LA FERME-ÉCOLE DE PISSEVIN : La campagne au cœur des quartiers.
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À l’heure où Nîmes subissait ses périodiques et fortes précipitations automnales, ce que l’on n’appelait pas encore «épisode cévenol ou phénomène méditerranéen», a depuis des siècles, depuis toujours certainement, frappé Nîmes et sa région.

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Petit historique
Les premières crues recensées datent du XIVème siècle, de 1334. On y parlait déjà de crues, de « grands débordements », d’immeubles abattus, de murailles détruites, de personnes et gibiers noyés, de champs détruits… En 1680, on relatait : « L’eau emporte presque toutes les murailles et fait mille désordres ».
Milieu du XVIIIème, on parle de « très grosses pluies et plus de 162 mm d’eau de pluies », « d’inondations catastrophiques » au printemps 1790.
Au XIXème siècle, ce sont des crues extraordinaires de la Fontaine, en novembre 1827 et décembre 1839, dont il est question. Le quartier d’Uzès n’est pas en reste. Jusqu’au début du XXème siècle, il aura subi de nombreuses et très importantes montées d’eau. 1 à 1,50 mètre en juin 1859, 0,90 m. en octobre 1863, 2,38 m. au-dessus du talweg (ligne de collecte des eaux) d’Uzès en octobre 1891, 1,30 m. dans les maisons l’année suivante, 1,85 m en 1901 et 1m. en juin 1915 dans les maisons face à la caserne d’artillerie et en 1963, l’eau est montée à 1,50 mètres.

3 octobre 1988
Au fil de son histoire, Nîmes et ses quartiers ont régulièrement subi l’assaut des eaux de pluies, amplifiées par ceux du Gardon descendant des Cévennes, du Vistre et des eaux de ruissellement qui viennent engorger les cadereaux.
Mais celle, la plus mémorable, qui gravera à jamais la mémoire collective de ses habitants, est celle que la ville subira le 3 octobre 1988.
Ces sévères précipitations auront causé l’«explosion» hydraulique des cadereaux d’Alès, de Campanier, au nord-ouest et d’Uzès à l’est de la ville, avec pour conséquence une submersion totale de celle-ci, atteignant des hauteurs d’eau allant jusqu’à plus de 3,35 m. au niveau de l’intersection de l’avenue Vincent Faïta et la rue de Sully, dans le quartiers Richelieu, par exemple.
Les dégâts sur l’ensemble de la ville seront considérables. On aura à déplorer 8 morts, 1 disparu, des dizaines de blessés et près de 40 000 foyers sinistrés. Le 7 octobre la ville et 70 communes environnantes sont classées «zone sinistrée».
Dans un premier temps, pendant 15 jours, 6 000 personnes sont venues appuyer habitants et bénévoles pour rendre à la ville un aspect plus praticable. Un formidable élan de solidarité est né et une association, Nîmes Solidarité, s’est créée à cette occasion pour venir en aide aux sinistrés.

Une mémoire ressuscitée
Si d’aucuns l’avait oublié, ces inondations ont fait ressurgir de la mémoire collective le péril qu’elles pouvaient représenter.
Dès lors, il a été mis en place une Commission Hydraulique pour rechercher des solutions techniques de protection et de prévention de ces risques.
Les travaux entrepris depuis : bassins de retenue en amont, aménagement et redimensionnement des cadereaux amont, entre autres, ont une certaine efficience face à ces phénomènes, mais il en est encore parmi nous qui restent traumatisés psychologiquement et vivent avec effroi de trop fortes précipitations.
On a encore pu constater à l’approche du 14 septembre dernier, qu’un état d’alerte orange aux intempéries a suscité beaucoup d’émoi auprès des « anciens », plus particulièrement.

Archive : https://vimeo.com/183497749 Le 9 septembre 2002, le quartier Richelieu fut frappé par un déluge tombé du ciel et des torrents d’eau dévalant de la route d’Uzès. Ces images n’ont plus rien à voir avec ce qui se passe aujourd’hui et depuis quelques années.

Bibliographie : Nîmes, le 3 octobre 1988/Éditions Ville de Nîmes-89

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