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« Chibani » est le mot  à l’ordre du jour ces derniers temps.
On peut l’appréhender à travers l’exposition photographique de Luc Jennepin qui a eu lieu dernièrement à l’espace Morise de Pissevin, qui se prolongera, du 5 au 10 décembre au CSC Jean Paulhan du Mas de Mingue et dans le cadre de La Journée Citoyenne, « Gens d’ici, venus d’ailleurs ».img_4554

Cet évènement, réunissant photographies et projection cinématographique, proposée par l’association La Pléiade, posera, lui aussi, la question de ces travailleurs immigrés venus du Maghreb, pendant les « Trente Glorieuses », oeuvrer à la reconstruction de la France et qui aujourd’hui, âgés, vivent seuls, loin du pays, précarisés et oubliés d’un pays qu’ils ont servi.

Précisions et précautions sémantiques obligent à rappeler que « chibani », qui respectueusement désigne une personne âgée dans les pays du Maghreb, emprunte au mot « chib » qui veut dire cheveux blancs. S’il est maintenant le vocable usité pour parler de cette population, d’autres voix peuvent lui trouver une acception plus péjorative, réduisant la personne à son seul véçu.

L’histoire de Luc Jennepin
J’ai rencontré Luc Jennepin cet été lors du festival des cultures arabes « Arabesque » à Montpellier, dont il est le photographe officiel. Il me parlait déjà de cette exposition photo, de ce livre et de cette aventure, img_4549commencée il y a trois ans, avec sa compagne Sophie Pourquié, à la rencontre et découverte d’une réalité sociétale qu’il n’imaginait pas. « En 2013, à l’occasion d’une pièce de théâtre, jouée par les élèves du collège Les Escholliers de la Mosson, je les ai suivi en reportage dans un foyer Adoma où les enfants devaient poser des questions aux travailleurs immigrés vivants là, pour écrire leur pièce. Les anciens travailleurs immigrés avaient vieillis et étaient restés dans ce centre. J’étais passé mille fois devant sans jamais avoir saisi cette réalité. Ça m’a révolté et indigné, au sens d’Hessel. Mais ça ne suffisait pas, alors j’ai décidé de leur offrir mes plus belles photos! ».
Armé de son Hasselblad, d’une boîte à lumière, un fond noir et une chaise en plastique du designer Verner-Panton des années 58, parce qu’il voulait les assoir et les faire poser dignement, il entreprend cette série de portraits, qui l’amenera à rencontrer, au fil des sessions, de nombreux autres « chinais » à Martigues, Montpellier, Lyon ou Paris. C’est d’ailleurs au cours d’une d’elle, il rencontre le cinéaste Rachid Oujdi, réalisateur de « Perdus entre deux rives, les chibanis oubliés ».

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Dès 2015, il expose ce travail à Pierres-Vives, puis à l’assemblée Nationale, avant prendre la route, sur ces propres deniers, pour le faire connaître un peu partout en France.
Au fur et à mesure de l’aventure, le projet s’est enrichi de magnifiques contributions d’artistes, auteurs, musiciens, historien, institituteur… qui lui offriront leurs textes et musiques sensibles pour servir ces portraits.
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« Magyd Cherfi nous a donné plusieurs textes dont, « Tu », un hommage à son père, extrait de son dernier album, un an avant qui il ne soit enregistré. Nasser Djemaï, Chevalier de Arts et Lettres, auteur de théâtre, signera « Invisibles », « La valise », entres autres… ».                                                                                            Beaucoup d’auteurs lui auront offert des textes très authentiques, sensibles et prenants. Bastien Cazals, l’Instit-tuteur, avec la « Honte », le « Témoignage » de Yassine, collégien, de Moncef Labidi qui pose »Les questions »… et bien d’autres encore.
Et c’est le clarinettiste émérite, Louis Sclavis, qui signera la bande son, très aérienne et gutturale, de l’exposition.

Au Programme
Cette Journée citoyenne dédiée aux ainés, travailleurs immigrés, délaissés ou mal menés par des législations sociales inadaptés, permettra de poser un autre regard sur cette population silencieuse et digne, et d’agir pour qu’ils accèdent pleinement à leurs droits. C’est aussi l’occasion de créer du lien transgénérationnel, de permettre aux plus jeunes de se questionner sur ce qu’ont vécu leurs parents et grand-parents.
L’équipe d’Eko des quartiers présentera abdelkader-djebli-testl’ébauche d’un travail au long court, qui s’attache à rencontrer, ces vieux migrants, lors des après-midi Café Seniorslemniai_qr-code, mis en place, récemment, au centre social Jean Paulhan du Mas de Mingue, pour rendre un portrait et un récit de leurs parcours, de leurs questionnements de vie en France.
La projection de « Perdus entre deux rives, les chibanis oubliés », de Rachid Oujdi, à 14h30, suivi d’un débat, ainsi que l’atelier-radio de l’association Quartier Libre, perdra à toutes les voix d’être entendues.

Centre  Social et Culturel Jean Paulhan /72, avenue Monseigneur Claverie /Nîmes-Mas de Mingue

Luc Jennepin : « Chibanis, la question » , photographies. Éditions Au Diable Vauvert/2016                                       www.chibanislaquestion.blogspot.com                                                                                                                         www.lucjennepin.com

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