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La rénovation des quartiers, ça peut être simple : techniciens et élus débarquent avec leurs certitudes, imposent leur projet, et en avant !
Les habitants ont eux aussi une expertise d’usage, tout aussi pertinente. Cela mérite un dialogue constructif, c’est ce que vont proposer les Maisons de projet qui vont s’installer sur les quartiers.

Alain Lorgeas, président du Comité de quartier Pissevin et Raouf Azzouz, trésorier de ce Comité et aussi directeur de l’association Les Mille couleurs, établie à Pissevin elle aussi, ont pris leur bâton de pèlerin pour le quartier de la Duchère, à Lyon. Duc2Que diantre sont-ils allés faire là-bas ? Prendre la température de la Maison de projet et surtout de la relation établie entre elle et les habitants du quartier, évaluer l’efficacité de son rôle de médiation, c’est-à-dire sa capacité à permettre aux résidents du quartier d’influer sur les choix des décideurs. Des Maisons de projet vont obligatoirement s’installer dans les quartiers, dans le cadre du Nouveau Plan National de Rénovation Urbaine (NPNRU), qui va toucher les quartiers Est et Ouest de Nîmes, d’où l’intérêt de savoir au préalable comment cela fonctionne ailleurs.
Le choix de Lyon n’est pas le fait du hasard : le quartier de la Duchère abrite une population à peu près comparable à celle de Pissevin, et sa Maison de projet est installée depuis 2003 sur le site. Sa longue expérience de concertation permet de mesurer la pertinence de son action. Elle a pour mission d’accueillir le public, d’informer en détail sur les projets en cours, sur l’évolution des chantiers, d’organiser des visites du quartier. Cette Maison abrite maquettes, panneaux d’exposition, documents d’information et agents d’accueil et de médiation.

 Un terrain de jeux ouvert entre décideurs et administrés

Un élu attentif
Laurent Burgoa, adjoint au Maire délégué à la Rénovation urbaine, au Contrat de ville et aux Centres sociaux s’est rendu lui aussi à la Duchère fin 2014. Il a trouvé de nombreux éléments positifs à la Maison de projet : « c’est un lieu où se croisent des informations montantes et descendantes. Les habitants des quartiers sont largement informés des projets qui les concernent et les décideurs bénéficient de retours en direct. Cela permet de corriger des projets parfois trop technocratiques. Partout dans le pays on a déploré que le premier plan de Rénovation urbaine ait été très technique : on a pensé urbanisme, démolition, reclassement, sans trop se soucier des habitants. Ceux ci se sont sentis délaissés, n’ont pas adhéré totalement aux projets. Avec les Maisons de projet, on va remédier à ça, on va mettre de l’humain dans le béton. Je serai en première ligne dans les quartiers, de par ma délégation municipale. » Sur Nîmes les Maisons de projet vont s’installer avant la fin de l’année, après que les dossiers de Rénovation urbaine aient été validés par l’Etat. Une ouvrira à Pissevin pour le projet Pissevin/Valdegour, deux autres aux Centres sociaux de Chemin bas d’Avignon et Mas de Mingue.

La Maison de projet a été et est encore la plateforme d’un lien continu entre les décideurs et la population. Au prix de nombreuses réunions de sensibilisation, d’information, de concertation, avec l’implication d’habitants à différents niveaux, d’une écoute sincère de la part des élus et techniciens, certains choix ont été arrêtés qui ont satisfait l’ensemble des intervenants. C’est ainsi qu’élus et techniciens se sont engagés sur une charte déclinée en 60 points, répondant aux desiderata des administrés : tout y passe, des problèmes de stationnement aux traditionnelles problématiques d’intégration sociale, sans oublier le traitement de la vie associative, commerciale ou encore les très en vogue problèmes environnementaux.Duchere3 Au moins peut-on dire que cet exercice imposé aux élus locaux a porté ses fruits puisque la physionomie du quartier, encore en devenir, correspond peu ou prou aux vœux des résidents, tout en répondant aux ambitions du programme de Rénovation Urbaine. Un point capital est à souligner, c’est l’engagement des responsables divers et variés à imposer une mixité sociale qui avait été depuis fort longtemps délaissée au profit d’une politique de ghettoïsation néfaste pour tous.

Le jeu collectif s’annonce à Nîmes

La Maison de projet de la Duchère était précurseur à Lyon, un modèle qui va s’imposer à présent dans tous les quartiers concernés par le NPNRU. Alain Lorgeas et Raouf Azzouz ont fait l’effort d’aller ausculter une expérience de terrain. Ils entendent sensibiliser à travers leurs réseaux les habitants de Pissevin afin qu’ils profitent de ce nouvel outil pour mettre en avant leur expertise d’usagers du quartier : ces derniers pourront peser éventuellement sur les choix préétablis par les techniciens qui planchent sur les projets de rénovation urbaine. Ces habitants ont du pain sur la planche, puisque se profilent aussi réunions d’information et de concertation autour du tracé de la ligne Est/Ouest du Tram’bus. Le poids de leur implication pèsera plus ou moins dans la balance, c’est ainsi que va le jeu de la démocratie de proximité !

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Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

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