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Au sous-sol d’un local mis à disposition par le CIO (Centre d’Information et d’Orientation), à Nîmes-Pissevin, Soumya El Rhess, directrice d’Amaos (Association pour la Médiation et Aide à l’Orientation Scolaire), m’invitait à rendre compte de l’exiguïté des lieux et des conditions dans lesquelles se tenaient, depuis 2009, les ateliers de son association.

C’est dans cet espace, une petite pièce de 9m2, une principale de 25, maximum et une dernière qui fait office de bureau et accessoirement d’atelier d’appoint, en tout moins de 50m2, que l’équipe de 4 salariés multi-fonctions et 7 bénévoles mène des actions, d’alphabétisation auprès des adultes, de soutien scolaire et d’aide aux devoirs pour plus de 70 élèves du primaire et des collèges, de préparation aux diplômes d’Initiation et d’Étude en Langue Française (DILF, DELF), d’aide aux familles primo-arrivantes.
Parallèlement, Amaos a mis en place des ateliers de couture, d’animations et de loisirs, accueillant jusqu’à une trentaine d’enfants, tout au long de l’année.
Ce jour, dans cette espace, en sous-sol, donc, une vingtaine de jeunes s’activent à modeler des têtes, fabriquer les éléments de marionnettes à bâtons.
Pour les vacances de Noël, l’association avait mis en place, durant 2 jours, un atelier de construction de marionnettes à bâtons, avec le concours de l’association de Saint-Hyppolite-du-Fort, les Géants du Sud.

Un dynamisme freiné
Pourtant, ce dynamisme affichée est freiné par le manque d’espace et d’espaces dédiés. Face à une réelle demande de la part des enfants, un fort engouement des parents qui y trouvent un excellent relais éducationnel, l’association doit refuser du monde.
« Lundi on était occupé à l’aide aux devoirs des primaires. Mardi, mercredi les locaux étaient occupés par l’atelier marionnette et on a du arrêter les devoirs pour les reprendre le jeudi. Par ailleurs, on ne peut recevoir les différentes section, primaires et collèges qu’alternativement, une semaine sur deux, pour pouvoir accueillir tous le monde dans de bonnes conditions ».

L’occupation de l’espace est à géométrie variable et doit être modulée selon les activités en cours.
« Ça fait près de10 ans que je n’arrête pas de déplacer les tables, car il faut sans cesse réorganiser l’espace! C’est une dépense d’énergie, une perte de temps dont on pourrait se passer, mais on est obligé de le faire si l’on veut fonctionner correctement » et « On est comme des poupées russes… », renchérira Isabelle Chevalier, animatrice chargée du soutien scolaire et des cours de français.
Et tous le monde pâti de cette situation. Le personnel de l’association, les enfants qui ne peuvent s’approprier l’espace. Amos aimerait mettre en place un espace-détente, pour que ces enfants qui aiment à se retrouver là, puissent se poser au calme, discuter, lire, échanger, partager, « vivre ensemble », se sentir bien, tout simplement. Mais pour cela, il faudrait condamner une salle. Inenvisageable!

Un nouveau local pour un meilleur travail
Alors si Soumya El Rhess, la discrète directrice, sort de sa réserve et a décidé de communiquer sur la situation de l’association, ce n’est pas pour demander des subventions de fonctionnements supplémentaires.
On lui a souvent reproché de ne pas assez communiquer sur leur actions mais comme elle le dit, « Si on communiquait plus, on aura plus d’usagers et par manque de place, on ne pourrait les intégrer! On a entre 70 et 80 enfants inscrits, et on voudrait déjà qu’ils aient de meilleurs conditions d’accueils ».
Une situation paradoxale qui amène a s’interroger sur les causes de cette non-reconnaissance et à échafauder des hypothèses, des scénarios de favoritisme ou de clientélisme quand aux modalités d’attribution de locaux.

De nombreuses promesses leurs ont été faite de la part d’élus, une demande a été déposé auprès de la commission d’Habit du Gard, mais à ce jour, toutes les démarches restent lettre morte.
En attendant la reconversion du collège Diderot en un centre dédié aux associations, qui n’aura lieu qu’en 2020, environ, l’équipe soudée et motivée, tient bon, mais pour combien de temps encore. Leur travail sur le terrain est essentiel et pourrait être plus efficient s’il n’y avait pas toutes ces contraintes liées à l’espace.

La balle est dans les mains du bailleur social Habit du Gard, de la ville ou du département. Un nouveau local qui leur permettrait, de donner une impulsion nouvelle à leurs projets, une diversification de leurs actions dans des conditions de travail plus confortable pour tout le monde.

Association Amaos : Rez de chaussée du CIO, 1 Rue Matisse 30900 Nîmes
http://associationamaos.blogspot.fr/p/activites.html
Contact : associationamaos@yahoo.fr

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