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« La Cité des merveilles », le travail photographique de Lucile Robert A.K.A. Lule, n’a pas été un simple travail de portraitiste de studio. Pour ce projet, qui s’est construit en toute liberté et au fil des rencontres avec les habitants du Mas de Mingue et du Chemin-bas d’Avignon, il a fallu que le modèle et le photographe se rencontrent, se racontent pour chaque fois élaborer, composer une image, un décor réalisé en carton par Lule, qui leurs correspondent.

Des représentations métaphoriques, allégoriques, autant de détails dans l’image, d’objets, de représentations dont souvent le modèle seul en connait le sens, certains plus évidents que d’autres à comprendre.
Christine, Samira, Zohgo, Merzouk, Yassin, Aouda, Catherine, Mariam,… et même Lule, 20 personnages, identités et histoires, qui traduisent avec humour, auto-dérision, pragmatisme, poésie, de façon symbolique, de ce qu’est ou serait, leur réussite personnelle ou professionnelle.

L’histoire de Bagdad, du Mas de Mingue.
Sa photo légendée « Pirouette cacahuète » Bagdad _Pirouette_Cacahuète_est des plus symboliques et énigmatiques, pleine de petits détails aux sens plus ou moins cachés.
Un stylo stylisé en haut à gauche de l’image, des livres, tout aussi dessinés, lui sur l’un d’eux, essayant de tourner une page et lui encore qui occupe tout le côté droit de l’image, ouvre une boîte dans laquelle apparaît un chat.
C’est un peu l’histoire d’un moment de sa vie, qui se tourne non pas sur une page, mais s’écrit sur un nouveau livre. Mais pourquoi le chat? « Il a changé ma vie! », nous dira-t-il, énigmatique.

L’histoire de Nadia, du Chemin-bas d’Avignon.Nadia _Rendre les armes_
C’est par cet aphorisme, « Rendre les armes », que cette jeune mère de 3 enfants qualifie son idée d’une réussite future : celui du départ vers un ailleurs meilleur. Une réussite simple où elle établirait un petit commerce dans un pays exotique où sa famille s’épanouirait.

L’histoire de Damien, du Mas de Mingue.
À 23 ans, formé à la mécanique auto, il est musicien et compositeur de Hip Hop.Damien__Des mots de survie__ Il s’est déjà produit à Paloma. Poursuivre sa musique est son ambition et son rêve.
À travers 3 occurrences de son portrait dans l’image, il nous livre avec sincérité, ses « mots de survie ». L’une d’elles écrit « Bi-polaire », face à nous, au marker! Une autre, en arrière-plan, microphone-jouet en main, accroupie derrière un muret où est écrit le refrain d’un de ses titres : « Des fois, je ris, des fois je pleure, des fois, je prie (X2)… Parce que j’ai peur. Chacun vit dans sa douleur. Si tu claques tous tes « lowes » (argent), t’en verras même pas la couleur (X2)… ».

Happy end
À l’issue de ces 6 mois de travail avec les habitants des quartiers Mas de Mingue, Chemin-bas d’Avignon et leurs centres socioculturels, Jean Paulhan et André Malraux, il était de la volonté de tous que leur travail fût montré au coeur de la ville, dans son lieu le plus emblématique de la culture et des arts : le Carré d’art et son mur Foster. Chose qui sera faite le 28 avril dernier.
« Ce travail, c’est une grande victoire qui permet de les revaloriser dans l’estime d’eux-mêmes… », souligne Lucile Robert. En tout cas, Il révèle la richesse et finalement l’universalité de ces personnages et met à bas les clichés et stéréotypes qui courent sur ces quartiers et leurs habitants.
« En garde alternée » à Jean Pauhlan et André Malraux, selon les mots de leurs directeurs respectifs, l’exposition sera amenée à être vue ou revue à Paloma, dans les différentes médiathèques des quartiers de Nîmes et différents festivals photographiques.

Site de Lucile Robert : www.luciler.book.fr

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