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« TURBUL EN CHAP », épisode 11

Le montage des 4 chapiteaux et tentes, des portiques pour le trapèze, avait déjà commencé sur ce stade des Amandiers à Valdegour. Une trentaine de monteuses et monteurs, supervisés par les 2 régisseurs, Vincent Texier dit «Tex» et Pierro Chartier (également directeur de l’école de cirque), s’affairaient, sans relâche, dans la poussière et malgré les morsures d’un ardent soleil. À ce rythme, il ne faudra pas plus de 3 jours pour que tous soit en place.
Sous châpiteau
En effet, pour la 11ème année, l’école de cirque Turbul’ posait ses chapiteaux, du 7 au 16 juillet, pour 10 jours d’activités autour des arts du cirque.
Pour l’heure et dans l’effervescence ouvrière de cette fourmilière, nous avons pu nous accaparer, quelques instants, le régisseur général, Vincent Texier, de l’association Appel d’Air, à l’initiative de l’évènement. Après une formation à la faculté de Nîmes en médiation culturelle et communication, il rejoint l’équipe du cirque Turbul, où il s’entrainait déjà à la jonglerie, pour s’occuper d’administration. « Cette formation en médiation culturelle à été importante, mais je me suis énormément formé sur le terrain ».

À l'ombre

Vidéo du montage

Polyvalent, il s’occupe de comptabilité, de développement de projet et affectionne tout autant de mettre la main à la pâte, pour le montage des chapiteaux, la manutention, le bricolage ou la gestion d’équipes.
En plus d’une décennie d’actions dans les quartiers, quelles difficultés avez-vous rencontrées et quel est l’impact de celles-ci auprès des habitants?                                                  « On a eu beaucoup de vols et connu beaucoup d’actes d’incivilités. On a mis 3 ans pour avoir la confiance des habitants et se faire accepter. On a appris à mutuellement se connaître à travers des voyages inter-associatifs, au Maroc, notamment, ainsi que nos actions dans le quartier et ça va de mieux en mieux. Nos actions, en premier lieu, ont permis de faire évoluer les mentalités et la vision que certains pouvaient avoir de la femme. Par exemple, nous ici, hommes ou femmes travaillons tous sur un même pied d’égalité. Et quand les gens voient que les filles travaillent même à Montage_Portiquedes tâches aussi dures que la manutention, ils révisent leur jugement sur la femme dite « sexe faible ». Une de nos autres victoires a été le bon accueil de nos spectacles. Les premières années, ça a été très compliqué d’avoir toute leur écoute et attention. On a adapté nos propositions et petit à petit, les gens sont restés. Ils se sont habitués à ces rendez-vous qu’ils finissent par attendre, d’une année sur l’autre, avec impatience ».
Un autre aspect du succès de cette action est son implication dans le quartier et, au delà du spectacle proposé, c’est l’idée d’établir un vrai dialogue avec les habitants et de « vivre le lieu ». La plupart des équipes dorment sur place dans des camions et l’organisation se ravitaille dans les commerces alentours. « On a une proposition innovante qui doit trouver l’adhésion du public. Tous les jours on a des réunions pour expliquer au groupe comment amener les jeunes à nos animations et établir le dialogue. C’est fondamental!… ».Montage des gradins
En terme quantitatif, l’évènement, avec son budget de 54000 €, provenant des subventions du Crédit Politique de la Ville, de la ville de Nîmes, du Conseil Départementale, de la Drac et de l’FIPD (Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance), un partenariat fort avec Habitat du Gard et les associations du quartier, génère une affluence totale de plus de 5000 personnes et une fréquentation moyenne de 150 jeunes par atelier. Sur les 65 personnes du staff, tous salariés, on trouve des intermittents, des CDD, et 5/6 jeunes qui viennent du quartier.

Plus grand, plus haut
Pour cette 11ème édition, à l’ampleur inédite dans le quartier, « Turbul en Chap » à voulu frapper fort et haut. Hormis le « camp de base » au stade des Amandiers, où auront lieu une grande partie des spectacles et des nocturnes, ils s’établiront aussi place Avogadro, samedi 9 et dimanche 10 juillet pour proposer des ateliers de danse verticale sur les parois des immeubles, de Mat chinois, de trapèze volant, des démonstrations de Slackline de grande longueur, tendues entre les tours Avogadro et Jean Perrin à 60 mètre de hauteur avec les « highliner » de l’association Linkrope.
« On fait de la création « in situ’. On se sert de l’architecture et on invite les habitants à participer, à s’impliquer à la création du spectacle… ».
Innover, se renouveler sont les mots clés qui motivent leurs opérations et dans les cartons, les idées et projets ne manquent pas.
Parmi eux, la création de non-évènements, sorte de canulars à la dimension du quartier, à l’instar d’un Orson Wells, qui fit croire, en son temps, à une grande partie des américains qu’ils vivaient la fin du monde.
Ou, encore plus fou, créer le premier site français de « slackline » à Nîmes-Valdegour et pourquoi pas, tant qu’à y être, établir une liaison en tyrolienne, entre les quartiers Vadegour et Pissevin, qui pourrait même se prolonger jusqu’au centre-ville!!…
Tous ces projets sont à l’étude et pourraient bien se réaliser un jour.
En attendant, aller les rencontrer, vous initier aux disciplines circassiennes proposées et n’oubliez pas vos baskets!

Programme : ici

Association Appel d’Air
Ecole de cirque Turbul’
Mas Guérin,
68 A chemin des Campagnolles
30900 Nîmes
www.turbul.fr

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