PAROLES ET PARCOURS DE FEMMES
29 mars 2016
Galerie Corot-Fragonard
31 mars 2016

A l’initiative de l’association les Mille couleurs, une réunion d’information s’est tenue salle Morise le 22 mars dernier. Elle visait à sensibiliser les habitants du quartier à la lutte contre le racisme et les discriminations.

Un représentant de la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) et l’avocate qui travaille avec cette association, ainsi que deux policiers spécialisés en prévention, en particulier auprès des jeunes, ont informé durant plus d’une heure le public présent. Ils ont abordé ensemble les problématiques du racisme et des discriminations : publiques ou privées, verbales ou via des mails ou des courriers, tous les cas de figure ont été évoqués, avec à la clé l’énoncé des peines et amendes correspondantes.
Il a été notamment spécifié que tous les délits bénéficient, si l’on peu dire, de circonstances aggravantes, lorsqu’ils sont accompagnés de tonalités racistes. Dans l’énoncé des lois et réglementations, on n’a pas oublié quelques spécificités françaises qui peuvent froisser certains : d’une part, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui donne force de Loi à l’Etat, au détriment des règles de vie spirituelles, d’autre part, la liberté de blasphème envers les religions, qui n’est pas un déli.

Vu du côté pénal, il semble qu’une des grandes difficultés pour engager des poursuites est d’apporter la preuve ou des témoignages du délit : quand on enregistre en France 2 500 plaintes, on en compte 25 000 en Grande-Bretagne. La capitaine de police présente comptait 31 plaintes sur le Gard en 2015, avec 11 affaires effectivement menées à terme, c’est-à-dire suivies de condamnation pour racisme ou discrimination. Elle en recense 4 depuis début 2016. Elle en conclut que de nombreuses personnes n’osent pas porter plainte par peur de représailles ou faute de preuve. Simple constat de sa part, alors que le représentant de la LICRA a exhorté les participants à la réunion à se révolter contre les remarques ou actes racistes, avec volontarisme.

Parmi le public les réactions ont été diverses, allant de l’incompréhension, « je vis ici depuis 1986, je ne comprends pas le racisme, moi j’aime tout le monde », à des positions plus tranchées, « j’interviens chaque fois que je suis témoin de comportements incorrects, surtout dans les bus ». Plusieurs personnes ont souligné le fait que le racisme est d’autant plus présent que l’on a enfermé certaines populations dans des ghettos porteurs de mauvaise image et réputation : pour elles une politique volontariste de mixité sociale atténuerait fortement les préjugés et le racisme qui en découle…

Un vaste débat qui s’est poursuivi autour du verre de l’amitié.

Au triste palmarès du racisme en France, le champion est l’antisémitisme, suivi de l’anti musulman, devant le racisme anti blanc et anti rom.
L’Etat a mis en place une plateforme numérique, PHAROS (www.internet-signalement.gouv.fr),  qui permet de relater des situations à connotation raciste rencontrées sur le web, ou de signaler la présence de sites hébergeant des contenus ou comportements illicites.

Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

Comments are closed.