs publiques, habitants, pourraient se retrouver et oeuvrer ensemble à redonner une vraie bonne image du quartier.

La bonne nouvelle de cette matinée viendra de Laurent Burgoa qui annoncera le lancement d’une OPAH (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat)avec les aides liées, qui on l’espère donnera un second souffle au quartier.

CLIQUER SUR CE LIEN pour visionner le PDF de la restitution : Marches exploratoires Richelieu

2 Comments

  1. […] Grâce aux étudiants et malgré la pluie, près d’une centaine de fiches sortiront de ces consultations auprès d’habitants, toujours un peu surpris de la démarche, qui serviront de base de travail pour ces 3 heures intensives d’ateliers. Des observations qui rejoignent ceux révélées lors de la restitution des « marches exploratoires », début janvier. […]

  2. ZINK LEGRAND BINET dit :

    Un parfait compte rendu de cette matinée de restitution! Tous ensemble, nous pouvons faire changer les choses, petit à petit! Merci

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