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L’Ostalet est l’association des parents d’élèves du collège Condorcet, à Pissevin. Son président, Gouaid M’hamdi, ne sait plus vers qui se tourner pour que les élèves de ce collège profitent pleinement de l’enseignement qui devrait leur être délivré.

Ici, comme dans tous les établissements scolaires, l’absentéisme des enseignants pose problème : selon les critères de l’Éducation nationale, un enseignant absent jusqu’à 14 jours n’est pas forcément remplacé. Cela provoque la perte d’un certain nombre d’heures de cours pour les élèves, un sujet qui met dans l’embarras les officiels.
Gouaid M’hamdi collège Condorcet1affirme avoir rencontré bien sûr la Principale du collège à ce sujet, mais aussi le Recteur d’Académie, le Préfet du Gard et divers élus, pour les alerter sur d’autres problématiques. Rien n’y fait, le problème reste patent.
« Tous nous ont assuré que les établissements du quartier, classés en ZEP, RED, Ambition réussite ou Éclair, bénéficieraient de plus de moyens pour assurer la réussite scolaire des enfants de nos quartiers défavorisés. Or, nous constatons que l’on nous cache parfois l’absentéisme des enseignants, qui dépasse quelquefois deux semaines, que les classes sont surchargées. Il faudrait aussi des moyens supplémentaires pour assurer un meilleur soutien scolaire et l’aide aux devoirs. »
Ce n’est pas le seul souci de Gouaid M’hamdi : « Nous avons constaté que des sectes (pas des islamistes, ndlr) viennent approcher les jeunes aux abords du collège. Les responsables de l’établissement affirment ne pas pouvoir intervenir hors les murs, et la police est totalement absente. Comment peut-on s’étonner de certaines dérives ? »

Une équation sans inconnue ni solution
De son côté, Sandrine Hervier, la Principale du collège, reconnaît que la situation est délicate. La fameuse et controversée réforme des collèges, et surtout la refonte des programmes (pourquoi chaque ministre se sent-il obligé de faire sa réforme ?) provoquent plus d’absences cette année que précédemment car les enseignants sont amenés à suivre des formations en période de cours. En ce qui concerne ces absences de courte durée, programmées ou non, Sandrine Hervier plaide coupable : « Nous avons la charge, depuis quelques années, de pallier en interne les absences de courte durée, prévues ou inopinées. Cela signifie en clair que des enseignants d’une même matière que celle de l’absent prennent le relais et accomplissent les heures de cours manquantes. Je reconnais que parfois nous manquons de réactivité. Nous avons réuni récemment les représentants des parents d’élèves, les enseignants et l’équipe de direction pour en discuter et nous nous sommes engagés à être plus réactifs. » L’affaire se corse en cas d’absences de longue durée : « Au-delà de 14 jours, c’est le rectorat qui organise les remplacements, et là nous ne maîtrisons rien. Je comprends la mauvaise humeur des parents, et l’équipe enseignante souffre aussi de ce problème, mais nous n’avons aucun contrôle de la situation. »
Il est sidérant que les élèves d’un établissement classé en zone sensible subissent  ces désagréments, mais c’est le cas partout en France.
Sandrine Hervier considère que le collège Condorcet n’est pas particulièrement problématique, compte tenu des situations sociales difficiles vécues par certains élèves, et qu’il bénéficie d’un encadrement de qualité, avec près de cent adultes, tous métiers confondus, pour cinq cents élèves.
Il reste à espérer que ces derniers ne subiront pas les conséquences de changements politiques, avec les nouvelles lubies d’un prochain ministre.

En 2015, le ministère de l’Éducation nationale a enregistré 15 000 plaintes pour cause d’absentéisme abusif  dans les établissements scolaires.

Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

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