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L’École de la Deuxième Chance de Nîmes *, ouvrait ses portes ce 16 décembre, nous invitant à mieux connaitre ses dispositifs et actions en faveur des jeunes majeurs de 18 à 25 ans, déscolarisés et sans qualifications, ni emplois.

Projet « Mobilités : Axe LR »
Pano_AxeLR_FredLa salle 8 abritait la présentation de la nouvelle action expérimentale de l’école, le projet « Mobilités : Axe LR « .
Dans la salle, une quinzaine de personnes, essentiellement des parents, venus se renseigner, entouraient, Lydie Mateos, la formatrice français et culture générale, elle-même accompagnée de 6 jeunes ayant intégrés l’école en novembre, pour répondre aux questions de l’auditoire.
Ils veulent s’orienter en mécanique auto, assistante de vie, agent de sécurité, ou dans la vente…

Le projet « Mobilités : Axe LR « , initié en novembre, grâce à un partenariat avec la Fondation SNCF, supervisé par l’équipe technique de Forum TV (Montpellier) et Lydie Mateos, consiste en la réalisation de 8 courts métrages. Oeuvres de fiction qui auront pour thème la mobilité et une action qui se situera en partie dans un train ou un TGV, dans ou autour des gares de Nîmes, Béziers, Perpignan, Narbonne, Carcassonne et Alès…L’idée est d’aider les jeunes, en recherche de stages, emplois ou de formations, à percevoir l’utilisation des transports régionaux comme un atout pour une plus grande mobilité, un élargissement de leurs perspectives et horizons de prospectives.
Si l’utilisation de l’outil vidéo permet, de sensibiliser au plus près, le public concerné, sur le message, sa pratique permet aussi d’améliorer l’image que le jeune perçoit de lui-même, de le valoriser et de renforcer sa confiance en lui.

Filé_Ecole_Fred

Le 1er court, tourné en 2 jours, sera visible en janvier. Le scénario situe l’action à Béziers et Nîmes, parle d’un groupe attendant un ami qui a gagné, à un concours, une journée avec son rugbyman préféré. Problème le copain est sidérodromophobe!… (Phobie des trains). Pour la Fondation SNCF et l’école, un même message, la mobilité pour l’emploi et la formation.

Parmi ses autres projets novateurs, l’école a mis en place une action, financée par La fondation EDF, validée par une certification de « médiateur informatique », qui prépare les jeunes, au travers de l’initiation des ainés à l’informatique, à adopter une posture d’enseignant, d’accueil et de pédagogue.

Un réseau de « médiateurs vers l’emploi »
L’école propose, au jeune en mal de scolarisation, un parcours d’accompagnement, jusqu’à une intégration professionnelle et sociale durable de celui ci.
La démarche pédagogique repose sur la remise à niveau des savoirs de base, mais aussi sur la recherche de solutions innovantes éducatives et l’utilisation d’outils culturels (atelier théâtre, lecture de textes et poésies ou d’arts graphiques).
Le parcours l’acquisition des compétences, du jeune, qui a vu valider son projet, repose sur un partenariat, fort, avec les entreprises, les réseaux et les médiateurs emploi de l’école.
« Le coeur de l’école, c’est la relation que l’on a avec les entreprises… », souligne Giovanna Casu directrice de l’école.
« Au delà du projet professionnel, il s’agit, par ailleurs, d’aider le jeune à comprendre son environnement, par le prisme de la connaissance ou de la pratique artistique ».
Pour l’heure, le réseau compte 4 médiatrices bénévoles, engagées à mettre leurs expériences, leur réseau professionnel au service de l’emploi et la formation, l’élargir encore, pour trouver aux élèves des solutions de placement.
« La société civile, l’entreprise, doit s’engager plus encore pour donner une seconde chance à ces jeunes motivés! », me dira une médiatrice.

L’exemple et la motivation
Dans ce parcours, l’élève n’est pas déresponsabilisé.

Thibault_Giovanna_Abdallah

Thibault, Giovanna Casu, Abdallah

La motivation et l’implication dans son projet sont les qualités premières à une bonne insertion. Mais c’est aussi le rôle de l’école et du médiateur-accompagnateur que de provoquer le déclic.C’est les exemples de Thibault et d’Abdallah que l’on nous cite, pour rendre compte de l’opiniâtreté, du courage, de la volonté nécessaire pour une insertion réussie. Thibault voulait être réalisateur de film quand il à intégré l’école. Un cursus improbable pour un élève en rupture de banc. Il était de tous les ateliers théâtre et lecture, il s’est petit à petit emparé d’une camera pour mettre en images des poèmes, filmer des évènements. Il est aujourd’hui vidéaste, en contrat aidé au sein d’une structure artistique, en attendant d’intégrer l’IMCA d’Avignon (Institut des Métiers de la Communication Audiovisuelle).

Le cas d’Abdallah est particulièrement remarquable, quant à l’implication et soutien d’une structure au projet d’un élève. Arrivé des Comores, à vingt ans, seul, sans domicile ni formation, il rencontre l’école. Si parfois ses soirées et nuits étaient compliquées, il n’a jamais manqué un jour sans se rendre à l’école. De remise à niveau, en élaboration d’un projet professionnel, il s’orientera vers le transport routier. Il est aujourd’hui titulaire d’un permis de conduite de camions super-lourds à l’international.
Cette année l’ER2C de Nîmes a accueilli près de 160 stagiaires et est parvenue à un taux de placement en formation qualifiante, en alternance ou à l’emploi de 77%.

(*) l’ER2C, l’École Régionale de la Deuxième Chance de Nîmes, a vu le jour le 13 mars 2008, sous l’impulsion de trois associations d’Education Populaire : Peuple et Culture Gard et les CEMÉA.

ER2C de Nîmes, 80 boulevard Jean Jaurès à Nîmes / 04 66 81 65 25
http://www.deuxiemechancenimes.fr/index.php?page=18

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