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RenovUrbaine

Le premier Plan National de Rénovation Urbaine (PNRU, 2005-2015) vient de s’achever, le second est à l’étude depuis 2014. Il couvre la période 2015-2025 avec une dotation de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) plus restreinte.

Chez nous, le PNRU a été élaboré à l’échelle de l’agglomération nîmoise. Il a concerné les quartiers de Valdegour et Chemin-bas d’Avignon à Nîmes, mais aussi Sabatot à Saint-Gilles. Des opérations ont aussi été menées sur Pissevin en marge du programme officiel, ce quartier n’ayant pas été retenu dans un premier temps par l’ANRU. Le but de cette opération d’ampleur nationale était de revitaliser les quartiers d’habitat social concentré afin de les réintégrer dans le tissu urbain, en gros d’en faire des quartiers aussi agréables à vivre et aussi attractifs que d’autres.
Détruire des logements anciens afin d’aérer les quartiers, reconstruire pour reloger et amener de la mixité sociale, rRVCBA4endre l’espace public plus séduisant, ce n’était pas suffisant : ce programme s’est accompagné d’une amélioration des services publics de proximité, de clauses sociales d’insertion visant à embaucher des habitants des quartiers sur les chantiers, d’un soutien accru auprès des associations de quartier. Incontestablement la physionomie de Valdegour ou Chemin-bas, de Pissevin dans une moindre mesure, a positivement évolué. De beaux programmes immobiliers sont apparus en remplacement d’immeubles vétustes, des entreprises se sont installées, le centre commercial du Chemin-bas d’Avignon a été totalement repensé, des écoles, crèches, locaux associatifs ont été rénovés. Bref, sur Nîmes, le contrat initial a été plus que respecté malgré les problématiques rencontrées, sous la houlette de l’Agglomération Nîmes Métropole, coordinateur de l’opération.

Un bilan en demi-teinte
Selon Emmanuel Licour, directeur du service Habitat et Politique de la ville à Nîmes Métropole, « 100% des objectifs ont été atteints sur le plan urbain, c’est moins positif sur le plan social. On y a mis les moyens prévus, mais entre temps la crise a vu s’envoler le chômage qui touche particulièrement ces quartiers, et le phénomène communautariste s’est accentué. »RV1P Il faut compter aussi avec deux paramètres qui avaient été sous-évalués. Si l’on veut aérer les quartiers en démolissant des barres d’immeubles, il faut éviter de reconstruire sur place à l’identique, et pour cela il faut trouver du foncier ailleurs, mais à Nîmes, le foncier justement, c’est rare ! Pourquoi ne pas construire ailleurs, dans les villages alentour ? Parce qu’ils ont leur propre politique d’habitat, et ne veulent pas intégrer les populations nîmoises. « Nous avons relogé 154 familles à Nîmes et Saint-Gilles hors quartiers, et 20 familles sur d’autres communes de l’agglomération. 351 familles ont été relogées dans leur quartier d’origine, 12 sont parties ailleurs. » La mixité sociale est favorisée avec la venue sur ces quartiers de familles plus aisées dans un cadre rénové, et en intégrant dans d’autres secteurs plus aisés des familles modestes. La partie est d’autant plus délicate à jouer que les habitants des quartiers rechignent à les quitter : des habitudes de vie, la peur de l’inconnu, s’opposent à cette politique de mixité sociale, pourtant nécessaire à une meilleure qualité de vie.

Le nouveau plan prend son temps
Le second volet de la rénovation urRV3Pbaine va concerner à nouveau Valdegour et Chemin-bas, mais aussi Pissevin et Mas de Mingue. C’est un programme très ambitieux qui est à l’étude : au-delà de la rénovation, on parle de développement socioculturel, d’éducation, de prévention de la délinquance.

L’impact va être très fort sur Pissevin et Mas de Mingue, pour lesquels ce sera la première intervention d’envergure : « Sur l’ensemble de ce second plan, nous avons la volonté de reconstruire ailleurs, afin de casser l’image de ghettos des quartiers. Sur ces quatre quartiers plusieurs centaines de logements vont disparaître, que nous voulons éviter de remplacer intégralement sur place. » Quand ? On ne sait pas trop : l’État demande à voir avant de lâcher des financements qu’on annonce déjà en forte baisse, et plutôt sous forme de prêts aux collectivités que de dotations comme précédemment. Il examinera les projets présentés au printemps : ceux qui seront retenus entreront en phase d’étude pour 18 mois, en pleine élection présidentielle, avant d’être définitivement validés. Cette procédure nous conduit en 2018 pour le démarrage des opérations, si entre temps la nouvelle équipe au pouvoir n’a pas modifié les règles…

Pas de répit pour la Ville de Nîmes et Nîmes Métropole
Ville et Agglo accélèrent, en choisissant dès la fin du printemps quel projet sera conduit à Pissevin : « Trois équipes d’urbanistes planchent sur le développement global du quartier, avec deux impératifs ; l’intégration à la zone Pissevin/Valdegour, CHU Carémeau, Milhaud, futur échangeur Nord-Ouest (échangeur de l’axe Nîmes-Alès/autoroute), d’une part. Et d’autre part, le projet interne au quartier avec l’implantation d’un nouveau marché, le passage du Tram’ bus, le lien entre le centre-ville et le cœur de Pissevin. Notre stratégie est de faire de ce quartier un nouveau centre de vie ouvert, qui attire RVMDMles gens de l’extérieur. » La Ville met déjà la pression sur les copropriétés afin de planifier les programmes de réhabilitation des résidences.
Sur le Chemin-bas aussi la traversée du quartier par le Tram’ bus va entraîner des aménagements, pour certains déjà engagés par le plan précédent, qui ne vont pas attendre les arbitrages de l’État.
Cette ligne Est-Ouest, Paloma/Carémeau, va fortement désenclaver les quartiers avec une offre de déplacement rapide et confortable pour ses habitants : ce sera aussi une vitrine ouverte sur les quartiers pour les usagers venus d’ailleurs. La première pierre d’une nouvelle ère ?

Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

2 Comments

  1. Véronique Pinguet dit :

    Bravo poir cet article clair !
    J’aimerais savoir combien de logements au CBA ont été effectivement loués hors HLM ?

    • admin dit :

      Selon les bailleurs tant privés que sociaux, les nouvelles réalisations se sont remplies sans problème. On peu seulement regretter un turn-over important, c’est à dire que souvent ces appartements servent de logement de transit, sans que les locataires, souvent des primo arrivants sur Nîmes, restent sur place à long terme. C’est d’ailleurs ce que souligne le traiteur du Carré Saint-Dominique, dans la rubrique « Avis de quartier“.