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Hélène Geoffroy rencontre les volontaires du Service Civique

La visite d’Hélène Geoffroy, Secrétaire d’état auprès du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, le 19 décembre à Pissevin, à l’invitation de Françoise Dumas, députée du Gard, en présence de Didier Lauga, préfet du Gard, avait pour objet de faire un bilan du Service Civique avec les volontaires du Service Civique, venus à sa rencontre à l’espace Morise.

Protocolairement, Laurent Burgoa, adjoint au maire de Nîmes, en charge de la Politique de la Ville, accueille la Secrétaire d’état par un discours de bienvenue avant de l’engager sur le dossier de l’EPID. Un dossier qui recule et dont le lieu d’implantation semble être remis en question, ce qui bouleverse les actions engagées, notamment sur l’emploi et l’implication des habitants.
Françoise Dumas, à son tour, envoie un message d’amitié à celle qu’elle a connue en 2012 sur les bancs de l’Assemblée Nationale et au sein d’une commission de réflexion sur la situation des vieux immigrés en France.

Après ces civilités, madame la ministre introduira directement sur la question du Service Civique, de son évolution, de l’implication des jeunes dans cette action.

 

Le Service Civique est un engagement volontaire au service de l’intérêt général, ouvert aux 16-25 ans, élargi à 30 ans aux jeunes en situation de handicap. Accessible sans condition de diplôme, il est indemnisé et s’effectue en France ou à l’étranger. « C’est un engagement et pas un emploi. C’est une manière pour toute une génération de signifier son engagement citoyen, d’affirmer sa place dans la société  », nous dira la ministre.
C’est aussi une étape de réflexion pour le jeune, lui permettant de murir son projet. Certains reprennent leurs études, trouvent un emploi ou une formation.

Alors, que l’on pouvait s’interroger sur les doutes d’un jeunesse désenchanté et de son désintérêt pour l’action civile, l’engagement social, le succès du service civique prouve le contraire.
Elle prouve qu’elle est en capacité, aujourd’hui, de porter, d’accompagner des missions de service publique, de tous ce qui constituent la cohésion sociale. « 300 000 jeunes en service civique, c’est toute une génération qui prend le temps de s’engager. C’est un beau cadeau que la jeunesse fait à la République! ».

Quelques chiffres
Marie-Hélène Coll, conseillère éducation et jeunesse du Gard, référente départementale du Service Civique nous  rappelle quelques chiffres.
Il y a eut 1900 volontaires dans le Gard depuis 2010.
– 40% dans des structures agréées au niveau départementale, 4% au niveau régionale et 56% dans le cadre des grandes missions prioritaires.
Parmi les champs d’interventions prioritaires on trouve 28% des volontaires dans le secteur de la solidarité, 23% dans l’éducation pour tous, 15% dans la culture et les loisirs, et 13% dans le sport. Dans une moindre mesure, ils sont investis dans l’environnement, la santé, le développement international, l’intervention d’urgence, la citoyenneté.
– La durée moyenne du service est de 8 mois et peut aller de 6 à 12 mois.
Leur typologie : 60% sont des femmes. 69% exerce au sein d’une association et 27% dans une administration. 54% sont demandeurs d’emploi, 7% inactifs.

La DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale) s’implique dans la formation des volontaires et l’instruction de leurs dossiers. «  On est vigilant à la définition des missions attribuées aux jeunes et leurs recrutements dans les organismes d’accueils ».

 

Quelques témoignages
Bakar, étudiant en design appliqué, est en poste à la CAF depuis le 31 août. Il a le sentiment d’être utile auprès des populations, de mettre ses compétences au service de la communauté. Pour lui cette action devrait être mieux connue. Et toutes ses « premières fois » ont été effectuées au sein de ce service civique.

Djamal, engagé au Mille Couleurs, rappelle que l’information sur ces dispositifs dans les quartiers n’est pas la même qu’en centre-ville. Il faut faire plus d’efforts! Il travaille à la web radio et constate que 80% des habitants ne sont pas informés.

Hugo, bac L option cinéma, en service au FabLab-Negpos de Valdegour, habite Pésenas et a eu du mal à trouver un engagement.
Il éprouve la dur réalité du monde professionnel quand on est primo-travailleur.
Il n’a pas encore un projet abouti, mais a pu se faire une idée de la vie active. Pour lui, « le Service Civique rapproche du monde réel ».
Le système éducatif ne l’a pas préparé à la vie professionnelle. Il aide l’association à la mise en place d’exposition photos, etc. Mais quoi faire après?

Youssef répond à la question de l’après Service Civile. À 22 ans et après un Service Civique à Générations Futures, il s’est dirigé vers un contrat d’avenir avec mission d’établir des relations avec les familles, aider aux démarches administratives et préparer une formation BPJEPS.

Mathilde,18 ans, a quitté le lycée. À l’AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville), enjouée et drôle, elle parle du lien enfant-famille et est intéressé par l’objet-livre à travers le plaisir. Sa rencontre avec le S.C.? Elle allongée sur le canapé et son père qui l’informe sur le dispositif, nous dira-t-elle, non sans une pointe d’humour…   Son objectif : faire bouger les choses et monter une école alternative.

Plus d’informations, plus de mixité
Les jeunes des quartiers populaires représentent 25% des engagés volontaires dans le département. L’Agence du Service Civique est attentif et veille à la mixité sociale. S’il est constaté que les jeunes sont généralement engagés dans des missions portées par les associations de leurs quartiers. L’Agence, le tissu associatif et les service du préfet souhaitent changer cette tendance. « La jeunesse se mélange car elle vient de tous les horizons et de la connaissance naît la fraternité… ».
À l’issue des témoignages et échanges directes et sincères, Hélène Geoffroy questionnait les jeunes présents sur leur sentiment d’être utile, sur ce qui les a motivés à rejoindre le dispositif. Elle retiendra qu’il faut plus et mieux communiquer sur celui-ci et favoriser la mixité des effectifs des engagés volontaires.

Service Civique/Accueil : http://www.service-civique.gouv.fr/

Pierre Ndjami

Auteur