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Le Chemin Bas d’Avignon vit depuis plusieurs années Carré St Do fin 2006 OKune rénovation en profondeur. Son centre commercial en est la vitrine.

La restructuration du centre commercial Saint-Dominique a été décidée en 2003, et il est passé sous gestion de l’organisme Epareca à partir de 2005. Ce centre vieillissant était refermé sur lui-même, peu attractif pour les clients de passage dans le quartier. Son parking souterrain quasiment insalubre était loin d’être rassurant. Rasé et reconstruit, ouvert sur l’extérieur, il promettait d’offrir une nouvelle attractivité profitable à l’image du quartier. Lors de son inauguration fin 2008, élus et commerçants saluaient la réussite de cette rénovation. Le discours est aujourd’hui pour le moins nuancé, au gré des interlocuteurs.

Témoignages
C’est ainsi que Jean-Marcel Vidal, qui a grandi dans le quartier et qui est un des gérants de la pharmacie, apprécie un aspect plus ouvert et convivial par rapport à l’ancienne configuration du centre.

Qu’est-ce que l’Epareca
L’Epareca est un « Établissement Public national d’Aménagement et de Restructuration des Espaces Commerciaux et Artisanaux », et constitue une forme originale et exceptionnelle d’intervention économique de l’État au profit des centres commerciaux dégradés, dans le cadre de la politique nationale de revitalisation des quartiers. Il a vocation à se substituer directement aux acteurs privés défaillants afin de redonner vie à des espaces commerciaux, dès lors qu’ils sont susceptibles de retrouver leur place dans une dynamique urbaine cohérente : son intervention est transitoire, les centres commerciaux concernés devant revenir dans le domaine privé, une fois leurs vitalité et rentabilité retrouvées.

Il souligne la sérénité du quartier, en tout cas dans sa relation avec la clientèle de l’officine. Il n’en dénonce pas moins un parvis gigantesque et inutile, impraticable pour les chariots du supermarché voisin, et un parking souterrain définitivement inopérant pour cause d’insécurité. Il aimerait voir au moins un marché de proximité s’installer devant sa porte, agrémenté de quelques arbres, voire d’un jardin d’enfants, histoire d’animer ce vaste espace vide. Vu de sa fenêtre de professionnel de santé, il apprécie la proximité d’un centre de radiologie et d’un laboratoire d’analyses médicales. Mais il aimerait bien qu’un centre de soins d’urgence, nécessaire à son goût, complète cette offre médicale.
La propriétaire du bar voisin est moins nuancée, on la comprend aisément au vu du nombre d’impacts qui étoilent sa devanture : « On a changé les façades, pas l’ambiance ! Je préférais finalement l’ancienne configuration, qui était plus conviviale et intimiste, plus positive sur un plan strictement commercial. » Elle aussi dénonce un parvis sans intérêt, un manque de places de stationnement pour les clients de passage, et la faible amplitude des horaires du commissariat de proximité. Son verdict est sévère : « J’ai gagné en plaisir de vue sur l’extérieur, pas plus » !

La coiffeuse d’à côté apprécie le changement, elle affirme que la clientèle est satisfaite d’avoir plus d’espace, l’ancien centre étant plus confiné. Elle aimerait qu’une signalétique spécifique marque l’entrée du quartier, car elle estime que la clientèle de passage identifie mal les commerces installés là.
Le gérant de la supérette voisine est peu disert : il constate peu de changement par rapport à la configuration précédente, reproche le manque de stationnement ainsi que le manque d’animation sur la place, sans plus.

Enfin le traiteur installé en bout d’allée commerciale juge que la rénovation a été bénéfique, mais regrette que cela n’a pas modifié pour autant le regard que certains portent sur le quartier. Il apprécie la bienveillance des policiers voisins, qui ferment les yeux sur les petits abus de stationnement de ses clients, mais apprécierait qu’une animation s’installe régulièrement sur le parvis.

Un avenir incertain

La vie de ce centre commercial reste fragile à cause de son relatif isolement dans un quartier au pouvoir d’achat limité, avec de surcroît une conjoncture globale en berne. Carre St Do 2015 okLes commerçants ont du mal à constituer une entité qui leur permettrait peut-être d’animer collectivement la galerie. Chacun aimerait que la Ville s’engage sur l’implantation d’un marché régulier sur le parvis, sur l’utilisation programmée de cet espace comme station du projet de la ligne de tramway est/ouest, reconvertie en ligne trambus, et reste dubitatif quand à l’essor de ce centre commercial. Il faudra certainement attendre un redémarrage de l’économie et de l’emploi pour que le Carré Saint Dominique reprenne des couleurs.

Claude CORBIER
Claude CORBIER
Né à Nîmes en 1954, photographe ex de presse et journaliste, rédacteur et photographe en presse institutionnelle, artiste plasticien, réalisateur de films photographiques, documentaires et web documentaires.

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